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10
ans d'existence
Le RAJS/BF marque une pause pour mieux agir
Pour qui veut gagner le combat de demain, il est impératif
de marquer un arrêt et d'évaluer son parcours passé.
Conscient de cela, le Réseau africain jeunesse santé
et développement au Burkina Faso (RAJS/BF) a fait une halte
le 23 décembre 2011 pour évaluer les résultats
des 10 ans de son existence pour plus d'actions. Ce qui se justifie
à travers le thème : "le RAJS/BF, 10 ans d'existence,
bilan et perspectives ". Ainsi dit, le coordonnateur provincial
du Kadiogo, Daouda Djouma, a fait un bref exposé de cette
décennie. Pour lui, après 10 ans d'engagement, de
responsabilité et d'action en faveur de la jeunesse, c'est
une fierté de croire que le changement était possible
avec une jeunesse responsabilisée et combative. Le bilan
est ainsi jugé satisfaisant. Entre 2006 et 2010 c'est plus
d'une dizaine de projets qui ont été réalisés
au profit des jeunes. La période 2001-2005 a été
aussi forte en réalisations desquelles on retient l'appui
à 3224 jeunes rapatriés de la Côte d'Ivoire
et leur intégration dans les clubs, et le soutien alimentaire
à 750 familles de PV/VIH. Durant les 10 ans de vie, le
réseau note une évolution conséquente du
niveau des adhésions. De 40 associations à sa création
en 2001, le recensement de 2009 a indiqué 325 associations
membres.
Dans un souci de mettre les jeunes au centre de l'action et pour
plus d'efficacité et d'autonomisation de l'organisation,
le réseau a procédé à un réaménagement.
La mise en place d'un conseil d'administration nationale dont
le président (PCA) est Bagnomboué Bakiono et un
secrétariat exécutif national. " Les jeunes
doivent être au cur du changement parce qu'ils sont
le véhicule de tout développement durable. Nous
avons donc réorganisé notre entreprise sociale non
seulement pour qu'elle puisse avoir les premiers acteurs qui orientent
la vision de l'organisation mais également d'avoir des
jeunes comme acteurs de 1er plan dans les domaines de l'expertise,
de la représentivité et de la participation. C'est
cela qui nous a amenés à réorganiser la structure
pour avoir un conseil d'administration et un secrétaire
exécutif national qui permettra aux jeunes d'être
au cur de notre action". Le RAJS/BF reste convaincu
que " c'est dans l'action que nait l'espoir". Et pour
faire naitre cet espoir au niveau de la jeunesse, il s'est fixé
comme défis à relever au titre du quinquennat 2011-2015
les problèmes socio-économiques de sa population
cible. Il s'agit d'élargir des activités par la
promotion de l'insertion socio-économique des adolescents
et jeunes. D'améliorer l'accès des adolescents et
des jeunes aux services d'information, de conseils et d'orientation
par rapport à des opportunités et structures de
renforcement socio-économique. Ou encore, offrir l'appui
technique et assurer l'accompagnement des initiatives des jeunes
en entreprenariat. A la question de savoir si cela ne va pas désorienter
le RAJS/BF de son objectif premier, notamment les questions de
santé des adolescents et jeunes, M. Bakiono répond
par la négative. " Le jeune qui est dans une situation
socio-économique vulnérable n'utilise pas à
bon escient l'information sur la santé. Pour nous, c'est
de voir comment en résolvant les problèmes socio-économiques
des jeunes et en leur donnant l'information, ils ne tombent pas
dans le fatalisme : de toute façon pourquoi vivre si j'ai
des problèmes ", a-t-il expliqué. Cela se comprend
aisément par la vision du réseau qui veut que d'ici
2015, le RAJS/BF "uvre à l'émergence
d'une jeunesse saine, citoyenne, actrice de son propre développement
dans un environnement favorable aux préoccupations des
adolescents et des jeunes". C'est le 21 juillet 2001 que
la mise en uvre du RAJS/BF a été effective
au cours d'un atelier qui a regroupé 40 associations. Au
regard de sa croissance rapide, il est obligé d'étendre
ses actions. Ainsi, le Réseau africain des jeunes contre
le Sida au Burkina Faso devient le 09 avril 2006 Réseau
Africain Jeunesse Santé et Développement au Burkina
Faso. Aujourd'hui, un seul dogme nourrit l'action des Hommes regroupés
en son sein : "il ne s'agit pas de savoir ce que mon pays
a fait pour moi, mais c'est ce que j'ai fait pour mon pays"
Basidou KINDA (stagiaire)
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Un
Prof de français tente de se suicider au Ministère
Le 6 janvier dernier, un professeur de français
du lycée municipal de Dori a tenté de se suicider
devant le ministère de l'Enseignement secondaire et du
supérieur. Mathias B. Nikiéma a avalé plusieurs
comprimés, occasionnant une intoxication médicamenteuse.
