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Femmes
et alphabétisation
Alphabétiser pour rentabiliser
Femme, alphabétisation et éducation non formelle,
c'est le thème autour duquel le Burkina a commémoré
la 153ème Journée internationale de la femme. Le
thème n'est pas nouveau dans l'environnement de notre pays
où on dénombre plus de cinq millions d'analphabètes.
Le gouvernement qui semble avoir pris la mesure de la situation
a créé depuis 2002, un fond national de l'alphabétisation
qui a entre autres objectifs, l'appui au renforcement des capacités
des opérateurs en Alphabétisation et éducation
non formelle (AENF). Ces opérateurs sont des associations,
des centaines, au nombre desquels, l'Association burkinabè
pour la promotion de la jeune fille (ABPJF).
Créée en 1998 avec comme principale activité
la production de beurre de karité, du savon et de produits
cosmétiques, l'ABPJF allait ajouter une autre corde à
son arc. Après seulement deux ans d'existence, l'alphabétisation
de ses membres était apparue comme indispensable aux succès
des activités de l'association. L'année 2000 marque
un nouveau repère dans la vie de l'association avec l'introduction
de cette nouvelle activité. "98% des productrices
étaient analphabètes, il fallait un minimum d'instruction
et de connaissances" pour rentabiliser le travail de l'amende
de karité, explique la coordonnatrice de l'association,
Asséta Nikiéma. Il était important que les
femmes sachent calculer les coûts de production de leurs
articles, leurs marges bénéficiaires et "savoir
quelle quantité d'amende pour quelle quantité de
beurre à produire". En dix ans d'alphabétisation,
la coordonnatrice se réjouit des progrès enregistrés
"depuis qu'elles ont commencé l'alphabétisation,
il y a eu une nette rentabilité de la production".
Avec les résultats obtenus, l'offre d'alphabétisation
s'est accru et l'ABPJF compte aujourd'hui vingt centres d'alphabétisation.
Suivant les trois niveaux d'alphabétisation, les vingt
centres se repartissent en huit centres d'alphabétisation
initiale (AI), dix centres de formation complémentaire
de base (FCB) et deux centres d'alphabétisation et français
fondamental et fonctionnel (AFFF). Aux niveaux I (AI) et II (FCB),
l'alphabétisation se fait uniquement dans la langue des
apprenants. C'est à partir du niveau III (A3F) que le français
est introduit progressivement pour les trois dernières
années d'alphabétisation, le niveau A3F étant
échelonné sur trois ans. Au terme de la troisième
année de l'A3F, l'apprenant lit bien le manuel "Mamadou
et Binéta lisent et écrivent couramment". Cependant,
ce n'est pas aussi facile que cela. Dans l'année, il y
a beaucoup de déperdition selon Bazombié Bayala,
chargé de la qualité de l'alphabétisation
au FONAENF. Taïbatou Soré, l'animatrice maîtresse
des centres d'alphabétisation de l'ABPJF confirme ces déperditions.
Selon elle, les abandons se justifient par le fait que la plupart
des apprenants sont des mères ou des chefs de familles
préoccupés au quotidien à nourrir leurs familles.
Les centres de l'ABPJF sont ouverts aux hommes comme aux femmes,
membres ou non de l'association. Les apprenants de chaque centre
décident, en fonction de leur disponibilité, des
moments de classes qui peuvent être le matin, le soir ou
même la nuit. La formation dure deux mois seulement dans
l'année pour les niveaux AI et FCB et cinq mois pour les
niveaux A3F. Les séances de cours durent six heures par
jour. Ce temps qui est fixé par les autorités en
charge de l'alpha est très insuffisant, estime Taïbatou.
Les adultes sont moins réceptives et apprennent difficilement,
justifie-t-elle. C'est pourquoi, elle souhaite une augmentation
du temps d'apprentissage pour donner un niveau plus acceptable
aux apprenants. Chaque année, un certificat est délivré
aux apprenants par la DPEBA sauf pour le niveau AI où le
diplôme n'est plus délivré. Environs six cent
hommes et femmes apprennent dans les centres d'alphabétisation
de l'ABPJF à raison de trente apprenants par centre. Les
femmes sont les plus nombreuses, les hommes ne dépassent
pas généralement sept sur les effectifs de trente.
