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Une soirée chez le Président du Faso
Groupe parlementaire "J&D": Les élections en ligne de mire
Islam: Tabaski, le legs d'Abraham
Handicaps: La rue n'assure pas l'avenir


Une soirée chez le Président du Faso

Pas comme les autres, cette soirée du 14 janvier où la presse nationale et internationale s'était donné rendez-vous à la résidence présidentielle. Le prétexte, une présentation des vœux. Dans le contexte de notre histoire récente, celle-ci ne pouvait être banale.
Souvenez-vous de ce 6 janvier 1997. Face au président, un certain Norbert Zongo désigné par l'ensemble de ses confrères comme porte-parole du jour. C'était la première fois dans l'histoire de la IVè République que la presse présentait ses vœux au chef de l'Etat. Puis survint le 13 décembre 1998 où le même Norbert Zongo est retrouvé carbonisé dans sa voiture avec trois de ses compagnons. Depuis ce jour, les relations entre le pouvoir et la presse connaîtront des jours difficiles. huit ans après, les journalistes renouent avec l'acte fondateur posé par l'illustre disparu. Dans une salle de conférence archi-comble, ils ont tenu, par l'intermédiaire de leur porte-parole Edouard Ouédraogo, à raviver le souvenir de Norbert Zongo : "Par devoir de mémoire pour notre confrère, nous ne pouvions pas …à cette occasion, ne pas partager avec vous notre attente pesante que justice lui soit rendue, avec le sentiment que tel reste le vœu unanime de tous les Burkinabè de bonne volonté… " En réponse à la presse, Blaise Compaoré devait déclarer : " Puisque vous avez évoqué l'affaire Norbert Zongo, j'ai déjà exprimé à plusieurs reprises mon souhait ardent de voir ce dossier élucidé. Je pense que nous devons continuer de faire confiance à la justice pour qu'elle conduise dans la sérénité et jusqu'au bout son instruction. "
La parenthèse a été ainsi provisoirement refermée sur l'affaire Norbert Zongo. Mais les journalistes, sachant bien que l'oubli est le péché mignon des hommes politiques, ont intérêt à s'armer de l'arme des pédagogues, c'est à dire la répétition. La quête de la justice pour notre confrère disparu doit demeurer le vœu permanent à l'occasion de ce rituel solennel et cela tant que le dossier n'aura pas révélé la vérité sur cet odieux assassinat. Ceci dit, les journalistes ont aussi énoncé des doléances en rapport avec leurs conditions de travail : la dépénalisation des délits de presse, le régime fiscal des médias, l'institution d'une fiscalité préférentielle et la hausse de l'appui budgétaire de l'Etat aux médias. Tout en promettant de trouver des solutions idoines aux difficultés soulevées, le Chef de l'Etat a donné des assurances en ce qui concerne la dépénalisation des délits de presse, tout en prévenant que cela ne doit pas être entendue comme une prime à l'impunité. La soirée s'est poursuivie au jardin de la présidence où un pot a été offert aux hommes de média.

