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Bouillon de Culture

SNC 2008
Inculquer des valeurs citoyennes aux jeunes

Depuis le 22 mars et ce jusqu'au 29 du même mois, la ville de Bobo-Dioulasso vibre au rythme de la Semaine Nationale de la Culture (SNC). Cette année, le thème retenu est: " Une éducation culturelle pour une jeunesse citoyenne". Cette quatorzième édition est placée sous le parrainage de Mgr Anselme T. Sanon. Selon l'UNESCO, la culture est l'ensemble des croyances, des attitudes, des mythes et des coutumes d'une société donnée. Elle peut donc contribuer à l'émergence d'une jeunesse soucieuse du devenir de la Nation pour peu que cette même jeunesse arrive à y puiser des valeurs et des orientations fortes. Et c'est ici que doit intervenir l'éducation. Une éducation culturelle d'autant plus importante que le Burkina Faso est actuellement dans la tourmente de la mondialisation avec tous ses avatars (dissolution des liens familiaux, repli sur soi, culte de l'égoïsme…) Avec le développement des média et des Technologies de l'Information et de la Communication, les cultures statiques sont menacées de sclérose. Seules les cultures dynamiques qui savent s'adapter à l'évolution du monde ont une chance de résister à la phagocytose. De ce point de vue, l'éducation culturelle est tout aussi un enjeu de survie, d'affirmation d'une certaine fierté et d'une identité propre. Depuis que la morale agonise au " pays des hommes intègres ", les jeunes sont de plus en plus sans repères. Ni l'école, ni la société dans sa globalité ne leur en fournissent suffisamment afin qu'ils puissent jouer leur partition dans le concert des nations. Cette SNC a donc le mérite de réfléchir sur une thématique hautement fondamentale pour le destin commun des Burkinabè. La jeunesse étant le fer de lance du développement, on voit mal cette société évoluer si sa jeunesse ne s'approprie pas sa culture, ses références sociologiques et identitaires. Ici, comme ailleurs, la culture est en réalité l'un des moteurs essentiels du changement social. Elle est le véritable ciment qui permet d'enraciner profondément le développement et d'en faire un processus durable. Pour permettre justement aux jeunes de découvrir les aspects les plus significatifs de leur culture, la présente SNC prévoit des compétitions en art du spectacle, en lutte traditionnelle, en tir à l'arc… De l'arrondissement de Dô à la place Tiefo-Amoro en passant par l'arrondissement de Dafra et de Konsa, Bobo-Dioulasso est en ébullition. Les festivaliers sont heureux de vivre l'effervescence et le brassage culturel même si la SNC se déroule dans le contexte global de la vie chère. Ce qui avait du reste valu aux locaux du Secrétariat Permanent de la SNC d'être saccagés en février dernier. Heureusement, les réfections ont pu être faites à temps. Place donc à la fête !