A l'occasion du 8 Mars, l'association avait suspendu ses activités
pour préparer la Journée de la femme. Les femmes
de l'association se sont "envolées" le 7 mars
pour Koudougou où elles ont pris part à la célébration
nationale. A l'occasion, l'ABPJF a reçu une distinction.
Boukari Ouoba
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Lutte
contre l'excision
La Journée internationale de la femme
a été un tournant décisif
Les Mutilations génitales féminines (MGF) sont considérées
comme une des pires formes de violence exercée sur les
femmes. En 1995, l'OMS estimait à deux millions les fillettes
menacées chaque année de subir une forme ou une
autre de MGF. L'environnement institutionnel politique et les
programmes de lutte contre la pratique ont permis de réduire
sensiblement le taux de sa prévalence dans les 28 pays
africains où les MGF sont pratiquées. Au Burkina,
l'excision touche presque toutes les ethnies et est pratiquée
sur l'ensemble du territoire avec tout de même une disparité
selon les localités. La lutte contre les MFG au Burkina
a une histoire. Elle remonte à l'époque coloniale
où dans les années 1900, les missionnaires catholiques
ont tenté de mettre fin à la pratique par son interdiction
aux fidèles chrétiens sous peine de se voir excommunier.
Il eut beaucoup de réticence et le petit groupe de filles
qui avait pu échapper à l'excision a été
confronté plus tard au problème de trouver un mari.
Certaines d'entres elles ont dû être excisées
juste avant leur mariage. En 1960, la 1ère République
de Haute Volta a tenté d'interdire la pratique, mais s'est
retrouvée confrontée à une farouche résistance
des dignitaires du régime et de la chefferie traditionnelle.
Le tournant décisif dans la lutte contre l'excision en
Haute Volta est venu de la célébration en 1975 de
la Journée internationale de la femme. Un fait majeur a
été la toute première annonce dans la Presse
(radio) d'informations tendant à discréditer la
pratique de l'excision. Le 20 décembre 1983, le Président
Thomas Sankara s'adressant à organisme de lutte contre
la pratique déclarait : "je puis vous assurer que
je m'adresserai aux Voltaïques dans ce sens, et tant mieux
si la voix d'un Voltaïque, la mienne, peut aller au delà
des frontières. Parce que nous estimons que c'est un combat
juste". Des séminaires et de grandes rencontres se
sont multipliés pour aboutir à la création
par décret présidentiel, le 18 mai 1990, du Comité
national de lutte contre la pratique de l'excision (CNLPE). En
1996, à la faveur de la relecture du code pénal,
le Burkina a adopté la loi réprimant l'excision.
A propos, l'article 380 stipule "Est puni d'un emprisonnement
de 6 mois à 3 ans et d'une amende de 150.000 à 90.000
francs ou de l'une de ces peines seulement, quiconque porte ou
tente de porter atteinte à l'intégrité de
l'organe génital de la femme par ablation totale, par infibulation,
par insensibilisation, ou par tout autre moyen.
Si la mort en est résulté, la peine est un emprisonnement
de 5 à 10 ans.".
Boukari Ouoba
Eglise
45 laïcs décrochent leur parchemin en théologie
Conformément aux recommandations du Concile Vatican II,
l'Eglise Catholique veut voir les laïcs jouer un rôle
de plus en plus actif dans le domaine de l'Evangélisation.