GBN


Groupe Parlementaire "Justice & démocratie":
Les élections en ligne de mire

Le groupe parlementaire "Justice et Démocratie" a tenu sa traditionnelle conférence de presse de début d'année, le 13 janvier dernier, au siège du Parti Africain de l'Indépendance (PAI). Par la voix de son président, Philippe Ouédraogo, le groupe a fait le bilan de sa participation à la dernière session de l'Assemblée nationale. Vingt trois projets étaient inscrits à l'ordre du jour de cette session budgétaire. Mais ce qui a le plus attiré l'attention du groupe a été le projet de loi de règlement du budget de l'Etat, gestion 2002, celle concernant l'exécution du budget exercice 2005 et le projet de loi portant code général des collectivités territoriales. Pour le député Philippe Ouédraogo, le projet de loi de règlement du budget de l'état gestion 2002 soumis à l'examen des députés révèle que " l'exécution de ce budget comporte des insuffisances déjà notées dans l'exécution des budgets antérieurs ". Il cite, entre autres, des recettes qui sont en deçà des prévisions, pour des raisons de recouvrements insuffisants, et, des recettes attendues de la part des partenaires extérieurs dont les prévisions sont inférieures. Autres difficultés qui engendrent cette impasse budgétaire, ce sont l'acquittement partiel des factures des consommations des services de l'Etat auprès des établissements comme l'Onatel, la Sonabel et l'Onéa, et diverses subventions accordées aux sociétés qui, de l'avis des députés du groupe, ne devraient pas en bénéficier. Les mêmes subventions accordées aux sociétés privées et à des personnes physiques tels des députés, des membres du gouvernement, n'ont pas été remboursées, ainsi que des investissements dont le suivi sur le terrain laisse à désirer. Pour toutes ces raisons, le groupe "Justice et Démocratie" a voté contre le projet de loi de règlement du budget 2002. Il en a été de même pour le projet de loi de finances pour l'exécution du budget 2005, qui, selon le groupe, présente les mêmes insuffisances que ceux antérieurs. A la question de savoir qu'est-ce qui peut permettre l'émergence de l'économie nationale, le député Philipe Ouédraogo a répondu qu'il faut investir dans les domaines prioritaires et inciter le Burkinabè à consommer local. Mais cela ne peut se faire, selon lui, sans le relèvement des salaires. En ce qui concerne les augmentations de salaires intervenues en fin d'année, le député Ouédraogo dit ne pas être contre le principe, mais a tenu à souligner que cela n'a pas suivi l'itinéraire légal. L'Assemblée nationale n'a pas été consultée. " Ce sont des mesures électoralistes, en prévision aux échéances électorales à venir", a-t-il ajouté. Pour ce qui concerne le code général des collectivités territoriales, les députés du groupe ont critiqué l'hésitation du gouvernement pour sa mise en œuvre, par des va-et-vient indéfinis des textes entre le gouvernement et le parlement, mais ont quand même voté pour son adoption. Ils demandent au gouvernement d'avoir le courage de le mettre en œuvre, dans un délai raisonnable.
Dans les perspectives, les députés vont s'atteler cette année à des dossiers relatifs aux échéances électorales à venir. Dans la préparation de l'élection présidentielle, le premier des écologistes politiques du Burkina, Ram Ouédraogo, (député du groupe parlementaire PDP/PS), s'affiche déjà. Il convie ses militants le 29 janvier prochain à la Maison du peuple pour son investiture. C'est à l'issue de cette cérémonie qu'il s'inscrira sur la liste des candidatures des partis d'opposition se regroupant dans le cadre de l'alternance 2005.

Merneptah Noufou Zougmoré


Islam: Tabaski, lelegs d'Abraham

Les musulmans, comme à l'accoutumée, ont sacrifié cette année encore aux deux importants rituels de la tabaski : la prière des deux rakats et l'immolation du mouton, le 20 janvier dernier. Dès 8 heures, les places habituellement choisies pour l'accomplissement de cet acte religieux étaient déjà occupées. Hommes, femmes et enfants, comme indiqué dans le principe de l'islam, ont pris d'assaut ces lieux de prière et d'invocation d'Allah. Après la prière et le sermon de l'Imam, celui-ci a procédé à l'immolation du bélier. Cet acte a donné droit à ceux qui en possèdent d'aller faire de même chez eux. Au terrain de l'UFR/SDS de l'université de Ouagadougou, les fidèles musulmans, sous la direction de l'Association des élèves et étudiants musulmans du Burkina (AEEMB), se sont retrouvés pour invoquer le nom du Seigneur. L'Imam Marboulaye Nombré a dirigé la prière. Pendant son sermon, il a exalté le nom d'Allah, le Tout Puissant et le très Miséricordieux, pour avoir permis aux fidèles de se retrouver cette année pour célébrer la Tabaski. Il a fait l'historique de la fête, le lien que la religion de Mohammed a avec celle d'Abraham, en précisant que "Dieu a ordonné à Mohammed de restaurer la religion d'Abraham dans toute sa pureté. Ainsi, l'Islam a hérité du monothéisme pur comme premier pilier, de la Kaaba (maison sacrée de Dieu) reconstruite en son temps par Abraham et Ismaël et de certains rites du petit et du grand pèlerinage, dont celui de l'immolation de la Tabaski". Il a demandé aux fidèles d'invoquer Dieu pour leurs frères et sœurs qui subissent des atrocités en Iraq et en Palestine, pays victimes d'invasion . " L'Islam n'est pas anti-sémite, et les Palestiniens comme les Israéliens ont droit à une terre pour y habiter et se gouverner librement, suivant les principes du droit international et de leurs cultures spécifiques", a-t-il martelé. Les structures internes de certains pays musulmans sont dépassées et il faut que les dirigeants de ces nations acceptent créer des espaces démocratiques, chose qui ne fera que consolider l'Islam, selon l'Imam. Pour les échéances électorales de cette année, il a émis le souhait que chaque citoyen puisse accomplir son devoir civique et que cela se déroule dans la paix. Il a, en outre, émis le vœu que les autorités islamiques du Burkina poursuivent les efforts entrepris en vue de réaliser l'unité d'action de la Oumma du Burkina Faso par la culture de l'esprit de dialogue et de tolérance. Il a exhorté ces mêmes autorités religieuses à entreprendre des démarches pour la réconciliation des frères et pour la résolution des conflits latents.

