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CONTROVERSE
Kompienga
Nous avons lu avec un intérêt particulier la réflexion fort préoccupée de M. J. C. NABA sur les poissons de la Kompienga, parue dans L'Evénement N° 42 du 25 Avril 2004. En tant que citoyen ayant également une certaine sensibilité pour l'halieutique et ayant géré la pêcherie concernée à une époque donnée, de 1997 à 2001, nous nous sentons interpellé par cet écrit, pour donner des éclairages et quelques avis. D'abord, nous nous réjouissons que l'auteur ait mis en évidence l'enjeu de la pêcherie de Kompienga en rappelant la place socio-économique combien importante qu'elle a jadis occupe et qu'elle pourrait encore occuper. Il est vrai que par essence, les ressources halieutiques ont de tous les temps joué un rôle socio-économique et alimentaire pour les populations riveraines, avec une ampleur qui n'est toutefois pas toujours perçue à sa juste mesure. Lorsque son exploitation fonctionnait à haut régime, la pêcherie de Kompienga était source de milliers d'emplois décemment rémunérateurs ; les villes et villages riverains en éprouvaient une certaine vitalité économique En lisant l'écrit de M. NABA, nous avons noté des allusions ou opinions que nous partageons parfaitement. Par exemple, avec lui, nous convenons que la ressource halieutique de Kompienga a connu une baisse sérieuse et que cela est imputable, au moins en partie, à une insuffisance de mesures des gestion/aménagement de la pêcherie. Nous voudrions également douter avec lui de la bonne disposition de l'Homme africain tel qu'il fait figure aujourd'hui, à souscrire à la gestion durable des patrimoines communs. En revanche, sur d'autres éléments, nous sommes plutôt réservé et souhaitons apporter quelques éclairages. Il s'agit notamment des insinuations sur la partie responsable de l'état actuel du stock halieutique du plan d'eau de Kompienga, des insinuations selon lesquelles rien n'est en cours pour restaurer la ressource et enfin de la tendance de Mr NABA à fustiger la volonté exprimée par le politique de moderniser le secteur. Si nous nous trompons sur ses avis, qu'il veuille bien nous en excuser. En tout état de cause, nous tenterons d'apporter des éclairages dans les propos qui suivent. o Quelques explications et révélations concernant les initiatives pour la conservation et la restauration de la ressource halieutique de Kompienga Il faudrait se rendre à l'évidence, la réglementation
des pêches axée essentiellement sur les mailles de filets
de pêche, telle qu'elle s'applique jusqu'alors, a une portée
très limitée pour la gestion durable des ressources halieutiques
et l'optimisation de la production des pêcheries, dans le contexte
de nos pays. Dans la pratique, les faits imposent sur sa réciproque
la loi selon laquelle les engins de pêche s'adaptent à
la ressource en présence, et les ressources aux effets conjugués
de l'effort de pêche et du biotope. Ainsi, les mesures et actions
les plus efficaces pour une gestion durable et optimale des ressources
halieutiques concernent la régulation de l'effort de pêche
et les aménagements biologiques. Toutefois, la réalisation
de telles mesures et actions requiert, chez les pêcheurs surtout,
une large adhésion volontaire et quelques sacrifices ou renoncements
momentanés. o Des actions en cours et de la nécessité de moderniser le secteur Entre autres facteurs, les dérives de la rencontre
de 2001 évoquée plus haut ont également révélé
- ou plutôt confirmé - la nécessité d'un
cadre institutionnel adapté pour promouvoir la faisabilité
des mesures de gestion / aménagement des pêcheries. Le
"Projet de Développement Politique et Institutionnel pour
la Cogestion des Moyens d'Existence sur les pêcheries continentales
de Bagré et de Kompienga " en cours actuellement sur les
deux pêcheries travaille justement à la mise en place de
ces conditions et outils de gestion, qui devraient mettre davantage
les acteurs devant leurs responsabilités.D'autre part, la productivité
naturelle des plans d'eau, mêmes soumis aux meilleures mesures
de gestion/aménagement de pêche reste insuffisante face
à la demande croissante en poissons. Cette réalité
indique que l'avenir du secteur halieutique passe forcément par
la production semi intensive et intensive à travers l'aquaculture
et des méthodes plus élaborées de revalorisation
de la production. De façon générale, nous notons
l'amélioration des facteurs de faisabilité de cette activité
au Burkina Faso : il s'agit notamment de l'accroissement de la demande
en poissons, du développement de l'agriculture qui rendrait davantage
disponible les intrants d'aliments pour poissons, de la multiplication
des réservoirs et collections d'eau, etc
* Le titre est de la Rédaction.
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Concept.
& Réalisation A. Diallo |
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