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Bouillon de Culture

Reemdoogo
vibre au rythme de Kounker




S abana, un album qui confirme la classe d'un guitariste hors pair. Il y a à peine quelques mois que cet album d'Eugène Kounker est sur le marché du disque burkinabè. Après un concert dédicace bien mouvementé au Jardin de la musique Reemdoogo (le 20 octobre 2007), les connaisseurs du genre en disent du bien. Sonorités cocktails avec un mélange de rythme jazzy et ceux du terroir, Le vin des prémices (titre de son premier album) s'est bonifié avec une hauteur gustative qui s'apprécie en live. Entre la guitare et lui, c'est une histoire d'amour qui date de l'époque où à peine dix piges, il était alors haut comme trois pommes. Maintenant Kounker, c'est une véritable armoire à glace, impressionnant dans la maîtrise de son art. Sa grande modestie et le sens du partage qui l'animent en font un musicien au contact facile qui sait saisir les " rendez-vous du donner et du recevoir ". Après deux albums et de prestigieuses scènes occupées en France, Kounker est bien présent au Faso avec ce disque entièrement concocté sur place. Entre tâches administratives et passion musicale, l'inventaire du dagbeat sait faire bouger les mélomanes, lui qui, depuis l'orchestre de l'université de Ouagadougou de la belle époque, a su faire du live son bréviaire. C'est donc un délicieux plat de djodjo (recette culinaire dagara) qui a été servi au public qui a fait le déplacement du Jardin de la musique ce samedi 23 février. Avec une scène transformée régulièrement en piste de danse et envahie par des spectateurs envoûtés par les rythmes du pays, qui rivalisaient de talents avec deux charmantes danseuses du Ballet national du Burkina. Lorsque la musique se fait chaude, ça bouge avec Kounker. Soutenu par de jeunes et non moins talentueux musiciens, Eugène Kounker a su puiser dans ses ressources pour maintenir pendant plus de deux heures d'horloge, un public acquis et séduit d'avance. Kounker bien qu'occupé par des tâches professionnelles ne fait pas la musique en dilettante. Requin de studio ou accompagnateur de potes sur scène, il sait utiliser son temps pour joindre sa passion au réalisme social. La vente des disques permet dans de telles circonstances de mettre du beurre de karité sur le djodjo au to (gâteau de mil ou maïs) fumant, sans plus. Alors, côté promo 2008, Kounker a d'intéressants contacts pour l'ouverture officielle de la Semaine Nationale de la Culture (SNC) Bobo 2008, ce qui n'a rien à voir avec le grand concert qu'il envisage à Bobo, la ville de son enfance. Le festival Jazz a Ouaga qui l'avait déjà distingué par le passé le retient encore pour l'édition 2008. C'est sûr qu'en vrai maestro du Live, la programmation pour le reste de l'année promet d'être dense vu qu'il dégage sur scène

Ludovic O. Kibora


L'AF'ART forme les enfants de Koudougou à la peinture

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" Chaque enfant qu'on forme est un homme qu'on gagne", disait à peu de mots près le poète. Cet enseignement, l'artiste peintre et musicien Anol ël Pemu l'a compris depuis bien longtemps, lui qui a acquis son savoir de plasticien depuis sa tendre enfance à Melong dans l'ouest du Cameroun, grâce à des peintres espagnols. A Koudougou où la galerie la folie de l'art trône sur l'une des artères principales de la ville, l'association du même nom essaye de donner le goût du dessin et de la peinture aux bambins, qui jadis regardaient avec un air enjoué, mais distant ces tableaux dont certains les faisaient forcément rêver. Pendant une semaine en février 2008, en collaboration avec l'association Sainte-Marie de Plouigneau en France, Anol ouvre les portes de sa galerie-atelier à ces joyeux chérubins pour des rites de passage bien à propos. Venant pour la plupart des écoles primaires du quartier, une trentaine de gosses se retrouvaient les soirs à la descente pour s'adonner pendant deux heures environ à leur passion naissante. Ambiance joyeuse et détendue sous le regard curieux des badauds et autres visiteurs de circonstance, cet atelier d'initiation gratuit sous l'œil vigilant de superviseurs attentifs est une initiative heureuse réalisée avec peu de moyen pour tout simplement donner "le goût de la chose" à ces futurs artistes. La folie de l'art qui tout doucement s'installe dans l'univers culturel du Boulkiemdé compte renouveler cette initiative qui a pris fin le 21 février dernier, de façon constante et périodique. En attendant novembre 2008 pour le Festival de la folie de l'art, les œuvres que les peintres en herbe ont signées pendant cette semaine d'apprentissage, sont programmées pour voyager dans les villages de la province où, accrochées à un arbre ou tout autre décor naturel, elles feront un clin d'œil sympathique aux gardiens de la culture des pères, comme pour signifier la diversité artistique. Comme quoi, les idées lumineuses font mieux que des moyens matériels inadéquats n

