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Journées du REN-LAC: L'Investigation pour combattre la corruption !
Le bagne rassemble les Sankaristes
Mauvaises huiles sur le marché
Santé: Un candidat contre le paludisme


Journées du REN-LAC

L'Investigation pour combattre la corruption

"Le prix de la lutte anti-corruption (PLAC) ne récompense pas les journalistes les plus intègres mais plutôt leur professionnalisme à traiter les faits de corruption et à les présenter sans parti pris à l'opinion ", a affirmé Dieudonné Yaméogo, secrétaire permanent du Réseau national de lutte anti corruption (Ren-lac) lors de la remise du PLAC, ce 20 janvier 2004.
Ainsi, trois journalistes ont été distingués. Michel Zoungrana du journal L'Indépendant avec son article, Fraude des motocyclettes au Burkina Faso : l'empire mafieux de Fawaz Attié, a reçu le 1er prix constitué d'un trophée et d'un chèque d'une valeur de 250 000 f cfa. Le second prix est revenu à Joel Touré de L'Indépendant pour son article Nabil Bachour : un boulanger sème la terreur. Sa récompense : une enveloppe de 200 000 f cfa. Ibrahim Sakandé de Sidwaya pour Détournement de fonds à l'UCOBAM : la fin des haricots pour la coopérative légumière ? a reçu le troisième prix d'une valeur de 100 000 f cfa.
C'est la troisième année que le Plac prime des journalistes s'intéressant à des faits de corruption. Le PLAC est entre autres l'une des activités de la première édition des journées nationales de refus de la corruption, organisées du 20 au 22 janvier par Le Ren-Lac.
Pour son secrétaire permanent " la presse doit tremper sa plume, balader son micro partout ou le besoin d'information se fera sentir…[ se distinguer] dans la dénonciation et le dévoilement de faits avérés de corruption au Burkina. "
Pourtant, lors de la conférence de presse donnée par le Ren-lac le 13 janvier 2004, il est ressorti que les journalistes, quand bien même, dénoncent la corruption, se laissent également corrompre. C'est pourquoi un invité assistant à la remise au Plac a suggéré que l'intégrité des journalistes soit plutôt récompensée que leurs œuvres.
En dehors du phénomène de perdiem qui gangrène les médias, il y a l'existence de journalistes écrivant des articles " commandés ", autrement achetés. La presse est donc devenue un fonds de commerce pour des "hommes d'affaires de l'information" qui se font payer grassement par des hommes politiques ou des hommes d'affaires, soit pour améliorer leur image, soit pour attaquer des adversaires politiques...
La perception des per-diem par le journaliste viole ainsi le droit du public à des informations vraies. La dignité de la profession se trouve aussi bafouée. La tendance dominante est que les journalistes excellent dans les comptes rendus de séminaires, de colloques…
Amener les populations et les pouvoirs du Burkina à dire non à la corruption est l'un des objectifs des premières journées nationales de refus de la corruption car comme le dit le coordonnateur du Ren-lac, Luc Damiba : "il faut agir vite car le péril est permanent".
Ramata Soré

Arrestation de Norbert Tiendrébéogo
Le Bagne rassemble les Sankaristes

Après le commissaire du gouvernement, Abdoulaye Barry, c'est au tour du Front des forces sociales ( FFS ) de rencontrer la presse autour de la présumée tentative de putsch. Le FFS est donc de nouveau monté au créneau pour cette fois-ci exprimer sa déception et son inquiétude face à l'évolution du dossier.
La déception pour la simple raison que la demande de la mise en liberté provisoire de leur président, Norbert Tiendréobeogo, a été rejetée par la justice. Le parti marque son étonnement face à ce refus. Selon les conférenciers, "Norbert réunit suffisamment de garanties pour ne pas se dérober à l'institution judiciaire." Ces garanties seraient entre autres qu' " il ne peut pas abandonner sa famille, son emploi, son parti. " Autre gage de bonne foi, " si Norbert était vraiment un comploteur, il se serait sauvé dès le lendemain de l'annonce de la découverte du complot. "
L'inquiétude résulte, quant à elle, de l'état de santé du leader du FFS. Brice Yogo, 2è vice-président du parti, dément les propos du commissaire du gouvernement qui affirmait le 9 janvier dernier que les frais médicaux des détenus sont pris en charge par la justice. Pour preuve, il brandit les ordonnances entièrement supportées par la famille.
Par ailleurs, les camarades de Norbert ont fustigé l'attitude de l'employeur de leur leader, la Société génrale des banques du Burkina (SGBB) qui a suspendu le contrat de Norbert malgré les assurances qu'elle avait données au tout début de l'affaire. Brice et ses camarades voient en ce " revirement " une manigance du pouvoir qui n'aurait qu'un seul objectif : priver leur président de l'emploi même s'il venait à être innocenté par la justice. L'inculpation de son avocat obéirait au même objectif : "Me Farama pour avoir accepté défendre le bon, le juste et le vrai est aujourd'hui dans le collimateur du pouvoir qui cherche par tous les moyens à briser sa brillante et prometteuse carrière ".
Certains observateurs s'interrogent aujourd'hui si l'arrestation du président du FFS va enfin sonner l'union des Sankaristes ou tout au moins accélérer le processus de rapprochement des partis se réclamant de l'héritage de Thomas Sankara. Pour paraphraser un penseur occidental "c'est dans les difficultés que les grandes organisations se batissent." Cette réflexion ne serait-elle pas valable pour un mouvement comme le sankarisme, traversés par des courants aux intérêts souvent opposés ?

