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Le film sur le "Bembeya"
reçu en triomphe en Guinée

Le réalisateur Abdoulaye Diallo, reçu par
la veuve de Sékou Touré ( extrème doite)
La Révolution culturelle sous le président Ahmed
Sékou Touré n'était pas que discours. De
cette oeuvre salvatrice qui est le soubassement de l'expression
de l'identité d'un pays, on retient le mythique groupe
musical, le Silly orchestre le "Bembeya" Jazz national.
Pour la postérité, Abdoulaye Diallo Ménès
a réalisé un film sur ces artistes qui ont marqué
l'Afrique et le monde dans les années 1960. La Guinée
Conakry venait de s'affranchir de la tutelle française
avec toutes ses "conséquences" (en rappel au
discours du général De Gaule en 1958) et pour
marquer sa personnalité, la culture guinéenne
était indéniable. C'est dans ce contexte que le
Bembeya est né. En guise de lancement de l'uvre
cinématographique, Abdoulaye Diallo a séjournée
à Conakry pendant le mois d'avril. Le 11 avril, au Centre
culturel franco-guinéen un parterre d'hommes de culture,
d'autorités politiques et le grand public sont venus
célébrer un pan de l'histoire par la magie du
cinéma. L'ex-première dame, André Touré
a tenu à assister à la cérémonie
parce que l'expérience du Bembeya s'imbrique avec celle
du Parti démocratique de la Guinée, le PDG, qui
était sous la conduite "clairvoyante" du "fama"
Sékou Touré. Un moment d'intense émotion
pour le public qui a revu là leurs héros musicaux.
La vue de Demba Aboubacar Camara a fait pleurer plus d'un, selon
le réalisateur. En plus de cela, Mangala, un des membres
influents du groupe, est décédé il y a
quelque moment. Papa Diabaté, le maître de Sékou
Diabaté, le soliste de charme du groupe, a rejoint aussi
l'autre monde peu après le tournage du film en 2005.
Salifou Kaba est couché actuellement gravement malade.
L'un dans l'autre, le souvenir d'émotion intense que
ces musiciens ont procuré au peuple de la Guinée
ne pouvait que produire un tel effet quand on sait qu'ils sont
restés liés à ce pays qui les a vu naître.
"Sur les traces de Bembeya" continue son odyssée.
En Belgique, il a été traduit en néerlandais,
en espagnol et en anglais, la version française était
déjà sur le marché. Concernant les lauriers,
au Festival international du court métrage d'Abidjan
(FICA) tenu du 25 avril au 4 mai "Sur les traces du Bembeya"
a obtenu le prix du meilleur montage. Ce prix est à l'honneur
de Gidéon Vink qui a assuré la partie montage
du film. Abdoulaye Diallo ne compte pas s'arrêter en si
bon chemin. Il a dans sa besace des projets de production de
films sur l'évolution historique de l'Afrique. Comme
disait Cheikh Anta Diop : "Seule une véritable connaissance
du passé peut entretenir dans la conscience le sentiment
d'une continuité historique indispensable à la
consolidation d'un Etat multinational."
Merneptah Noufou Zougmoré
Halidou Ouédraogo
Une vie de lutte

Vincent Ouattara a l'art d'écrire sur des sujets qui
marquent l'histoire du Faso. Dans le genre "tout le monde
voit mais ne dit rien, donc j'y vais", ce jeune écrivain
burkinabè aborde dans ses uvres des thèmes
qui touchent forcément au vécu de son pays. "Procès
des putschistes à Ouagadougou" publié à
compte d'auteur et "l'ère Compaoré : crime,
politique et gestion du pouvoir", sont à inscrire
dans ce registre. C'est donc sur cette même lancée,
qu'il a décidé de consacrer une uvre à
la vie militante du "Président du pays réel
", Maître Halidou Ouédraogo, anciennement
président du Mouvement Burkinabè des Droit de
l'Homme et des Peuples (MBDHP) et de l'Union Interafricaine
des Droits de l'Homme (UIDH). Halidou Ouédraogo, une
vie de lutte, est un ouvrage de 138 pages, facile à lire,
qui a été imprimé et édité
au Burkina Faso à Sankofa & Gurli en 2008.
Maître Halidou qui, avant de devenir il y a quelques années
avocat de son état, est celui-là même qui
a décroché son diplôme de magistrat aux
bords de la Seine en fin des années 1970 et qui a présidé
le Tribunal Populaire de la Révolution (TPR) qui a jugé
le Général Président Sangoulé Lamizana
en 1984. Sa loyauté au Droit lui a valu des inimitiés
de la part des différents régimes politiques qui
se sont succédé au Burkina Faso.