Merneptah Noufou Zougmoré



Handicaps: La rue n'assure pas l'avenir

Le Centre national des personnes handicapées a été créé à la demande des personnes handicapées motrices. Officiellement ouverte en 2001, le centre a pour mission de demeurer un centre de référence qui s'occupera de la formation, la production et le perfectionnement des handicapées motrices des 45 provinces du Burkina. Les provinciaux doivent, à leur tour, monter des unités de formation dans leur localité d'origine. La formation étant très coûteuse, selon le directeur du centre, Issa Palenfo, (lui même handicapé moteur), la direction du centre a décidé de sélectionner des handicapés moteurs exerçant déjà dans des unités de production pour les former à devenir des moniteurs. Dix ateliers ont donc été ouverts, dont entre autres, la métallurgie, la menuiserie, la couture, la tapisserie. Toutes sortes de matériel roulant pour handicapés y sont fabriqués, ainsi que des fauteuils rembourrés, des sacs en cuir, etc. La mission du centre, selon le directeur, n' est pas facile, car tous ceux qui y viennent sont surtout des gens habitués à la mendicité. Ils n'ont reçu aucune formation dans un métier d'avenir, si bien que le changement devient un calvaire pour certains. Habituée à recevoir de l'argent chaque jour, la personne handicapée trouve souvent qu'il est mieux de rester dans la rue que de venir perdre du temps à apprendre un métier qui, de surcroît, n'est pas rémunérateur. Le seul remède du centre demeure donc la sensibilisation, pour faire comprendre que ce n'est pas cela qui peut aider quelqu'un. D'autres difficultés sont souvent rencontrées avec certains parents qui trouvent que leur enfant est source de richesse, car ils sillonnent la ville avec celui-ci, pour mendier. Ces enfants restent donc tels, sans formation ni scolarisation. Autre problème du centre, le matériel pour l'apprentissage. Pour que les apprenants connaissent le travail, cela nécessite assez de sacrifices, car du matériel sera perdu. D'où la nécessité pour les chefs d'atelier d'être des moniteurs, ce qui amoindrira les pertes. Cela demeure, par ailleurs, une autre difficulté pour les perfectionner. Le souhait du centre est que les différents partenaires sachent que les personnes handicapées qui viennent au centre pour apprendre soient motivées financièrement, car la plupart d' entre eux sont surtout issues de parents pauvres, et ne peuvent même pas s'assurer le repas quotidien. Mais il demeure aussi que les handicapés doivent savoir que la rue n'assure rien, en matière d'avenir. Actuellement, ce sont plus de 100 personnes qui ont été formées par le centre et peuvent, non seulement se nourrir, mais aussi leur famille. Celles-ci au moins n'iront plus dans la rue, ne mendieront plus, car elles connaissent maintenant l'intérêt du travail qui est, par ailleurs, une chose honorable. Les ambitions du centre sont d'arriver un jour à intégrer toutes les personnes handicapées motrices, à alphabétiser les plus jeunes, avec l'appui, bien sûr, de l' Etat et des partenaires au développement.

Clément Bassolet











 


 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 25 janvier 2005