Il est tombé dans le coma et c'est une ambulance qui l'a
évacué à l'hôpital Yalgado. Aux dernières
nouvelles, il est sorti de l'hôpital et a rejoint sa ville
natale Koudougou pour quelques jours de repos. Pourquoi en est-il
arrivé à cet acte affreux ? C'est une affaire de
séparation de couple. Le monsieur a été affecté
à Dori en 2010 tandis que sa femme enseigne dans une école
publique à Sabou dans le Centre-Ouest. C'est en 2OO6 qu'elle
a été affectée dans cette localité
pour se rapprocher de son mari qui enseignait à Toébaka/Thyou
dans la même province. Auparavant, elle servait à
Bani dans la province du Séno, chef-lieu Dori. Elle avait
eu le concours régional des enseignants et devait rester
en principe 10 ans dans la région du Sahel. Mais ne voulant
pas rester loin de son mari, elle a dû démissionner
pour le rejoindre dans le Centre-Ouest. Puis en février
2010, suite à un concours de recrutement des professeurs
issus du primaire, Mathias Nikiéma a été
affecté comme professeur de français au lycée
municipal de Dori à la rentrée 2010-2011. Sa femme
s'est opposée à cette affectation pour des raisons
de "séparation de couple". Le professeur va néanmoins
rejoindre Dori avec la promesse de son ministre de l'époque
(Paré) d'examiner favorablement sa situation à la
rentrée scolaire 2011-2012. Mais la crise est passée
par là et Paré est parti avec le gouvernement de
Tertius Zongo. Sa femme a tenté le suicide le 25 septembre
dernier à Koudougou. Voici ce qu'elle a écrit avant
sa tentative : "J'ai choisi de mettre fin à mes jours
par la voie de l'intoxication pour enfin me reposer de toutes
mes souffrances. Je regrette d'avoir existé dans un monde
où les supérieurs font tout à leur guise
sans pour autant accorder le moindre temps d'écoute aux
problèmes qui, le plus souvent, sont liés à
la survie de leurs agents. Toi mon mari, je ne t'en veux pas.
C'est ton ministère qui nous a séparés, qui
t'a mis dans cette solitude. Etant homme, tu l'as donc supporté
difficilement si bien que des voleuses de maris se sont infiltrées."
En effet, elle avait vu un message d'une femme, également
professeur à Dori, qui se plaignait de l'absence prolongée
de son "chéri". "Depuis que tu es parti
à Koudougou, je ne dors plus ; tu me manques beaucoup.",
disait le message. En octobre dernier, le monsieur a relancé
le nouveau ministre, mais il a reçu une réponse
sèche : pas question de rejoindre sa femme dans le Centre-Ouest.
Pour le ministre, le professeur doit choisir entre rester à
Dori et retourner à l'enseignement du primaire avec en
sus un rabaissement de sa catégorie de A à B. La
semaine dernière, il est de nouveau revenu à la
charge pour négocier avec Albert Ouédraogo. Le ministre
était absent. Par désespoir de cause, il a tenté
de mettre fin à ses jours. Il ne supporte plus de voir
sa femme souffrir. Elle a perdu beaucoup de poids en quelques
mois (de 67 à 48kg). Ils ont deux enfants. Certes, ils
ne sont pas les seuls à subir une telle situation de séparation
de couple. La Fonction publique en regorge. Mais est-ce pour autant
qu'on ne doit pas se pencher sur leur sort ?
