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Le blé national bientôt dans nos pains L'
objectif du ministère de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources
halieutiques d'ici l'an 2008, c'est de produire entre 25 000 et 30 000 tonnes
de blé, la fourchette indispensable pour couvrir 90% des besoins du pays.
Cette opération, si elle se réalise, permettra à l'Etat d'économiser
15 milliards de Fcfa. C'est l'équivalent de ce qu'on dépense dans
l'importation du blé. Pour le lancement de ce grand chantier dans le Sourou,
le ministre de l'Agriculture, Salif Diallo et une suite importante se sont rendus
à Di, village situé à une soixantaine de kilomètres
de Tougan, le 11 mars dernier, pour la cérémonie de premières
de récoltes du blé. Une phage pilote dont l'objectif est de produire
1 000 tonnes de blé sur 350 hectares pour la campagne présente.
Ce premier volet de la production a permis la réhabilitation partielle
des équipements et appareils d'irrigation qui existaient déjà.
Pour le ministre Diallo :" En terme de diversification de notre agriculture,
le programme blé permettra l'émergence d'une nouvelle filière
agricole porteuse d'initiatives en matière de lutte contre la pauvreté
à travers la création d'unités de transformation, la création
de nouveaux emplois ruraux et urbains ainsi que l'exploitation des sous produits
de l'élevage. " La recherche, maillon important de la chaîne,
qui permit la mise en place de la filière, est pilotée par l'INERA.
Le Dr Jacob Sanou, chercheur dans cet institut a indiqué que les premières
recherches sur la production du blé ont eu lieu dans les années
1970, précisément en 1975 mais, il y a lieu de réactualiser
la recherche parce que les conditions écologiques ont beaucoup évolué.
Il y a 20 ans, il pleuvait plus qu'aujourd'hui, un facteur qui, selon Sanou, milite
pour la réactualisation de la recherche dans ce domaine. La culture de
blé, comme les autres cultures a des déprédateurs, c'est-à-dire
des insectes ravageurs. Les travaux de recherches devraient permettre de trouver
des solutions à ces problèmes. La fertilisation des sols, l'irrigation,
la préparation des sols sont autant de problématiques étudiées
et tous ces facteurs ne peuvent pas empêcher le bon déroulement de
la production du blé au Faso, a souligné le docteur Sanou. Les plaines
retenues comme domaine potentiels de culture du blé sont Karféguéla,
la vallée du Kou et la plaine de Douna. Les meuniers et boulangers se sont
prononcés sur les aspects positifs qui doivent résulter de la culture
du blé. Pour le groupe HAJJAR : " L'importance de la consommation
de blé et de ses sous-produits n'est plus à démontrer, car
ils se retrouvent dans nos assiettes à plusieurs niveaux : couscous, pain,
bouillie, gâteaux et autres pâtisserie. La production locale de cette
culture entraînera pour nous minotiers et boulangers une disponibilité
constante du produit, ce qui est fort appréciable compte tenu des énormes
difficultés de réacheminement depuis le port voisin. " Le Directeur
général de l'Autorité de la mise en valeur de la vallée
de Sourou (AMVS), Charles Etienne Zan, a retracé l'historique de la culture
du blé au Burkina. Une société du nom SOMDIA, société
de management et de développement et de l'industrie agro- alimentaire s'était
installée en1978 pour la culture du blé mais, elle a mis les clés
sous le paillasson en 1984 pour des motifs économiques, mais pas parce
que la production sur les champs ne donnait pas. Tirant leçon de cette
expérience de la SOMDIA, l'AMVS a associé cette fois-ci les paysans.
Ils sont introduits dans certaines tâches. Ils pourront avoir à l'hectare
entre 75 000F ou 100 000F. Déjà, 130 familles sont installées
sur les 350 hectares pour les travaux. L'objectif: lutter contre la pauvreté.