Merneptah


 

Mauvaises huiles sur le marché

Mauvaises huiles sur notre marché
La ligue des consommateurs du Burkina ( LCB) vient de publier une tribune où elle s'élève contre l'inaction du gouvernement face à la présence sur notre marché des huiles à consommation humaine de mauvaise qualité. Une enquête Post marketing qui a concernée 15 marques d'huile alimentaire a montré que 8 marques sur 15 sont non conformes à l'issue des tests en laboratoire. Pour ces marques, l'indice de peroxyde, qui permet de vérifier la cancéro généité de l'huile, est apparu très élevé dans les huiles incriminées. La LCB dénonce le gouvernement pour n'avoir pas communiqué ces résultats à la population et de n'avoir pas appliquer le principe de précaution qui s'impose en pareille circonstance. Seulement, la colère de la LCB est bien, mais elle n'est pas suffisante. Il lui fallu donner le nom des marques incriminées si les tests sont aussi probant qu'elle l'affirme dans sa tribune. Ne l'ayant pas fait, elle a plutôt fait grandir la psychose dans le pays. Quelle huile acheter pour la cuisine aujourd'hui au Burkina Faso ? Le consommateur n'est pas informé et la Ligue ne lui a pas rendu service en restant dans le flou.

NAB


Santé: un candidat contre le paludisme

Vingt mille enfants de moins de cinq ans. C'est le tribut que le paludisme prélève chaque année sur cette frange jeune de la population burkinabè. Face au drame, une équipe du Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme (CNRFP) est à pied d'œuvre depuis octobre 2003 pour la mise sur pied d'un candidat vaccin dénommé MSP3 (Merozoite Surface Protein). Les résultats de cette étude ont été présentés le 09 janvier dernier.
Même si elle n'est pas la première recherche sur le paludisme, l'expérience du CNRFP mérite d'être évoquée. Cependant, elle constitue la première étude du candidat vaccin MSP3 dans une zone d'endémie du paludisme et aussi, la première recherche où toutes les compétences impliquées sur le terrain sont entièrement nationales. Le MSP3 est une substance extraite du plasmodium falciparum (le parasite le plus virulent du paludisme). Il a été identifié par une équipe de l'Institut Pasteur de France dans le sang de sujets vivant en Afrique de l'Ouest. A l'heure actuelle, ce candidat vaccin est en phase expérimentale sur 30 volontaires bien portants mais naturellement exposés au paludisme, tous de sexe masculin. Cette phase porte le nom de B1.
Pour le docteur Sodiomon Bienvenu Sirima qui a dirigé les recherches : " Un candidat vaccin est un vaccin qui est encore au stade où il doit subir plusieurs tests à travers des études cliniques. Si le candidat vaccin franchit avec succès tous les tests, il obtient ainsi un " diplôme " qui, dans le jargon médical et pharmaceutique, est appelé Autorisation de Mise sur le Marché. " Dès cet instant, le vaccin peut être mis à la disposition du consommateur. En dépit des efforts de la coalition mondiale qui se bat pour la mise sur pied du vaccin antipaludique, le candidat vaccin du CNRFP ne pourra être administré au grand public avant 4 à 7 ans. Ce candidat devra d'abord passer avec succès les " examens " qui lui seront imposés. Le coût direct d'une telle recherche est d'environ trois cents millions. Il est financé par l'African Malaria Network Trust (AMANET). n

Souleymane Zaré


 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 25 Janvier 2004