Idrissa Barry
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3
janvier 1966
Un soulèvement populaire et voilà
l'armée au pouvoir !
Le 3 janvier 1966. Cette date reste une marque déposée
et une référence dans l'histoire politique du Burkina.
Maurice Yaméogo alors président de la République
est renversé pour des raisons de mal gouvernance, à
la limite de dérives dictatoriales. Le 28 décembre
1965, il publie son budget d'austérité avec une
réduction de salaires de 20% et l'allocation familiale
de 1500 frcs CFA à 700 frcs CFA. Les centrales syndicales,
soutenues par certains partis clandestins, ont mobilisé
toutes les couches sociales et dont l'effet a mis fin au régime
dit "dictatorial" de Maurice Yaméogo. C'est dire
que la date du 03 janvier 1966 a mis fin à la 1re République.
Un souhait effectif des populations manifestantes: "l'armée
au pouvoir ! Vive l'armée !", scandait ainsi la foule
à la suite d'un certain Baba Sidiki Kontogomdé.
La foule étant "un phénomène passionnel,
instinctif et dangereux car incontrôlable", pour citer
le Français Gabriel Tarde, elle a échappé
au contrôle des meneurs de la manifestation, notamment les
syndicats. Tolé Sagnon, président du mois (janvier
2012) de l'intersyndical et Secrétaire Général
du CGTB (Confédération nationale des travailleurs
du Burkina) justifie cela par les limites des syndicats à
l'époque : "le syndicat a des limites liées
à sa capacité d'organisation de masse". La
masse étant celle-là (défaut de savoir) qui
a crié "A bas Maurice, l'armée au pouvoir !"
Au regard de leur appel à l'armée, dans la même
nuit du 3 janvier 1966, le président Yaméogo s'adresse
pour la dernière fois à la nation, à travers
la radio et à la télévision, pour annoncer
sa démission et la remise du pouvoir à l'armée.
C'est depuis lors que l'armée est au pouvoir, selon certains
témoins de cette date historique. Les manifestants avaient
pour slogan : "Du pain - de l'eau - de la démocratie".
Ils pensaient (par ignorance ?) que l'armée pouvait ainsi
répondre à ces besoins. Cela semble être une
erreur monumentale. En effet, selon Tolé Sagnon, le lieutenant-colonel
Lamizana devenu de fait, président de la république,
ne s'est pas démarqué de son prédécesseur.
Pour preuve, il mit en uvre un programme d'austérité
économique. La déception se fait sentir à
travers une grève générale des syndicats.
Et ça ne s'arrête pas là. Durant 46 ans, le
Burkina a été et est dirigé par des militaires
élus démocratiquement ou non. "L'armée
étant née de la politique, l'armée fera la
politique à son compte", fait comprendre le Pr Basile
Guissou. Et pendant tout ce temps, les populations en général
et les centrales syndicales en particulier semblent ne pas trouver
le salut de l'âme. L'arrivée aux affaires par un
coup d'Etat du colonel Saye Zerbo en est un exemple. Si au temps
de Lamizana, les syndicats pouvaient manifester pour réclamer
de meilleures conditions de vie et de travail, ce n'était
pas le cas avec Zerbo.
En effet, ce dernier a, le 1er novembre 1981, suspendu le droit
de grève. Cela s'est concrétisé par la dissolution
de la Confédération syndicale voltaïque (CSV)
; un mandat d'arrêt est lancé contre son Secrétaire
général, Soumane Touré. Un geste qui s'est
poursuivi sous la révolution avec le licenciement de plus
de mille (1000) enseignants grévistes en mars 1984.
Aujourd'hui, sous la 4e République, le peuple tire toujours
le diable par la queue et la démocratie reste formelle.
A titre d'exemple, il est cité la vie chère qui
a fait naitre la Coalition contre la vie chère (CCVC) en
2008. Les négociations entre gouvernement et syndicats
donnent toujours des résultats qui ne satisfont pas le
panier de la ménagère burkinabè. Le 3 janvier
2012, ils se sont retrouvés à la Bourse du travail
de Ouagadougou pour commémorer le 46e anniversaire de ce
qu'ils qualifient d'"acte de bravoure du peuple contre les
dérives autoritaires". La journée était
placée sous le thème : "Le soulèvement
populaire du 3 janvier 1966 sous la conduite des syndicats: quelles
leçons à retenir dans sa 46e année?".
