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Contre-jour

CIMEF: Les musulmans francophones se rencontrent à Ouaga
Ciné Droit Libre: La propagande de Bakaba censurée
Kanazoé et ses routes !
Politique: CDP et communalisation / des agents de l'ENAM pour la "progrès continu"

Cimef
Les musulmans francophones se rencontrent à Ouaga

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Issaka Sam, Président de la commision scientifique

" Les intellectuels sont les héritiers des prophètes. ", avait dit le prophète de l'islam. Pour mieux assumer leur rôle, les intellectuels musulmans de l'espace francophone ont créé le Colloque International des Musulmans de l'Espace Francophone (CIMEF).
Cette année, le Burkina a la charge d'abriter sa 4è session, qui se tiendra du 4 au 6 août prochain sur le site du Salon International de l'Artisanat de Ouagadougou (SIAO). "De l'islamophobie au choc des civilisations : défis et enjeux " est le thème choisi pour alimenter les réflexions de ce colloque. En prélude à cette rencontre, le comité d'organisation a rencontré la presse, le 19 juillet dernier, pour échanger sur son importance et ses enjeux. Pourquoi un colloque des musulmans de l'espace francophone ?
Le comité d'organisation a fait savoir qu'il n'y avait que les musulmans de l'espace francophone qui n'avaient pas de cadre d'échange. Suite au constat fait par un certain nombre de responsables religieux, en marge du Séminaire International de Formation des Responsables d'Associations Musulmanes (SIFRAM), qui a eu lieu à Abidjan en début septembre 1999, ils ont décidé de la tenue d'un colloque en vue de discuter des questions capitales intéressant l'humanité des musulmans de l'espace francophone. Cette année, le thème vient à point nommé. " Depuis les événements malheureux du 11 septembre aux Etats-Unis, les attitudes islamophobes n'ont cessé de se répandre partout dans le monde et particulièrement en occident. Les attentats de Madrid et de Londres sont venus eux aussi aggraver de manière aiguë la situation.", assure El hadj Issaka Sam, responsable de la commission scientifique du colloque. Face à cette situation, il y a lieu qu'ils réfléchissent pour ne pas tomber dans le piège du "choc des civilisations" professé par l'universitaire américain Samuel Huntington. Les musulmans francophones sont liés par divers facteurs, notamment : la langue, l'Histoire, la colonisation, autant de situations qui les permettent d'appréhender les problèmes à leur juste valeur et selon leurs contextes. La rencontre de Ouagadougou se fera sous l'égide de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB) créée en décembre 2005. Son Secrétaire général Souleymane Compaoré en est le président du comité d'organisation. D'illustres personnalités comme l'universitaire suisse Tariq Ramadan et le journaliste du Monde-Diplomatique Alain Gresh font partie des 200 participants attendus à cette rencontre

