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Crimes
économiques et financiers
Des journalistes formés aux techniques
d'investigation
La contribution du journalisme d'investigation ou d'enquête
dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement
du terrorisme. C'est autour de cette problématique que
se sont retrouvés une vingtaine de journalistes francophones
et lusophones de la sous-région les 3 et 4 août derniers
à Abidjan. Organisé par le GIABA, le séminaire
a abordé divers thèmes allant des infractions sous
jacentes à la méthodologie et aux techniques d'investigation
en passant par le cadre déontologique et le secret professionnel
dans les enquêtes sur le blanchiment d'argent et le financement
du terrorisme. Institution spécialisée de la CEDEAO
dans la lutte contre les crimes économiques et financiers,
le GIABA a pour mandat de protéger les économies
des Etats membres et l'intégrité des systèmes
financiers contre les méfaits du blanchiment d'argent d'origine
criminelle.
La lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du
terrorisme est juridiquement organisée à travers
des instruments sur la prévention, la détection
et la répression de ces phénomènes. Au niveau
international, on retiendra en particulier les différentes
conventions des Nations Unies telles que la Convention dite de
Vienne adoptée le 19 décembre 1988 contre le trafic
de drogue et des substances psychotropes. Elle criminalise le
blanchiment des capitaux, confisque les avoirs des trafiquants
de drogue et organise la coopération internationale et
l'extradition des coupables. On peut aussi citer la convention
de Palerme du 25 décembre 2000 contre la criminalité
transnationale organisée, la convention de Mérida
du 31 octobre 2003 contre la corruption et la convention de New-York
du 9 décembre 1999 contre le financement du terrorisme.
A côté des conventions, il y a les résolutions
du Conseil de sécurité, notamment la résolution
1373 qui enjoint les Etats à prévenir et à
réprimer le financement d'actes terroristes, à ériger
en infraction la fourniture ou la collecte délibérée
par leurs nationaux ou sur leur territoire par quelque moyen que
ce soit, directement ou indirectement, de fonds que l'on prévoit
utiliser ou dont on sait qu'ils seront utilisés pour perpétrer
des actes terroristes, à geler sans attendre, les fonds
ou avoirs financiers des personnes qui commettent ou tentent de
commettre des actes terroristes. Enfin mentionnons au titre du
dispositif international, les 40 recommandations du GAFI sur le
blanchiment d'argent auxquelles s'ajoutent 9 autres recommandations
adoptées suite à l'élargissement de son mandat
à la lutte contre le terrorisme.
A la manière du GAFI au plan international, il existe dans
chaque région du monde une mobilisation contre les deux
fléaux. C'est le cas dans la région ouest africaine
avec le Groupe Intergouvernemental d'action contre le Blanchiment
d'Argent, en abrégé GIABA.
L'action régionale du GIABA
Le GIABA n'est pas impliqué dans la lutte directe contre
le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Il apporte
cependant une assistance aux Etats (assistance juridique, évaluation
des Etats, élaborations d'études typologiques, assistance
aux cellules nationales de renseignement financier (CRF), formation
des membres des cellules nationales de traitement de l'information
financière (CENTIF). De la même manière, formation
et sensibilisation sont organisées en direction des "
assujetis " que sont les banques, assurances, cabinets de
notaires et assureurs. Conscient que le blanchiment d'argent et
le financement du terrorisme ont des implications sociales, le
GIABA s'investit dans la sensibilisation de la communauté
à travers conférences-débats, points de presse.
C'est dans ce cadre, qu'il faut situer le rôle des médias
dans la sensibilisation des différentes composantes de
la communauté nationale. La rencontre d'Abidjan entrait
donc dans la stratégie du GIABA de renforcer les capacités
des journalistes d'investigation spécialisés dans
la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.
Le journalisme d'investigation est en effet le genre le plus adapté
aux enquêtes difficiles comme le sont celles liées
au blanchiment d'argent. Il s'agit en effet d'activités
souterraines qui exigent des journalistes, patience, perspicacité
et détermination. Ce sont là certes des qualités
essentielles mais elles ne peuvent suffire à elles seules
sans la formation technique indispensable. A Abidjan, les modules
de formation visaient à combler cette préoccupation.
Mais il n'est pas donné à n'importe qui d'être
journaliste d'investigation. Il faut du courage, de l'engagement
et de la vertu. C'est un milieu de corruption, par conséquent
très difficile pour une profession qui se paupérise.
L'argent exerce en effet une forte attraction pour des journalistes
démunis. Et ce n'est pas tout. Il y a aussi dans le journalisme
d'investigation, un risque sécuritaire élevé.
De nombreux journalistes l'ont payé de leur vie. Malgré
tout, l'investigation est un genre qui mérite d'être
encouragé. Il en va de la survie même de nos sociétés.
