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Henri Salvador. Le lion est
mort ce soir !

"Maladie d'amour, maladie de la jeunesse si tu n'aimes
que moi
" Ce refrain d'un tube qui date de 1947 et
qui a inspiré par la suite de nombreuses vedettes de
la chanson est de Henri Salvador, comédien chanteur compositeur
français hors pair. Lui qui dit avoir fait carrière
dans la musique presque par hasard y est pourtant resté
jusqu'à l'âge de 90 ans. Chanteur comique à
l'hilarité (Rigoler c'est aussi un métier aimait-il
déclarer) facile et aux propos taquin, Henri Salvador
qui est décédé mercredi 13 février
2008 à Paris déclarait lors d'un concert en décembre
2007 : " Aznavour a 83 ans, Chevalier est mort à
84 ans, Trenet à 86 ou 88. Il n y a que Jeanne Calment
qui m'ait battu, mais elle chant comme une enclume !" Sacré
Salvador ! En choisissant de tirer sa révérence
la veille de la fête des amoureux, il remet au goût
du jour son premier succès discographique "Maladie
d'amour". Né à Cayenne le 18 juillet 1917
Henri Salvador débarque à Paris à l'âge
de 12 ans avec ses parents. Après avoir roulé
sa bosse dans les cabarets parisiens, il fera un séjour
de quatre ans au Brésil et dans d'autres pays d'Amérique
latine. L'air tropical qui embaume déjà sa musique
ne fera que s'améliorer. Au sortir des indépendances,
entre salade de fruit et sauce gombo, la génération
africaine des années soixante apprécie à
travers les phono et autre tourne-disque , la version salvadorienne
du " Lion est mort ce soir " cette chanson populaire
sud africaine qui demeure encore aujourd'hui sans âge.
Salvador c'est aussi celui qui avait le culot de chanter :
" le travail c'est la santé,
Le perdre c'est la conserver,
Les prisonniers du boulot
N' font pas de vieux os ".
Anarchiste ou taquin, il savait titiller tout simplement, au
point que ses chansons étaient retenues pour servir de
générique à des émissions radio
au Faso. Avant de chanter, Henri Salvador amoureux de jazz jouait
de la guitare avec brio dès l'âge de 16 ans. Ce
qui lui a valu d'accompagner Django Reinhardt et Ray Ventura,
des noms qui font forcement tilt dans l'esprit jazzy de tout
connaisseur. mais la musique ne sera pas la seule passion de
ce showman qui fera le plaisir de nombreux téléspectateur
de l'hexagone à travers des émissions de grande
écoute que furent : "Salve d'or" (1968), "Dimanche
Salvador" (1973). Ce éclectisme l'amènera
a adorer la pétanque au point que le plus grand boulodrome
d'Europe s'apprête à porter son nom.
Si son auto biographie publiée en 1994, mérité
d'être revue et augmentée au vu de sa longévité,
son dernier album intitulé "Révérence"
(2006) résonne comme le prologue d'une vie artistique
bien pleine. Dans une dernière interview accordée
le 8 février 2008 a un confrère de France-Normandie,
il déclarait : "(
) J'ai mis fin à ma
carrière en public le 21 décembre dernier au Palais
des Congrès. Je sais que des gens ne voudraient pas que
j'arrête, mais j'ai quand même 90 ans !". Cela
ne l'empêchait pas d'avoir un projet d'enregistrement
pour avril prochain à Los Angeles. Hélas ! Le
"crooner jazzy" s'en est allé plus tôt
en laissant à la postérité 6 albums (Des
goûts et des couleurs (1989), Monsieur Henri (1994), Chambre
avec vue (2000) album Performance ! (2002) album Ma chère
et tendre (2003), album Révérence (2006) qui regroupe
sa riche discographie.
C'est donc une révérence de lion que tire ce musicien
amuseur professionnel de classe exceptionnelle. Adieu L'artiste
!
Ludovic O. Kibora
Les Siamou célèbrent
leur culture
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L'ambiance est entraînante à la Maison des jeunes
et de la culture de Ouagadougou ce 09 février 2008. La
troupe Djiguiya de Orodara assure le spectacle. Des femmes et
des hommes esquissent des pas de danses au son du balafon et
du tambour. Il y a de l'hilarité dans l'air. Surtout
qu'à côté sont proposés des mets
et des boissons délicieuses. C'est le grand jour pour
l'ADESCO, l'Association pour le développement économique,
social et culturel de Orodara. Depuis quelques semaines, elle
nourrit l'espoir de réussir cette manifestation. Aujourd'hui,
elle se réjouit que l'idée ait été
fédératrice des Siamou, ces fils et filles de
Orodara, dans le Kénédougou. Convaincus qu'on
ne peut pas comprendre ce qu'on trouve quand on ne sait pas
ce qu'on cherche, les Siamou débutent leur journée
culturelle par une conférence au thème évocateur
: " Us et coutumes Siamou ". Le conférencier
Dr Kotolama Traoré, enseignant à l'Université
de Ouagadougou et l'interprête en langue nationale Daba
Adrien Sanou. Il s'agit pour eux de tabler sur les valeurs intrinsèques
du groupe social Siamou. A cet effet, ils passent en revue l'organisation
juridico-sociale, le baptême, le mariage, le rite initiatique
La conférence est animée en Français et
en Siamou. Une façon de préserver cette langue
menacée de disparition sous la très forte influence
du Dioula. Les Siamous sont agriculteurs, pas commerçants.