Merneptha N. Zougmoré

Ciné Droit libre
La propagande de Bakaba censurée

Le Festival " Ciné Droit le Libre " a pris fin le 16 juillet dernier. Pendant quatre jours, le public du CCF (Centre culturel français) et de l'université de Ouagadougou ont apprécié des films dont le dénominateur commun est "la défense des droits de l'homme". Des films, pour la plupart censurés ailleurs, ont été projetés. Ces réalisations cinématographiques décrivent en image les réalités des entraves des droits humains de par le monde. Les lieux choisis pour les projections de ces films, à savoir le CCF et l'Université de Ouagadougou ne désemplissaient pas. Cette année, il y a eu des innovations majeures. Des ateliers ont été animés, un projet de film a été primé. Les organisateurs du Festival sont satisfaits. Les réalisateurs de Boris Bana : Le destin fatal de Norbert Zongo, par ailleurs créateurs du festival, Luc Damiba et Abdoulaye Diallo Ménès, ont présenté un autre film (Téléguerre) qui décrit la situation dans la zone sous contrôle des rebelles ivoiriens. Bien d'autres projets sont en gestation. Cependant, la seule fausse note vient de la …censure du film de Sidiki Bakaba sur les affrontements entre l'armée française et les " jeunes patriotes " ivoiriens en novembre 2004 à Abidjan. Les responsables du CCF/GM où siégeait le staff du Festival ont estimé que ledit film " incite à la haine " et que par conséquent, ils ne pouvaient pas le laisser programmer dans leur enceinte. Pour eux, ce film est une pure propagande qui pose un vrai problème d'éthique : le projeter équivaudrait à passer un film sur Hitler. Jugement excessif ? Il est vrai cependant que ce film pose plus qu'un cas de conscience. Le festival Ciné droit libre n'est-il pas né pour censurer la censure ? Les organisateurs ont été donc confrontés à un dilemme, même si on ne peut pas dire du film de Bakaba qu'il soit vraiment engagé. Si non comment comprendre que tourné en 2004, il fasse un black out sur le massacre des militants de l'opposition ivoirienne le 25 mars de la même année par les forces pro-Gbagbo ? Un cinéaste engagé pour les droits de l'homme peut-il avoir une indignation selective face à la violation de la vie ? Il n'en reste pas moins vrai que cette censure justifiée ou non pose la question de l'indépendance du Festival vis-à-vis de ses soutiens. Le parrainage équivaut-il à une tutelle ? Les organisateurs doivent peut-être songer à diversifier leurs sources de financement et multiplier les lieux de projections dans des espaces plus grands et plus ouverts culturellement et politiquement. Il y va de la crédibilité du Festival n

Merneptah Noufou Zougmoré


Kanazoé et ses routes !

L'entreprise Oumarou Kanazoé (OK) était jusqu'à une date récente, un label de la qualité, dans la construction des routes. Mais depuis peu, la notoriété de l'entreprise est allée en se détériorant. Les choses avaient atteint un tel niveau, que certains partenaires financiers et techniques du Burkina Faso l'avaient d'office exclut des travaux qu'ils finançaient. Et puis le "vieux" lui-même s'est investi dans la construction de la route Pa-Gaoua-Kampti, pour redorer son blason. Effectivement, il semblait l'avoir réussi, puisque les usagers de la route étaient unanimes à reconnaître la qualité de l'ouvrage. Mais il faut croire que la réhabilitation n'a été que de courte durée.
Sur la route de Dori, la qualité des travaux est entrain de faire place à l'approximation. Sur certains tronçons, malgré le gravillon goudronné, on est revenu à la tôle ondulée. Or, les travaux ne sont pas encore réceptionnés. Qu'en sera-t-il alors de l'état de la route dans quelques années ? Et puis, sur cette route de Dori, la tâche de OK a été franchement facilitée par la qualité des travaux préalablement effectués par les Italiens. Il ne restait plus à OK que de bien remblayer et de poser son goudron gravillon. Mais le vrai problème des routes de OK, ce sont les déviations. C'est terrible. Kanazoé ne se donne même pas la peine de bien signaler les déviations a fortiori, de bien les construire. Ce sont juste des tranches de contreplaqués qui servent à écrire "Déviation". La peinture qui sert à l'écriture ne réfléchit pas la lumière. Pis, la déviation n'est pas signalée selon les distances réglementaires et l'usager tombe donc sur un insignifiant panneau monté sur un bout de bois (voir photos) qui lui indique immédiatement la déviation et juste devant un arbre arraché et posé en travers de la route, pour resservir de barrage. Dans la nuit, pour un non habitué de la route, c'est la catastrophe. Mais comme Dieu est avec OK, jusqu'à présent, tout va bien. A moins que, comme c'est très probablement le cas, les usagers, ignorant qu'ils peuvent le poursuivre en cas de dommage ne le fassent pas, s'en remettant eux aussi à Dieu. De toute façon, il semble que c'est inutile d'ester OK en justice. En cas de différend, mieux vaut chercher à le voir et s'arranger à l'amiable avec lui. C'est probablement ce que n'ont pas compris les deux commerçants qui croupissent présentement à la MACO, malgré la vacuité des charges qui sont retenues contre eux.
Mais le plus dramatique pour les Doriens, ce sera, après avoir échappé aux accidents, la famine. En effet, la décision de renforcer les ponts aurait pu attendre la fin de l'hivernage. Mais non ! C'est en ce moment là que les routes sont coupées au niveau des cours d'eau, obligeant les usagers à passer dans le lit des rivières pour traverser. Et comme les déviations n'intéressent pas Kanazoé, il suffit d'une bonne pluie, pour que Dori soit coupé de Ouagadougou pour des semaines. Pour celui qui connaît la violence des écoulements dans cette partie du pays, OK envoie ses cousins à plaisanterie à la casse pipe. Sacré OK ! Même avec les Peulh, il est vache. n