Dans cette uvre hommage, Vincent Ouattara décrit
l'itinéraire de l'enfant du Yatenga né le jour
où quittaient ce monde ses jumeaux de frères,
avec la précision d'un cameraman de film documentaire.
Comment, grâce à une bourse de la coopération
française négociée par l'homme politique
Gérard Kango Ouédraogo, Halidou Ouédraogo
partit en France pour apprendre l'histoire et la géographie,
va se retrouver en train de faire du droit à Poitiers
? C'est cette passionnante chronique que fait l'auteur en quatre
chapitres qui vont de l'enfance à la lutte au sein du
Collectif des organisations démocratiques de masse et
de partis politiques, entamée dès l'odieux assassinat
du journaliste Norbert Zongo et de ses compagnons d'infortune
à deux pas de Sapouy, un certain 13 décembre 1998.
Dans ce livre, le lecteur apprend comment Halidou rencontre
Yvonne Kambou, son épouse, lors de son séjour
en tant que magistrat à Gaoua entre 1979 et 1981, de
même que la naissance du Syndicat autonome des magistrats
burkinabè (SAMAB) en 1981 dont il est le père
fondateur. Pour obtenir le récépissé de
reconnaissance de ce syndicat qui dérange, Halidou Ouédraogo
et ses compagnons poiroteront un bail. A ce sujet, dans l'anti-chambre
de la Révolution d'août 1984, le Président
Thomas Sankara lui lança cette question : "Grand
frère, à quand ta révolution ?" "Je
n'ai que mon code pénal.", répondit le magistrat.
Relance du Capitaine : "Vous aurez votre récépissé
si vous vous battez. Si je vous le donnais, certaines personnes
diraient que c'est encore moi." Pour la suite, c'est dans
la chronique biographique signée Vincent Ouattara et
nulle part ailleurs que ça se trouve. A bon lecteur
à
votre porte-monnaie !
Ludovic O. Kibora
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Photo et peinture,
même combat !

Mini studio photo au centre, photographies en noir et
blanc de l'époque qui côtoient sur un mûr,
des portraits peints, la salle de la Rotonde du Centre
culturel Français Georges Méliès
(CCF-GM) a des airs de gaîté à l'image
de ces hommes et femmes qui posent et s'exposent avec
plaisir devant cameras et/ou pinceaux. Ousmane, Georges,
Laurent, Bakary et Sanley sont des photographes professionnels
qui ont une expérience certaine dans leur métier.
Chez eux, l'exposition est permanente dans la salle d'attente
de leur studio respectif ou dans la vitrine donnant sur
la voie publique. Alors, seuls leurs clients et quelques
passants ont l'occasion d'apprécier leur talent.
Des expos photos qui ne sont pas liées à
une thématique événementielle, ce
n'est pas courant au Burkina. Grâce à cette
exposition conçue et réalisée par
Sandrine Balade, Joël Cubas et Remy Rousseau du 30
mai au 28 juin au CCF-GM, nos braves photographes donnent
à voir tout simplement ce qu'ils savent faire lorsque
quelqu'un leur dit "fais moi une pose!" Les
Peuls, la famille, mère et enfant, pagnes et motifs
voilà les thèmes sous lesquels ces images
qui parlent d'elles-mêmes se présentent au
public, à côté de tableaux peints,
reproduisant des portraits d'hommes et de femmes à
partir de
leurs photos. Il ne pouvait y avoir plus
beau mariage entre deux arts visuels, pour ne pas dire
voisins. L'exposition "Prends la pose !" "A
travers une centaine de clichés et une vingtaine
de toiles, cette exposition illustre le dialogue qui s'est
instauré entre la peinture et la photographie autour
de l'art du portrait au Burkina Faso depuis les années
60. ", précisent les promoteurs. La particularité
de ces portraits, c'est qu'il s'agit d'images par consentement
mutuel. La tête dans un dessin de cur, le
pied sur les marches d'un avion factice au mur, assis
sur un tabouret, un téléphone fixe non branché
collé à l'oreille, etc. ce sont là
autant de décors de rêve de l'intérieur
des studios photos qui agrémentent ces portraits
dans un style original qui mêle envie réelle
et choix esthétique. On comprend alors que le plasticien
n'est pas seulement celui qui réalise un ouvrage
les mains nues. Jean-Luc Daval, doyen de l'Ecole supérieure
d'art visuel de Genève écrivait à
juste titre ceci : "Peinture et photographie se seraient
moins opposées si l'on n'avait pas réduit
l'histoire de la photographie à celle de son évolution
technique. Sa compréhension fut cependant d'autant
plus complexe qu'elle représenta la première
pratique faisant intervenir d'une manière indissociable
technique et vision en un temps où tout avait conduit
à les opposer jusqu'à considérer
le "fait-main" comme la qualité supérieure
de l'uvre d'art !" Sans commentaire !