Arsène Flavien Bationo


Côte d'Ivoire, un héritage empoisonné
Une chronique d'Edna Diom

L'ancien président français Jacques Chirac, alors qu'il était premier ministre de l'opposition, avait en faveur du président ivoirien Félix Houphouët Boigny, déclaré : "L'Afrique n'est pas mure pour la démocratie. " En ce temps là, le discours de la Baule de François Mitterrand faisait des vagues sur le continent noir. Le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), parti unique ivoirien avait fait long feu. Ceux qui menaient la belle vie sous son couvert, ne souffraient cependant pas de le voir contredire. Pourtant, les temps ont changé et des jeunes qui n'ont connu autre chose que l'ère de ce pachyderme suranné, osent traiter le père de l'indépendance de tous les noms d'oiseaux. A son corps défendant, le vieux fait des concessions et demande au peuple en guenilles de " secouer le baobab, mais de ne pas le déraciner." Le système mis en place était tel que toutes les ficelles étaient entre les mains du père de la nation. Et comme nul n'est éternel en ce monde, un certain 7 décembre 93, Houphouët tira sa révérence. Voilà problème ! Comme on dit aux bords de la lagune ébrié. Côte d'Ivoire Yako ! L'ouvrage de 161 pages publié chez l'Harmattan en ce début 2008 par l'Ivoirien Edna Diom est une peinture réaliste des contradictions de la vie politique de son pays. L'héritage empoisonné c'est ce paradis factice laissé par le père de l'indépendance à ses fils et qui a vite fait de basculer en enfer pour les autres. En créant une situation digne de " après moi le déluge ! ", le vieux abandonnera un pays qui, a l'image d'un bateau ivre ira de soubresauts en tango tango. De façon très documentée, l'auteur chroniqueur peint les tribulations de la vie socio-politique ivoirienne avec un réalisme décapant et qui prouve qu'il en sait davantage. Alassane Dramane Ouattara, Konan Bedié, Laurent Gbagbo, Robert Gueï, Guillaume Soro…les principaux acteurs de ce plateau ivoirien sont filmés dans leur entrée sur scène autant que lors de leur passage back stage. Des déclarations aux bas desquelles certains parmi eux n'aimeraient plus voir figurer leurs noms sont ressorties des archives d'une presse qui n'a pas toujours eu les beaux rôles. Écrit historique, l'ouvrage de cet auteur omniscient est un rappel de la situation délétère créée dans ce pays jadis havre de paix, par le fameux concept de l' " ivoirité " concocté par des politiciens égoïstes. Intrigues politiciennes, crises sociales, et courtes vues d'hommes politiques qui placent leurs intérêts propres au dessus de ceux de la nation, la plume de Diom… n'épargne rien de l'évolution scabreuse de cet Eden ouest africain dont l'Akwaba (bienvenue) s'est par la faute du politique très vite transformé en "Allez-vous en!" pour de nombreuses populations étrangères.
Après les Marcoussis et autres Accra, Pretoria…les accords de Ouagadougou vont sceller chez le voisin jadis accusé de mettre le feu à la maison, le dialogue direct entre les principales tendances qui s'opposent. Grande décision dont le premier anniversaire est célébré depuis le 04 mars 2008. La paix est là ! Chante-t-on partout, comme pour conjurer ce mauvais cauchemar dans lequel a vécu le pays pendant presque une décennie. Des frères ennemis se font des accolades joyeuses. Soro le leader des Forces nouvelles qui gèrent une partie du territoire est devenu le premier ministre de Gbagbo, son farouche ennemi d'hier. L'essentiel est qu'on ne revive plus ces événements qui ont pris une tournure macabre, en 1999, 2002, 2004…disent certains. Côte d'Ivoire un héritage empoisonné, est un résumé de la " crise ivoiro-ivoirienne " des débuts à nos jours. L'observateur lointain comprend mieux en lisant cet Ivoirien de 34 ans dont la présentation physique de l'œuvre ne dit pas grand-chose sur sa biographie. Les protagonistes lassés croisent les doigts. On prie pour chasser à jamais les vieux démons et pour que vienne la paix véritable. Qui l'eut cru ? C'est beau et ça se passe en Côte d'Ivoire et nulle part ailleurs. On comprend qu'il est plus facile de détruire que de construire. De même, il est fort peu probable que l'élection présidentielle qui doit marquer la sortie définitive de crise se tienne en juin 2008, comme prévu par les accords de Ouadagoudou. Qu'à cela ne tienne ! La paix des braves dans la sérénité, la diversité culturelle et d'opinion est tout ce qu'on souhaite de mal pour ce beau pays. " Pardonner mais jamais oublier " comme le dit le chanteur, aide à construire un avenir radieux. Edna Diom (un nom d'auteur qui ne laisse pas indifférent par sa consonance) démontre comment certains acteurs de la scène politique ivoirienne sont capables de retournement de vestes à un rythme à vous donner le tournis. Pourvu que cela se passe dans la bonne direction à l'image du manège de la fête foraine qui arrache rires et cris de joie au finish n

Ludovic O. Kibora


David Zerbo
Un soldat qui s'y connaît en musique

Le caporal David Zerbo de la brigade nationale des sapeurs pompiers est un virtuose de la musique. Comme bon nombre d'artistes rompus dans leurs arts, c'est dès le bas âge que ce militaire musicien est tombé amoureux de la musique. Instrumentiste plein de talents, il sait aussi utiliser sa voix pour le plaisir des mélomanes. Le dimanche 16 mars dernier, lors de la dédicace de son premier album, ses frères d'armes de même que le public convié au spectacle n'ont pas déchanté. Il a donné à voir un spectacle époustouflant digne d'un artiste qui sait se faire confiance. L'opus dédicacé comporte 8 titres dans lequel différents thèmes sont abordés. Il rend hommage dans ce chef d'oeuvre à son corps de métier, la brigade des sapeurs pompiers dont le credo est de sauver toute vie en danger. L'éthique du sapeur est mise en exergue dans la chanson. Dans un rythme entraînant et langoureux, cette chanson hommage se laisse danser. Très spirituels, beaucoup de ses textes chantés sont tirés de la bible. Le miracle que Dieu fit en donnant un enfant à Abraham et à Sara alors qu'ils avaient dépassé l'âge de la procréation est chanté par David Zerbo. La leçon de cette mélodie chaloupée est que le Tout puissant est capable de tout. L'amour comme l'a soutenu le poète : " c'est être deux et n'être qu'un deux âmes qui se fondent en ange, c'est le ciel. " Cette aventure qui colle à la peau de tout être est présente dans la " galette " inédite de Zerbo. Cela va de soi parce qu'il a l'âge de quelqu'un qui est en train de chercher son chemin dans la vie. Comme un chantier épineux, la vie d'un individu est faite de péripéties. La brouille avec sa bien aimée du fait des calomniateurs peut marquer à jamais et inspirer l'artiste dans sa production. Agé seulement d'une vingtaine d'années, le jeune David Zerbo a une carrière qui promet. Nul ne doute que ses supérieurs pourront lui être d'un support considérable. Car le militaire aussi a besoin des belles mélodies pour adoucir sa vie. La preuve de l' intérêt particulier de l'armée pour la musique, c'est la création de la formation musicale de l'armée dont le jeune prodige est membre. Il officie au sein de cette formation en tant que soliste. Ce charme de soliste doublé de la maîtrise de la voix qui peut lui conférer le titre du lead vocal fait de lui un musicien complet. Sa voix est envoûtante et il sait faire gémir à souhait sa guitare. Cette panoplie de qualités a participé pleinement à la réussite de cet album n