Un thème choisi pour ainsi tirer des enseignements. Les
syndicats comptent poursuivre, en 2012, les négociations
avec le gouvernement sur les points non satisfaits de leur plate
forme revendicative.
Basidou KINDA (stagiaire)
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Les
monuments de Simon
Etes-vous déjà passé par l'avenue longeant
la Mairie centrale ? Avez-vous déjà vu les
monuments dédiés aux cinéastes ? Les
aimez-vous ? Moi, pas. Je les trouve laids, horribles, hideux,
monstrueux. La première fois que j'ai vu le premier
monument, celui de Sembène Ousmane, n'eut été
son incomparable pipe, je n'aurais jamais su que c'était
lui. Je ne l'ai pas reconnu. Puis les deux autres se sont
ajoutés. Je n'ai pas reconnu non plus ceux qu'ils
représentaient, à savoir Idrissa Ouédraogo
et Gaston Kaboré. Quand on veut faire honneur à
quelqu'un, on lui offre quelque chose de beau, de marquant
que cette personne serait fière de montrer à
tout le monde. Mais ces cadeaux hideux ? Les artistes représentés
en sont-ils fiers ? Ne sont-ils pas gênés de
se voir ainsi ?
Pour Sembène, c'est sûr, il ne se lèvera
pas de sa tombe pour venir contempler ce qui n'est pas lui.
Même si je pense qu'avec son humour sans faille, il
doit rire de là où il est et à se demander
: "Mais qu'ai-je bien pu faire à mes frères
burkinabè pour qu'ils me caricaturent ainsi ?"
On a voulu rendre hommage à ces talentueux cinéastes.
Très belle initiative, louable, voire à encourager
car en Afrique, on oublie trop souvent nos créateurs
considérés comme des paresseux, des bons à
rien, n'ayant pas un ''vrai travail'', de véritables
parias en somme. Mais ceux qui ont conçu ce projet,
l'artiste qui l'a exécuté sont-ils satisfaits
du résultat final ? N'aurait-on pas pu penser à
quelque chose de plus raffiné, de plus beau, de plus
artistique ? Ces mastodontes font peur. Moi, en tout cas,
ils m'effraient. On dirait des monstres des légendes
antiques. L'artiste, maître d'uvre de cet ouvrage
est sans doute très talentueux. Je n'ai pas pu savoir
qui c'était puisque aucune plaque indicative n'en
donne les détails. Les concepteurs n'ont pas jugé
bon de le mentionner, estimant sans doute que tout le monde
connait ces cinéastes. Et les étrangers qui
viennent en visite ? A-t-on pensé à eux ?
A-t-on pensé que des touristes passeraient par là
sans jamais savoir qui était représenté
? C'est ce qu'on appelle des cadeaux encombrants. Ma première
pensée est allée vers ces cinéastes.
Je me suis demandé comment ils ont réagi (du
moins les vivants) la première fois qu'on leur a
dévoilé ces géants monstrueux. Vouloir
faire plaisir à quelqu'un et le mécontenter
en fin de compte, voilà qui est bien triste et dommage.
Mais peut-être qu'après tout, c'est moi qui
vois mal. Myope depuis l'âge de 15 ans, je suis devenue
aussi presbyte à 40 ans avec des problèmes
d'angle, c'est-à-dire que par exemple, je ne vois
pas bien la route de façon droite comme tout le monde
quand je suis dans une voiture et souvent, sur une autoroute
à plusieurs voies, je ne vois pas celle sur laquelle
je roule, ce qui explique que je sois interdite de conduite
automobile, mon médecin estimant que je suis un vrai
danger public. Rires. Cela n'engage que lui. Ainsi, myope
depuis 29 ans, presbyte depuis 40 ans, je ne suis donc pas
une bonne référence pour juger de ce que j'ai
vu sur cette avenue de la Mairie centrale. So, dont' act,
please.
Angèle Bassolé-Ouédraogo
Ecrivaine et éditrice
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