Pour ce faire, il est important qu'ils soient conséquemment
outillés sur les différents aspects de la connaissance
de Dieu et de la religion. C'est dans cette perspective que les
évêques du Burkina Faso ont décidé
de la création de l'Ecole de Formation Théologique
des Laïcs, en 2004. Les enseignements sont assurés
par des universitaires et plusieurs modules sont abordés
: christologie, islamologie, protestantisme, connaissance des
sectes, sociologie, philosophie, histoire, crise financière
internationale
Les frais annuels de scolarité s'élèvent
à 20 000 FCFA pour les étudiants et à 30
000 FCFA pour les travailleurs. Les premiers diplômés
de cet institut sis au Centre National Cardinal Paul Zoungrana
ont reçu leur parchemin le 15 février 2009. Ils
sont au nombre de 45. Il a fallu 03 ans aux uns pour décrocher
le Diplôme de Formation Théologique des Laïcs
(DFTL) et 06 ans aux autres pour être nantis du Certificat
d'Aptitude Pastorale (CAP). La sortie de promotion était
placée sous le haut patronage de Mgr Séraphin François
Rouamba, Archevêque de Koupéla, Président
de la Conférence Episcopale Burkina-Niger, en présence
de Mgr Philippe Ouédraogo, Archevêque de Ouagadougou,
et de Mgr Jean-Marie Untaani Compaoré, Archevêque
émérite. Le pari n'était pas gagné
d'avance. Il a fallu beaucoup d'entregent au directeur de l'Ecole,
l'Abbé Bernard Désiré Yanogo pour parvenir
à de tels résultats en quelques années d'existence.
La qualité de son travail a été unanimement
saluée par les plus hauts responsables de l'Eglise. Le
parrain de la toute première promotion, Mgr Jean-Marie
a exhorté ses filleuls à être sel et lumière
du monde. Dans la même logique, Mgr Philippe et Mgr Séraphin
ont appelé les nouveaux diplômés à
uvrer inlassablement pour l'enracinement de l'Eglise et
pour le progrès de l'ensemble de la société.
Arsène Flavien Bationo
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Gaoua
Des prêtres accusés de pédophilie
Une affaire de viol secoue encore l'église catholique
du Sud-Ouest. Après le prêtre de Diebougou
qui croupit aujourd'hui en prison pour viol, ce sont des
prêtres de Gaoua qui sont accusés de viol sur
mineure. Depuis juin 2009, Sieur Kindo a saisi le procureur
pour abus sexuel et détournement de mineure sur sa
fille de 09 ans de la classe de CE2. La petite aurait été
abusée en compagnie de ses 09 camarades depuis janvier
2009. C'est le comportement de la fille et les nombreux
problèmes de santé qui ont soulevé
des doutes chez les parents. Les ravisseurs prenaient leurs
appâts à17 h, après les cours. Un examen
médical et interrogatoire ont confirmé que
la fille a été victime de viol.
Le certificat médical témoigne qu'il s'agit
bel et bien d'un viol. Le Gynécologue du centre hospitalier
régional de Gaoua qui a examiné l'enfant affirme
que " les examens cliniques notent au niveau de la
région anal une fissure profonde
en genou pectoral
et de deux autres petites fissures témoignant d'un
rapport anal que l'enfant aurait eu avec une grande personne
". Le Juge d'instruction a déjà inculpé
un des prêtres.
Selon les parents de la petite fille, il ne s'agit pas d'un
seul prêtre mais de trois. Le procureur qui dénonce
le comportement du père affirme pour sa part que
l'accusé principal n'a pas été inculpé.
Le juge d'instruction qui a mené ses enquêtes
a plutôt inculpé un de ses collègues.
Dans cette affaire qui remonte en avril 2009, le procureur
et le père de la petite ne se comprennent pas. Ce
dernier accuse le procureur de partie pris. Pour un acte
aussi grave, il ne comprend pas la lenteur depuis sa plainte
auprès du procureur de Gaoua. Il affirme qu'il a
été baladé entre le procureur et la
gendarmerie, aucun des deux n'a voulu trouvé une
solution à son problème. Il croit que le procureur
a usé de son influence et de sa mauvaise foi pour
enterrer la plainte. Des allégations que le procureur
réfute.
La vérité sur cette affaire de pédophilie
a divisé le procureur et le président du tribunal.
Chacun dénonce le comportement de son collègue.
Le rôle du procureur c'est d'ouvrir une enquête
lorsqu'il est saisi d'une plainte. Ce que le procureur n'aurait
pas fait, affirme le plaignant et certaines personnes. Il
a déclaré pour sa part qu'il avait diligenté
une enquête qui consistait à prendre les bourreaux
la main dans le sac. Et pour montrer sa bonne volonté,
il ne s'est jamais opposé à la démarche
du père de la victime qui a saisi le juge d'instruction.