Pendant deux jours, Abidjan a été le cadre d'échanges
entre journalistes francophones et lusophones de notre sous-région
sur leurs expériences dans le métier. L'événement
a été rehaussé par la présence de
M. Emmanuel Ahoutou Koffi, directeur de cabinet du ministre de
l'Economie et des Finances de Côte d'Ivoire. Selon le Dr.
Abdullahi Shehu de nationalité nigériane et directeur
du GIABA également présent à la cérémonie
d'ouverture, " l'efficacité des médias dépend
de l'accès aux informations et de la liberté d'expression,
mais aussi de l'environnement professionnel et éthique
des journalistes d'investigation ". Un défi que nos
Etats se doivent de relever n
Germain B. Nama
Clubs
Unesco
Pour une approche participative
Bon nombre de personnes savent qu'ils ont des droits mais leur
identification demeure pour beaucoup la croix et la bannière.
Les efforts du ministère des Droits humains dans la vulgarisation
des droits que les individus sont en devoir de connaître
se sont étendus cette fois-ci aux leaders des clubs Unesco
du Burkina. Une rencontre de formation d'une vingtaine de personnes
s'est tenue les 2 et 3 août dernier dans la salle de conférence
des clubs Unesco à Ouagadougou. En rappel, une Session
sous régionale de formation aux droits humains (SRFDH)
a eu lieu du 14 au 26 février 2010 à Ouagadougou.
A cette session, il a été recommandé que
les bénéficiaires mettent en uvre un plan
individuel de formation pour la vulgarisation des droits. Durant
les deux jours de formation, les participants ont eu droitys à
plusieurs communications, toutes mettant l'accent sur la méthode
participative dans la promotion des droits humains. A la suite
de ces présentations, les participants ont élaboré
des principes en vue de vulgariser les droits de l'homme dans
les clubs Unesco
Michaël Pacodi
pacomik@yahoo.fr
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Média
Enfin une télé qui ose !
Dans
le studio du journal Télévisé
"La télé qui ose ! ". C'est le slogan
du nouveau né du paysage audiovisuel burkinabè.
BF1 émettant en test de 08H à 02H depuis le 24 février
2010 a procédé le 18 août au démarrage
officiel de ses activités. C'était au cours d'une
cérémonie à laquelle on notait la présence
d'autorités politiques dont le ministre de la Communication,
la vice-présidente du Conseil Supérieur de la Communication,
une vice-présidente de l'Assemblée nationale et
surtout de nombreux confrères. Elle a permis aux promoteurs
de la chaîne de présenter le nouveau média.
Située à Ouaga 2000 au premier angle du croisement
de l'Avenue Pascal Zagré et du Boulevard Mouamar Khadafi,
BF1 émet en UHF sur la fréquence 575 25 MHz. La
télévision BF1 qui siège dans un immeuble
moderne de deux niveaux comprend : deux studios dont un studio
de 42 m? pour le journal télévisé et un studio
de production de 110 m ?, deux régies, une station montage
news, deux stations montage habillage, une salle de diffusion
et une salle émetteur. Le pylône de la télé
a une hauteur de 70m. La télévision est un produit
de Global Communication, une société anonyme au
capital de cent millions de franc CFA créée le 14
janvier 2010 avec un conseil d'administration présidé
par Laciné Diawara. Le directeur général
de la télé est Léopold Kohoun. Le médium
se définit dans sa ligne éditoriale comme "une
télévision généraliste qui ouvrira
aux téléspectateurs une nouvelle vision de la télé",
a dit son directeur général. Entre divertissements
et informations, BF1 "propose une place de choix aux téléspectateurs
pour qu'ils puissent interagir.". Selon le PCA de la société.
"BF1 se propose de soumettre à l'appréciation
des téléspectateurs, quelque chose d'innovant, d'attrayant,
ce qu'il y a de mieux, en s'appuyant sur la riche expérience
de ses devanciers.". Pour le ministre de la Communication,
c'est plutôt une joie de voir la famille s'agrandir avec
en prime, la diversité du paysage audiovisuel. Tout en
souhaitant bon vent à notre confrère, osons espérer
qu'il osera oser n
Boukari Ouoba
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Dimension
sociale
Halte aux assassinats des défenseurs des Droits humains
Dimension sociale est une organisation non gouvernementale (ONG)
des droits humains basée au Bénin. Elle a des antennes
dans 15 pays d'Afrique de l'ouest et du centre. Un forum vient
de se tenir à Ouagadougou à son initiative du 10
au 13 août dernier. L'objectif de cette rencontre vise une
synergie d'actions pour la professionnalisation et la protection
des défenseurs des Droits humains en Afrique. Le rendez-vous
de la capitale burkinabè a eu lieu après la tenue
d'une session régionale à Cotonou en juillet 2009.