Ils possèdent un culte de fétiche, le Lo. Ils
ont deux genres de musique de balafon : la musique ordinaire
(celle des réjouissances populaires : mariages, funérailles)
et celle du fétiche du Lo (rituelle et seulement réservée
aux initiés) faite sur un balafon particulier se jouant
à deux ou trois musiciens. La Société Siamou
comprend les adeptes et maîtres du Lo, les cordonniers
et griots musiciens professionnels, et les forgerons. Le culte
du Lo se célèbre une fois l'an, mais le grand
rite a lieu chaque trente ans. C'est la plus grande manifestation
de cette partie Ouest du pays parce qu'elle est rare : on ne
la vit que deux fois quand on est sexagénaire et trois
fois quand on est centenaire. C'est toute cette richesse culturelle
que L'ADESCO, dont Malobaly Traoré est le Président,
veut préserver n
Arsène Flavien Bationo
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Issaka Traoré
raconte une autre Afrique
Comment l'Afrique peut parvenir à transformer
l'ONU en OCU (Organisation des Communautés Unies)
? Voilà l'objectif général de cette
fiction de 117 pages qui pourtant, dès l'entame
n'en donne pas l'impression. uvre auto-boagraphique
mêlée d'un désir profond de l'auteur
d'imprimer son rêve sur le devenir du continent
noir ? Le Boa qui avale sa queue est un roman écrit
par un activiste alter mondialiste Issaka Hermann Traoré
et publié chez l'éditeur parisien l'Harmattan
en 2007. "Si la traite négrière et
la colonisation avaient été longtemps indexées
comme sources du malheur de l'Afrique, en ce nouveau siècle
du troisième millénaire, les Haramistes
comme tous leurs frères Africains se mangeaient
eux-mêmes, tel ce boa affamé qui avait fini
par avaler sa queue, doucement et lentement, convaincu
qu'il se régalait d'une proie ". Le Boa de
notre romancier, c'est l'Afrique de l'antidémocratisme
ambiant, de la gabegie dans la gestion des biens publics,
du népotisme
du sous-développement
tout court, avec tout ce que cela renferme comme connotations
négatives. Mais pour en arriver à cette
assertion l'auteur commence son uvre par une histoire
banale d'étudiant africain en Europe, et c'est
là tout le mérite de son style. L'histoire
du héros Koudjougou, originaire de la république
du Haram située quelque part au sud du Sahara est
un roman dont la part du merveilleux est inexistant dans
l'essentiel du texte et l'invraisemblable si infime à
telle enseigne que l'ouvrage fait plus chronique relatée
par un auteur omniscient. Jalousie, et mesquinerie humaines
sont dépeintes dans des contextes si réalistes
que l'ouvrage nous fait penser au miroir de Stendhal.
Mais, pas celui qu'on ballade au bord du chemin, mais
celui à travers lequel le lecteur se retrouve dans
le décor des pages qui défilent entre ses
doigts. Il en est de même de la situation des étudiants
stagiaires Africains en Europe qui en plus de l'obligation
de ramener des résultats doivent s'adonner à
des petits boulots aux antipodes de leur formation, juste
pour survivre ou ajouter du beurre sur leurs épinards.
Avec ses personnage aux noms évocateurs (on comprend
certaines langues du Faso), l'uvre de Monsieur Traoré
raconte tels des faits divers des situations qui renvoient
toujours à quelque chose de vécu quelque
part comme dirait mon ami Goama. L'évocation de
la mort du détective Kampougbaaro qui aimait déclarer
"Le pire n'est pas la méchanceté des
gens mauvais, mais le silence des gens bien ", amène
forcement le lecteur à penser au journaliste Norbert
Zongo. Morceau choisi : "Au Haram, la moralité,
la justice, l'intégrité et l'honneur avaient
foutu le camp depuis que Soamba avait renversé
son cousin Babilibilé et assassiné ce dernier
"
Toute ressemblance avec un fait réel n'est que
pure coïncidence, pourrait-on écrire comme
avertissement à la page de garde de cette uvre
qui, malgré ses exagérations romanesques
par moments, ramène le lecteur dans des lieux connus.
En faisant évoluer son personnage entre différentes
formes de contradictions familiales, sociales et politiques,
le romancier en bon marionnettiste ne pouvait s'empêcher
d'imprimer sa vision de la renaissance de l'Afrique avec
force conviction. En quelques petites pages de critiques
et de proposions simultanées, il montre comment
la démocratie cotonnière qui a fait place
à la Fédération des Royaumes, Traditionnels
a pu inspirer même le monde occidental. Comme quoi
les derniers peuvent être les premiers si
uvre de conviction, le Boa qui avale sa queue, est
un roman aux allures de manifeste pour une nouvelle Afrique.