Ludovic O. Kibora


Les élites du Faso
Un groupe qui égaye

Les élites du Faso, vous connaissez ? C'est un groupe musical qui vous fait voyager dans le temps. Par le truchement de la Journée internationale de la femme du 8 Mars dernier, ils étaient de la partie au Boulougou Bar. Par l'expertise qu'ils ont de la musique du passé, ils ont assuré l'ambiance pour les femmes. " L'autre moitié du ciel " qui ne marchande pas son adhésion à sa journée s'est mobilisé pour la circonstance. En compagnie de leurs conjoints, les femmes ont dansé au son de la musique des années 60 et 70. Raphael Tiéndrebeogo, fils de son père, le bien nommé Thomas Tiendrebeogo de l'ex- suprême Kombemba, Serge Coulibaly, le bassiste de charme, l'ami du roi Djongo, Kobé Yokaté, Zon Boukary, Bobo Sedi… ont tous honoré les femmes en leur procurant de la belle mélodie. Pour la circonstance, le cadre du Boulougou était exigu. Des femmes, dans leur tenue de 8 Mars ont trémoussé tout le temps que l'orchestre faisait monter les décibels. Le gérant Drabo, tout affairé, a soutenu que son bar a organisé le bal parce qu à son sein, beaucoup de femmes y travaillent. L'autre motivation est que le Boulougou est fidèle aux grandes dates dont le 8 Mars. Connu pour être fréquenté par la frange la moins jeune, ces anciens jeunes si on peut les appeler ainsi, ce lieu de plaisir les procure un goût exquis de la musique avec des formations comme Les élites. Les belles orchestrations et les beaux textes musicaux étant les critères de choix des tubes de leurs temps, ils ne manquent pas chaque rendez-vous qui s'offre à eux. Avec les élites, ils ont revisité le passé récent et se sont souvenus de leurs exploits sentimentaux pendant leurs tendres jeunesses. Les pas de danse maîtrisés avec les cavalières achèvent de convaincre qu'à une époque récente, il faisait bon vivre et ce n'est pas les morceaux enchaînés par Les élites qui ont démontré le contraire. La Guinée avec le " Sily " orchestre, le Bembeya Jazz ou des morceaux de formations locales de l'époque ont été rejoués au grand bonheur des mélomanes qui, sans doute, ont intériorisé ces sons. Sacrées femmes, nos mères et femmes, elles étaient là toutes enthousiastes, charmantes comme à leurs habitudes et belles avec des formes généreuses comme Dieu a su gratifier aux Africaines. Les poètes musiciens à la manière de l'Afrique naguère ne manquaient d'interpeller certaines à leurs grands plaisirs. Les élites n'oubliaient pas d'inviter les convives à boire en ce terme : " buvez la boisson, si vous ne la buvez pas, c'est elle qui va vous boire. ", clamaient-ils et l'ambiance repartait de plus belle. Les serveuses entre service et la piste de danse ne savaient pas où se donner la tête. L'eau à couler à flot au grand bonheur des affaires du gérant Drabo qui ne manquera pas de récidiver le moment venu. Celles qui étaient au spectacle musical des élites le 8 Mars ne se feront pas prier quand un autre rendez-vous leur sera donné par l'orchestre