La production sur les 350 hectares a été possible grâce au
don de semence du blé par le royaume du Maroc. Merneptah
Noufou Zougmoré
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| Association
cotonnière africaine: S'organiser pour mieux résister
L'Association
cotonnière africaine (ACA) était à sa troisième réunion
annuelle à Ouagadougou, les 10, 11 et 12 mars derniers. Sociétés
cotonnières, organisations paysannes, vendeurs d'intrants, industries d'huilerie
ainsi que les plus grandes firmes de l'industrie cotonnière internationale
étaient présentes pour la circonstance. Les cotonculteurs ne sont
pas allés de main morte pour condamner les subventions déloyales
à la production et à l'exportation que consentent les pays du Nord
à leurs cotonculteurs, bien que la culture du coton ait connu un essor
remarquable et contribue, de façon notable, à l'augmentation des
revenus du paysan. Ils ont, de ce fait, appelé les gouvernements africains
à continuer la lutte engagée à l' Organisation mondiale du
commerce (OMC) pour un commerce mondial équitable, respectueux des règles
internationales de la libre concurrence. Selon Célestin Tiendrébéogo,
Directeur général de la SOFITEX et 2ème vice-président
de l'ACA, il est clair que le coton africain occupe une place importante sur le
plan international, d'autant plus que c'est le deuxième exportateur mondial,
après les Etats-Unis. Il demeure que l'idéal serait de faire de
la transformation, pour avoir plus de valeur ajoutée, pour créer
plus d'emplois, mais la première contrainte demeure le coût de l'énergie,
pendant que l'industrie textile en consomme le maximum, surtout quand il s'agit
de faire de la confection. La problématique des Etats-Unis est que ceux-ci
subventionnent massivement leur coton. Bien que tous les pays, même le Burkina
Faso ( budget 2005, 5 milliards pour les intrants), subventionnent leur agriculture,
il demeure que les Américains subventionnent encore plus le coton, que
toute autre culture. Un taux supérieur, et, ceux-ci encouragent la production
massive de coton. Pareil pour des pays comme la Grèce et l'Espagne. La
différence, c'est qu'aux Etats-Unis, ils subventionnent la production mais
aussi, l'exportation. Ce qui fausse énormément la concurrence. Mais
l'espoir serait permis. Selon Célestin Tiendrebéogo, même
le président Bush est en train de voir comment réduire la subvention
agricole. Car, lors son passage à Memphis, le 27 février dernier,
il a rencontré le Conseil national du coton (une structure très
puissante et très organisée) et le gouvernement a une proposition
dans le domaine du coton, qui vise à une plate forme. Au niveau de l'Exécutif
donc, les gens veulent agir. Reste maintenant le Législatif. Ce qui est
sûr, depuis que le problème de la subvention a été
posée, les agriculteurs américains ont compris qu'une partie des
cultures est plus subventionnée que d'autres, ce qui est injuste. Donc,
la guerre du coton est l'affaire de tous, et, si ceux-ci s'ajoutent à la
cause des Etats africains, il est possible que ceux-ci gagnent. Il demeure que
si les subventions sont supprimées, l'Afrique saura mieux se placer sur
l'échiquier international. Le Burkina, qui n'use que de 1,20% de son territoire
pour le coton, aura tout à y gagner. La SOFITEX a fait un chiffre d'affaires
de 240 milliards de FCFA en 2004. Clément
Bassolet
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 | RDM
Une tumultueuse naissance Le
Réveil Démocratique des Masses (RDM) est bel et bien né.
Mais les dessous de cette naissance semblent être tout autre, car, à
écouter ceux qui sont à Yako, ce parti est toute une histoire qui,
jusque-là, continue de faire des frustrés. Eugène
Diendéré, Président du RDM |
C'est
toujours le nom de Fatou Diendéré, député à
l'Assemblée nationale et membre influente du Congrès pour la Démocratie
et le Progrès (CDP), qui est cité à Yako, pour " des
manquements graves et insupportables". Manquements qui s'étaleraient
sur même les notables de la zone. La création du RDM, le 29 janvier
2005, serait le résultat des "comportements anti-démocratiques
et anti-sociaux de Fatou Diendéré ". Le nouveau parti bien
que se situant dans la mouvance présidentielle, entend affirmer sa différence
avec le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Les
fondateurs et militants du RDM pensent qu'avec la naissance de ce parti, il est
possible de faire mieux, avec d'autres personnes ressources qui respectent la
démocratie et les libertés individuelles. Ils fustigent certains
ressortissants du Passoré qui " voient en toute chose une sorte de
concurrence, mais ils oublient que nous sommes en démocratie, et que toute
concurrence, s'il y en a, doit se faire selon les règles du jeu ".
Certains estiment que le RDM n'est pas la résultante d'une scission du
parti au pouvoir dans cette localité mais, une conglomérat de militants
aussi bien du CDP que de certains partis de l'opposition. Eugène Diendéré,
ingénieur en génie rural, assure la présidence de ce controversé
parti. " C'est comme si les masses avaient soif d'une autre politique, une
politique véritable, une politique de franchise, où il n'y a pas
de peaux de bananes sur la route des gens, et où les vieux, jeunes et chefs
traditionnels sont respectés ", clament les militants. Certains se
demandent toutefois si ce n'est pas une querelle de famille qui se transpose sur
la scène politique. En effet, Eugène Diendéré, président
du RDM est l'oncle de Gilbert Diendéré, chef d'Etat major particulier
du président du Faso, mais surtout, époux de Fatou, député
de la province. Cette dernière aurait tout fait pour que l'assemblée
générale constitutive du RDM ne se tienne pas. Idem pour l'obtention
du récépissé, mais sans succès. Elle est aussi accusée
d'avoir muselé "La voix du Passoré ", une radio locale
accusée de faire de la propagande pour le RDM. " Quand les masses
populaires choisissent quelqu'un, il faut que cette personne soit effectivement
retenue par les instances dirigeantes du parti, pour diriger telle ou telle activité.
C'est ça la démocratie ", a déclaré un militant
du RDM. Comme pour dire qu'au Passoré, les gens ne voulaient pas de Fatou
Diendéré, mais d'une autre personne en qui ils ont foi. Sauf qu'ils
n'ont pas eu la possibilité de décider, sinon de créer un
autre parti. Ce qui revient à reconnaître que la naissance de ce
parti est la suite logique des luttes internes au sein du CDP. Clément
Bassolet
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