Ce qui a abouti à l'inculpation d'un des prêtes.
"D'ailleurs, il y a un prêtre qui a enceinté
une fille et qui a été jugé et condamné
en prison", affirme-t-il.
En attendant que la justice élucide cette affaire,
les parents de la victime vivent avec la peur au ventre.
Depuis que leur fille leur a dit la vérité,
leur emploi du temps a changé et leur travail a pris
un sérieux coup. Le père affirme qu'il est
obligé d'accompagner la fille quotidiennement à
l'école. Les harcèlements et les menaces continuent
parce que la jeune fille a osé dénoncer ceux
qui ont abusé d'elle. Il est arrivé des moments
où les parents sont obligés de la garder à
la maison. Les services de l'Action sociale, les mouvements
des droits de l'homme ont été également
saisis, mais la sécurité de la fille est toujours
menacée. C'est un papa en détresse qui demande
que cessent ces agissements pour que sa fille puisse poursuivre
ses études et vivre tranquillement.
Abdoul Razac Napon
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Gestion
des bâtiments publics
Le gouvernement veut réduire les dépenses d'électricité
En 2008, l'Etat burkinabè a dépensé plus
de 12,7 milliards de franc CFA dans les factures d'électricité
des bâtiments publics. Cette facture est en perpétuelle
hausse. Ce sont plusieurs facteurs qui sont à la base de
cette dépense inefficiente et l'Etat veut mettre un terme
à la gabegie. Le jeudi 25 février, le ministère
des Mines, des Carrières et de l'Energie a organisé
à Ouagadougou, un atelier avec les journalistes pour parler
de la maîtrise de la consommation de l'énergie dans
les bâtiments publics. La réflexion sur la réduction
des charges liées à l'électricité
a commencé il y a trois ans avec la création d'une
Cellule de gestion de l'énergie (CGE) au sein du projet
de développement du secteur de l'électricité.
L'atelier a fait l'état d'avancement du programme. Les
résultats attendus dans sa réalisation sont : l'amélioration
des dépenses publiques à travers la réduction
des dépenses liées à la consommation d'électricité,
la facilitation du paiement des factures d'électricité
de l'Etat, la réduction de la pression sur la pointe électrique
dans la capitale et la mise en place d'une base de données
fiables de l'ensemble des abonnés de l'administration publique.
Pour atteindre ces résultats et la mission globale qui
est la promotion de l'efficacité énergétique
et la réduction à court terme du montant global
des factures d'électricité de l'Etat, la CGE intervient
dans les trois sous-composantes que comporte le programme. Il
s'agit d'abord du renforcement du cadre institutionnel et des
capacités en matière de maîtrise d'énergie,
à travers l'organisation de séminaires, d'ateliers,
de conférences et de sessions de formation. Dans ce volet,
des correspondants énergie ont été installés
dans les bâtiments de l'administration publique pour servir
de relai à la CGE et veiller à l'utilisation rationnelle
de l'électricité. La deuxième sous composante
est l'investissement dans la gestion de la demande d'énergie.
Cela a donné lieu à des audits énergétiques
dans 15 bâtiments publics et a permis d'évaluer le
niveau de performance des équipements électriques
installés, de déceler les causes des insuffisances
et d'en apporter des correctifs. En 2008, la mise en uvre
des recommandations des audits a permis d'installer des batteries
condensateurs, des climatiseurs à haute efficacité
énergétique, de lampes à faible consommation
électriques. Dans le même volet, une étude
avait décelé 26 compteurs utilisés par des
privés (kiosques et restau) et dont les factures étaient
payés par l'Etat. Enfin, l'information, l'éducation
et la communication constituent la troisième sous composante
du programme Elle s'exerce à travers la diffusion de spots
audio/visuels, des campagnes d'affichages, la confection de gadgets
de sensibilisation, sur les économies d'énergie.
"L'énergie est précieuse, économisons-la
!", "Lorsque je quitte le bureau, j'éteins tous
les appareils électriques !" sont quelques messages
des campagnes de sensibilisation.
Boukari Ouoba
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