A Ouagadougou, les participants se sont penchés sur les
mécanismes à mettre en place pour la protection
des défenseurs des droits humains. Cette préoccupation
vient à point nommé parce qu'en République
démocratique du Congo (RDC) le 1er juin dernier, Floribert
Chebeya, un responsable d'une structure des droits humains a été
assassiné. La nuit du 24 au 25 juin, le journaliste d'investigation
Jean Léonard Chérif Rugambage a lui aussi été
assassiné au Rwanda. On peut rappeler opportunément
l'assassinat en 1998 du directeur fondateur de l'hebdomadaire
L'Indépendant au Burkina. Face à des situations
de menace dans l'exercice de leurs fonctions, Dimension sociale
prévoit des dispositions de protection de tous (activistes
des droits humains, journalistes). Elle envisage notamment de
les exfiltrer vers des pays tiers où il y a suffisamment
de stabilité en matière de respect des Droits de
l'homme. Félix Ahouansou, Président de Dimension
sociale Bénin pense que son pays peut offrir gîtes
et couverts aux défenseurs des droits humains victimes
des exactions compte tenu de sa relative stabilité. Malgré
ces difficultés que connaissent ces catégories de
personnes, Ahouansou se veut rassurant quant à l'évolution
des droits humains en Afrique. La preuve pour lui, c'est l'adoption
par l'Union Africaine du nouveau protocole créant la Cour
de Justice et des Droits de l'homme. Cette Cour comprendra deux
Chambres. L'une s'occupera des questions générales
et l'autre des Droits humains. Le pari serait que la Cour admette
la saisine individuelle ou d'ONG. Un pays comme le Burkina est
favorable aux requêtes individuelles.
Il a par ailleurs ratifié le protocole y relatif. Dimension
sociale exhorte les pays qui ont ratifié le protocole et
qui acceptent la requête des individus et des ONG à
faire du lobbying pour que les autres pays qui traînent
le pas y adhèrent. Il demande par ailleurs l'ouverture
d'une enquête internationale sur l'assassinat de Floribert
Chebeya n
Merneptah Noufou Zougmoré
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FESCUAO
Une tribune pour l'intégration
Connu
sous le nom de Festival culturel des Clubs Unesco universitaires
de l'Afrique de l'Ouest, Le FESCUAO, né au lendemain
du camp International de reboisement de Ziniaré en
1987 s'appelle désormais Festival Scientifique et
culturel des Clubs Unesco de l'Afrique de l'Ouest. Cette
nouvelle dénomination a été adoptée
au cours d'un séminaire sous régional de formation
sous le thème : "renforcer la participation
des étudiants au processus d'intégration sous
régional" tenu à Ouagadougou du 16 au
18 août 2010. Une cinquantaine de jeunes leaders des
clubs Unesco venus du Mali, du Bénin, du Togo, de
la Côte d'Ivoire, du Niger et du Burkina se sont retrouvés
à l'espace Gambidi sur invitation du Secrétaire
Général du FESCUAO, Toussaint Bassané.
L'objectif de ce séminaire est de faire du festival
un outil majeur de mobilisation et de fédération
de la jeunesse ouest africaine.
Le Professeur Albert Ouédraogo, vice président
chargé de la professionnalisation et des relations
universités-entreprises représentant le parrain
le Pr. Jean Couldiati a exhorté les séminaristes
au dépassement de la citoyenneté nationale
en vue de construire une citoyenneté sous régionale.
Selon lui, la tolérance, l'acceptation de l'autre
doivent être l'hymne des jeunes leaders des clubs
Unesco surtout qu'elles répondent aux idéaux
de cette organisation.
M. Saba Michel, commissaire chargé de l'administration
de la Fédération Burkinabè des Associations
et Clubs Unesco (FBACU) a dans son intervention placé
ce festival sous la consolidation des acquis. Il a invité
les jeunes à affronter l'avenir avec sérénité
en ayant pour mission de faire rayonner les idéaux
de l'Unesco. L'ensemble des festivaliers a reconnu la nécessité
de travailler à la formation et à l'éducation
aux valeurs de l'intégration, à la création
d'un cadre de concertation avec les anciens leaders du FESCUAO
en vue d'une synergie d'action. Unanimement, ils ont reconnu
le premier rôle que doit jouer le secrétariat
Général du FESCUAO et recommandé le
renforcement de son pouvoir d'action. D'où le recours
à l'UEMOA comme partenaire de ce séminaire,
le festival étant vu comme un outil d'intégration.
Toussaint Bassané à la cérémonie
de clôture a exposé les difficultés
rencontrées et exhorté les partenaires à
mettre à leur disposition des moyens matériels,
financiers et techniques pour leur participation effective
à la 11e édition du FESCUAO qui se déroulera
dans le deuxième trimestre de l'année 2011
au Mali.
Michaël Pacodi
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