Newton Ahmed Barry



Quels élus CDP pour la communalisation ?

Dans son parcours politique, le Burkina Faso est actuellement à l'ère de la communalisation intégrale du territoire national. Parce qu'étant la consécration de la décentralisation, ce processus comporte des enjeux au triple plan politique, économique et socio-culturel. Mais dans un axe comme dans l'autre, il s'agit de responsabiliser les citoyens, de les impliquer dans la dynamique du développement et d'enraciner la culture de la démocratie à la base. A l'issue des municipales du 23 avril dernier, sur un total de 17 874 conseillers municipaux, le CDP en a obtenus 13 026. A l'échelle des communes urbaines et rurales, le parti en a obtenues 313 sur les 352 existantes. C'est dire que la moisson a été plus qu'abondante. Comment faire alors pour que les hommes et les femmes élus répondent réellement aux aspirations des populations ? C'est cette préoccupation qui a présidé à la tenue de la convention nationale du parti, le 21 juillet 2006. De Salif Diallo à Roch Marc Christian Kaboré, en passant par les autres, les différents responsables ont appelé les élus CDP à être des gens de conviction. Ils les ont particulièrement exhortés à développer des initiatives locales pour la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation du programme quinquennal de Blaise Compaoré. Pour cela, il faudrait plus de "justice sociale ", de " transparence ", de " participation dynamique " n
AFB

 


Enam
Des agents pour le " progrès continu "

" Promotion progrès continu. " C'est ce nom de baptême que la promotion 2006 de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (ENAM) a choisi. Ils étaient au total 603 élèves des cycles C, B et A à sortir cette année. Ils ont été présentés le 14 juillet dernier au cours de la cérémonie de clôture de l'Ecole, présidée par le Premier ministre, Paramanga Ernest Yonli. En choisissant ce nom de baptême, la promotion sortante, selon son délégué général, marque son adhésion au programme quinquennal de Blaise Compaoré. "Ce choix traduit également notre engagement à participer activement à la réalisation du projet de société du président du Faso.", a-t-il soutenu. C'est d'ailleurs son épouse Mme Chantal Compaoré qui a été choisie comme marraine de la promotion " progrès continu ". Elle est un modèle pour ses filleuls. Mais ce soutien au couple présidentiel ne semble pas faire l'unanimité. Même si la plupart d'entre eux sont conscients du rôle important qu'ils doivent jouer dans le processus de la décentralisation, ce nom de baptême gêne certains élèves. C'est le cas de H.O. qui ne se reconnaît pas dans ce " progrès continu ". " Je serai un agent de l'Etat et je mettrai mes compétences acquises en pratique. Mais je ne suis pas obligé d'adhérer au programme du président. Je ne suis pas un ABC (Ami de Blaise Compaoré, NDLR). Ce nom n'engage que ses initiateurs." n
Moussa Zongo (Stagiaire)



 


 







 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 juillet 2006