Pouvait-il en être autrement pour ce jeune auteur
titulaire d'un diplôme en développement ?
Méthodique et progressif, l'histoire de Koudjougou
qui est facile à décortiquer séduit
forcément n
Ludovic O Kibora
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Par Bétéo D. Nébié
mail: neb_beteo@yahoo.fr
Les
guerres tribales africaines connaîtront-elles une
fin ?
Il faut avoir le courage de reconnaître
que depuis les "indépendances", les Etats
africains n'ont jamais connu une stabilité réelle.
La sagesse élémentaire nous oblige donc
à nous poser des questions sur les causes profondes
d'une telle situation.
Du Congo au Biafra, de l'Angola au Mozambique, du Rwanda
en Ouganda, du Tchad au Kenya etc., nous avons connu depuis
les indépendances, et nous connaissons des guerres
destructrices et meurtrières. Ce qui signifie qu'elles
peuvent arriver à n'importe quel pays du continent
noir, et n'importe quand. Un regard rapide révèle
qu'une des constantes qui ressort à chaque fois,
c'est l'implication presque permanente des groupes sociaux
qu'on a nommés "ethnies". Les "
analystes avertis ( !?)" ont toujours donc mis ces
troubles sur le compte de "l'ethnicisme", ou
du déficit démocratique. N'est-il pas temps,
à cause de la persistance du mal, de recourir à
d'autres analyses, avec peut-être un peu plus de
probabilité de tomber juste cette fois ? Il est
en effet évident qu'on ne saurait guérir
un mal avec de faux diagnostics. Or les fameuses analyses
suscitées sont loin de nous faire voir le bout
du tunnel !
Un examen minutieux de la situation du continent noir
incline à penser que le problème profond,
la cause probable de tous ces dérapages de plusieurs
décennies pourrait être la mauvaise conception
de l'Etat africain moderne. En effet, et pour prendre
un exemple évident, il est incontestable qu'aucun
Etat africain précolonial n'a été
perçu, défini ou conçu comme les
Etats modernes que nous imposons aux forceps à
nos peuples désorientés ! Sans parler de
la conception spécifique d'Etat que certains racistes
occidentaux n'ont jamais voulu voir en Afrique, il importe
aujourd'hui de mettre l'accent uniquement sur une notion
essentielle de l'Etat moderne : celle "d'Etat nation
". Cette conception soutient que pour qu'un Etat
soit stable et viable, il faut que tous ses peuples soient
suffisamment intégrés au point de constituer
une entité homogène. Ce modèle d'Etat
que l'Occident a construit au cours de longs siècles
de guerres et de révolutions aussi violentes les
unes que les autres n'a jamais existé en Afrique
précoloniale. A l'opposé de cette notion,
l'examen historique sérieux indique que l'Afrique
a toujours connu "l'Etat multi national" ! D'après
ce modèle, on ne vit pas dans un Etat comme citoyen,
uniquement parce que tous les citoyens ont la même
langue, la même vision du monde et la même
religion etc., on le fait parce qu'on a accepté
de vivre ensemble, avec ses différences de langues,
de vision du monde ou de religion ! Comme on le voit aisément,
cette conception est aux antipodes de celle évoquée
ci-dessus. De Ménès qui a uni la Haute et
la Basse Egypte, jusqu'à Soundiata Kéita
en passant par le Ghana dont le souverain était
précisément appelé Ghana, cette réalité
a toujours constitué le moteur de l'Etat négro-africain
! Les peuples négro-africains qui ont constitué
en effet les grands royaumes dont l'histoire parle ont
chacun été respectés dans leurs principes
vitaux de base. S'il y a eu toujours des structures supra
nationales, celles-ci ont toujours été acceptées
puisque ne mettant pas en cause les éléments
relevés plus haut, par tous les peuples concernés.
Il semble donc évident qu'un Etat à l'occidental
a très peu de chances de réussir une unification
harmonieuse de peuples ayant pour principes de base ceux
que nous venons d'évoquer. Le problème essentiel
de l'Afrique ne réside-t-il pas à ce niveau
? Nous sommes pour notre part convaincu que c'est la cause
profonde du flottement de l'Etat africain moderne. Cela
expliquerait aisément le fait que tous les dirigeants
se tournent prioritairement vers leur communauté
sociale et sont incapables de s'élever au-delà
de celle-ci !
Tant que l'Etat africain sera géré sur des
bases occidentales, il est à craindre que nos peuples
ne trouvent jamais la paix ! Les dirigeants africains
modernes sont à côté de la plaque.
Messieurs, avec tout le respect que je vous dois
"Dire : lève-toi, attrape-moi l'aveugle-là
et bastonne-le, cela mérite-t-il d'être murmuré
?" ?
Cheikh anta Diop : L'Afrique noire précoloniale.
Présence africaine. 1960
Par Bétéo D. Nébié
neb_beteo@yahoo.fr
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