Merneptah Noufou Zougmoré




 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FOCUS AFRICA
Par Bétéo D. Nébié
mail: neb_beteo@yahoo.fr

Dirigeants africains et inventivité

L'histoire universelle le démontre de manière irréfragable : toute société se développe en inventant. Le développement, le progrès s'obtient par la création de modèles sociaux nouveaux et aussi par la maîtrise de techniques scientifiques continuellement renouvelées ! Or, c'est précisément ce que nos leaders ne semblent pas comprendre. Ils veulent nous faire avaler que l'Afrique peut se développer simplement en consommant les techniques déjà existantes. C'est une erreur impardonnable pour des gens qui décident de prendre en charge le destin de leurs peuples. Nulle part dans le monde, aucune société n'a pu décoller de cette manière. De l'Egypte pharaonique à la Grèce ancienne, de la Rome antique à l'Espagne et au Portugal, de la Grande Bretagne aux Etats-Unis d'Amérique et au Japon, le progrès du genre humain est resté attaché à une réalité immuable : la création, l'inventivité, l'imagination créatrice. Parfois, sinon toujours, cela se fait sur ce qui existe déjà, sans aucune prise en compte de l'auteur de cet existant. Partout où le savoir et la connaissance existent, c'est de ce côté que les nouveaux créateurs se sont toujours orientés. N'est-il pas indispensable d'introduire des morceaux de vieux canaris dans l'argile destinée à la poterie des nouveaux ? Or les dirigeants africains passent royalement à côté de ces vérités aussi élémentaires qu'incontournables. La question de l'encouragement et de la promotion de la créativité est incontournable pour tout peuple qui aspire au développement. Cela doit être compris une fois pour toutes. Les peuples des Etats de l'Afrique moderne doivent prendre pour critère dans le choix de leurs dirigeants, la capacité à encourager et à promouvoir les créateurs en Afrique. Jamais la main tendues, les aides diverses et les prêts ne pourront servir que dans la mesure où cela servira à faire avancer l'inventivité.
Le Burkina et particulièrement Ouagadougou ont eu la grande chance, que des circonstances favorables permettent au professeur Moustapha Diabaté de venir entretenir nos compatriotes d'une science inventée par lui, entièrement nouvelle mais surtout révolutionnaire, qui devrait être un instrument formidable de repositionnement et de décollage de l'Afrique. Il a inventé l'Indicamétrie dont l'essence dépasse de très loin tout ce que le genre humain (sauf peut-être l'Egypte des pharaons), avait pu maîtriser jusqu'à présent. En maîtrisant l'Invisible qu'on disait ascientifique, à côté du visible seul pris en compte dans la science que nous connaissions jusqu'ici, le professeur Diabaté vient de mettre à la disposition de l'Afrique un instrument inestimable pour son développement ! Si pour des raisons qu'on peut comprendre, les dirigeants africains refusaient d'embrasser cet instrument, les jeunes générations devraient refuser ce crime contre l'Afrique et les Africains. L'adage nouni dit bien que " Si votre poulet refuse désespérément de tomber sur le dos, il faut le tourner avec votre main " ! L'Indicamétrie devrait figurer désormais dans les programmes des universités africaines dans un premier temps, avant de commencer depuis les écoles primaires pour nous permettre de gagner du temps. S'il le faut, l'informel devrait prendre la place du formel, afin de permettre la maîtrise par tous les Africains conscients, de la science indicamétrique. Alors, nous ferons rendre gorge aux ennemis intérieurs et extérieurs de l'Afrique. " Lorsque les circonstances le permettent, l'homme averti danse sur la place publique armé de son arc et de son carquois " ! Il faut faire attention ! Ngaou !

Moustapha Diabaté : Construire les peuples unis pour les Etats-Unis d'Afrique. Conférence publique à l'Université de Ouagadougou (Amphi F). 6 mars 2008. Ouagadougou

Par Bétéo D. Nébié
neb_beteo@yahoo.fr

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 15 mars 2008