Merneptah Noufou Zougmoré

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FOCUS AFRICA
Par Bétéo D. Nébié
mail: neb_beteo@yahoo.fr

Dirigeants africains et inventivité

L'histoire universelle le démontre de manière irréfragable : toute société se développe en inventant. Le développement, le progrès s'obtient par la création de modèles sociaux nouveaux et aussi par la maîtrise de techniques scientifiques continuellement renouvelées ! Or, c'est précisément ce que nos leaders ne semblent pas comprendre. Ils veulent nous faire avaler que l'Afrique peut se développer simplement en consommant les techniques déjà existantes. C'est une erreur impardonnable pour des gens qui décident de prendre en charge le destin de leurs peuples. Nulle part dans le monde, aucune société n'a pu décoller de cette manière. De l'Egypte pharaonique à la Grèce ancienne, de la Rome antique à l'Espagne et au Portugal, de la Grande Bretagne aux Etats-Unis d'Amérique et au Japon, le progrès du genre humain est resté attaché à une réalité immuable : la création, l'inventivité, l'imagination créatrice. Parfois, sinon toujours, cela se fait sur ce qui existe déjà, sans aucune prise en compte de l'auteur de cet existant. Partout où le savoir et la connaissance existent, c'est de ce côté que les nouveaux créateurs se sont toujours orientés. N'est-il pas indispensable d'introduire des morceaux de vieux canaris dans l'argile destinée à la poterie des nouveaux ? Or les dirigeants africains passent royalement à côté de ces vérités aussi élémentaires qu'incontournables. La question de l'encouragement et de la promotion de la créativité est incontournable pour tout peuple qui aspire au développement. Cela doit être compris une fois pour toutes. Les peuples des Etats de l'Afrique moderne doivent prendre pour critère dans le choix de leurs dirigeants, la capacité à encourager et à promouvoir les créateurs en Afrique. Jamais la main tendues, les aides diverses et les prêts ne pourront servir que dans la mesure où cela servira à faire avancer l'inventivité.
Le Burkina et particulièrement Ouagadougou ont eu la grande chance, que des circonstances favorables permettent au professeur Moustapha Diabaté de venir entretenir nos compatriotes d'une science inventée par lui, entièrement nouvelle mais surtout révolutionnaire, qui devrait être un instrument formidable de repositionnement et de décollage de l'Afrique. Il a inventé l'Indicamétrie dont l'essence dépasse de très loin tout ce que le genre humain (sauf peut-être l'Egypte des pharaons), avait pu maîtriser jusqu'à présent. En maîtrisant l'Invisible qu'on disait ascientifique, à côté du visible seul pris en compte dans la science que nous connaissions jusqu'ici, le professeur Diabaté vient de mettre à la disposition de l'Afrique un instrument inestimable pour son développement ! Si pour des raisons qu'on peut comprendre, les dirigeants africains refusaient d'embrasser cet instrument, les jeunes générations devraient refuser ce crime contre l'Afrique et les Africains. L'adage nouni dit bien que " Si votre poulet refuse désespérément de tomber sur le dos, il faut le tourner avec votre main " ! L'Indicamétrie devrait figurer désormais dans les programmes des universités africaines dans un premier temps, avant de commencer depuis les écoles primaires pour nous permettre de gagner du temps. S'il le faut, l'informel devrait prendre la place du formel, afin de permettre la maîtrise par tous les Africains conscients, de la science indicamétrique. Alors, nous ferons rendre gorge aux ennemis intérieurs et extérieurs de l'Afrique. " Lorsque les circonstances le permettent, l'homme averti danse sur la place publique armé de son arc et de son carquois " ! Il faut faire attention ! Ngaou !

Moustapha Diabaté : Construire les peuples unis pour les Etats-Unis d'Afrique. Conférence publique à l'Université de Ouagadougou (Amphi F). 6 mars 2008. Ouagadougou

Par Bétéo D. Nébié
neb_beteo@yahoo.fr

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 mars 2008