Ludovic O. Kibora
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Par Bétéo D. Nébié
mail: neb_beteo@yahoo.fr
La femme
et l'exercice
du pouvoir
en Afrique noire
A l'université de Ouagadougou, une
jeune étudiante a demandé, il n'y a pas
longtemps, si la clause de la Charte de Kurukan Fouga
qui stipule que : Le taureau confié ne doit pas
diriger le parc, n'était pas une manière
détournée de dire que jamais la femme ne
devrait diriger l'homme ? Ayons le courage de le reconnaître
: les analyses des intellectuels africains d'aujourd'hui
et de tous les africanistes tendent à démontrer
que l'Afrique a toujours été un continent
qui a minimisé la femme au point de l'avoir considérée,
plus qu'en Asie ou en Europe, comme un être malsain
et éternellement mineur. Cette manière de
voir la femme traduit une ignorance crasse ou une très
mauvaise foi. En effet, ceux qui ont fait un minimum d'efforts
de compréhension savent la place importante, sinon
primordiale que l'Afrique a de tout temps (sauf dans l'Afrique
moderne évidemment) réservé à
la femme. Les exemples sont nombreux. Prenons simplement
le niveau de la gestion de l'Etat, qui a presque constitué
partout ailleurs dans le monde, le domaine réservé
des hommes. Au-delà du fait indéniable de
la réalité du nombre considérable
de reines négro-africaines, on dispose maintenant
de textes qui montrent qu'une telle chose n'était
que naturelle, puisque pierre angulaire du pouvoir négro-africain.
Prenons un seul article de la Charte de Kurukan Fuga.
Il est explicite : En plus de leurs occupations quotidiennes,
les femmes doivent être associées à
tous nos gouvernements. On peut aisément mettre
au défi quiconque de montrer une telle disposition
dans les constitutions même modernes d'Europe et
d'Asie. Sans compter que la charte dont il est question
date du XIII è siècle. Et que la pratique
date de beaucoup plus loin. On ne peut plus être
étonné de l'étonnement d'un Ibn Battouta
au XIV è siècle, qui trouvait la reine malienne
un peu trop libre à son goût, surtout en
rapport avec les préceptes musulmans! Le pauvre
ne pouvait comprendre que même musulman, le monarque
malien était si habitué à certaines
lois sociales, qu'il ne pouvait faire autrement. Comment
ne pas comprendre dans ces conditions que pendant plus
d'un demi millénaire, seules des reines dirigèrent
Méroé et Napata ? Les fameuses Candaces
qui mirent les troupes du général Pétrone
en déroute, aux temps où dirigée
par César Auguste, Rome voulait imposer sa loi
à tous les peuples de la terre, sont-elles connues
ou leur histoire est-elle enseignée dans les écoles
africaines ? Nos fameux professeurs d'histoire connaissent-ils
seulement ces réalités? Méroé
et Napata, c'est beaucoup plus ancien que le Mali. Or,
on peut même remonter encore plus loin dans l'histoire
de l'Afrique. La même réalité reste
là, intangible, inaltérable ! Jusque dans
le premier Etat connu dans le monde entier, c'est-à-dire
l'Egypte des Pharaons, on retrouve invariablement la femme
jouant un rôle important, sinon prépondérant
dans la marche de la chose publique. Toutes ces réalités
inclinent à penser que la Charte de Kurukan Fuga
était obligée de prévoir pour les
femmes une place de choix dans la gestion de l'Etat. Et
Samory Touré en stipulant que : Si tu ne peux protéger
le faible et braver l'ennemi, donne ton sabre de guerre
aux femmes qui t'indiqueront le chemin de l'honneur, ne
faisait que perpétuer une tradition vieille de
plusieurs millénaires. Il signifiait que les femmes
étaient les références absolues de
la manière dont l'homme d'Etat devait se comporter
!
Quel que soit donc le bout par lequel on le prend, l'Afrique
s'est toujours, sauf dans son histoire moderne fortement
néocoloniale, imposée le fait que la femme
soit incontournable dans la gestion de l'Etat. Seule la
méconnaissance de notre propre réalité
peut faire croire le contraire. On peut conclure que notre
éducation moderne est un désastre. Mais
comme l'assurent les Africains, n'est-il pas vrai que,
comme le certifie le poussin sans plumes : "La longue
vie est une large couverture !" Que les jours se
suivent encore longtemps, longtemps !
Atelier régional de concertation entre traditionalistes
mandingues et communicateurs des Radios Rurales :
La charte de Kurukan Fuga Kankan (Guinée) du 02
au 12 mars 1998.
Par Bétéo
D. Nébié
neb_beteo@yahoo.fr
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