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Contre-jour

Médecine: Nouvelle thérapie pour douleurs musculaires et osseuses
Secteur minier: Le projet RAMSES veut combler le manque de personnel
CGD: Faire plus de place aux femmes en politique
Les mouvements des droits humains protestent contre les exécutions extrajudiciaires

Médecine
Nouvelle thérapie pour douleurs musculaires et osseuses

Avril 2009, le docteur Hezéchias Diallo participe à une formation en orthopathie en Californie aux Etats-Unis grâce à des amis qui exercent dans le domaine. Au cours de la formation, il découvre une nouvelle thérapie qui permet de guérir les pathologies musculo-squelettiques et tendino ligamentaires sans apport de comprimés, ni d'injection, encore moins de pommades. Tout le traitement se fait à la main. La nouvelle technique de soins s'appelle : " Facial distorsion model (FDM) ". Elle a été découverte par Stephen Typaldos et depuis 1997, elle est au service de ceux qui souffrent de maladies des muscles et des os. Pour que cette trouvaille encore récente profite à la grande majorité des thérapeutes, le patron du Dr Diallo, le docteur Issa Ouédraogo, lui demande d'intercéder auprès des partenaires américains pour une formation in situ au Burkina Faso. Ce qui fut fait. Sans objection, les détenteurs de la nouvelle science ont répondu positivement à la demande. Du 14 au 16 janvier dernier, le docteur Byron Perkens, médecin orthopédiste et le docteur Georg Harrar, tous deux pratriciens et respectivement venus d'Amérique et d'Europe, étaient à la clinique Médico-chirurgicale du Dr Ouédraogo Issa pour partager leur savoir-faire avec les membres de l'Association burkinabè des masseurs kinésithérapeutes et auxiliaires de rééducation (ABMKAR). La formation s'est déroulée en deux phases : théorique et pratique. Pour ce qui concerne la phase théorique, des cours appuyés des projections vidéo sur les patients victimes de désordres musculo squelettiques ont ponctué ce cycle. Pour la phase pratique, certains bénéficiaires de la formation qui avaient des bobos musculaires se sont constitués volontaires pour recevoir des traitements tests. Des malades aussi qui traînaient leurs maux depuis des lustres ont profité de l'occasion pour se faire ausculter. Mademoiselle Danielle a mal au bras gauche, elle y ressent des douleurs à la suite d'un accident. Depuis des semaines, elle ne peut pas l'utiliser. Ce membre supérieur est devenu faible et peu fonctionnel. Elle a été soumise au traitement du docteur Georg Harrer. L'exercice a été fastidieux et harassant pour la jeune fille, mais à l'issue de la séance, elle est repartie soulagée. La semi invalidité du bras a été remédiée à 50%. La dernière séance devrait avoir lieu dans la semaine qui a suivi et on lui a conseillé des exercices de fonctionnalité. Tout le traitement a été fait à la main et on faisait intervenir de temps en temps les doigts. Le thérapeute parlait avec le patient et lui posait constamment des questions. Docteur Diallo explique que la manière d'exprimer la douleur est universelle et le corps a un langage.
La communication avec le malade, ajoute-t-il, est importante. On doit l'écouter et l'observer patiemment. Il avoue que cette thérapie sied bien à l'Afrique parce qu'on n'a pas besoin d'outils coûteux ni d'électricité. Le seul outil indispensable, c'est la main du praticien et son savoir faire. Il estime que les autres pratiques contemporaines sont lentes et engagent beaucoup de frais. Le modèle de distorsion faciale est utilisé aux Etats-Unis et en Europe. Au Burkina, la clinique Médico-chirurgicale du Dr Ouédraogo Issa fait office de pionnière dans ce domaine.

Merneptah Noufou Zougmoré



Secteur minier
Le projet RAMSES veut combler le manque de personnel

L'université de Ouagadougou ambitionne de créer un pôle d'excellence dans le secteur des mines. C'est un projet soutenu par l'Union européenne à travers le Réseau africain pour la mutualisation et le soutien des pôles d'excellence (RAMSES). Le projet financera le domaine des "géo sciences et mines" pour permettre à l'université de Ouagadougou d'offrir des ressources humaines en qualité et en nombre suffisant pour le pays qui connaît une croissance en matière d'exploitation minière ces dernières années. Pour que le pays puisse profiter de ce boom minier, la formation de ressources humaines qualifiées s'avère nécessaire. Le secteur manque de personnel qualifié selon le Pr. Urbain Wenmenga. De ce fait le pays ne profite pas assez de sa richesse minière. Les initiateurs du projet se sont lancés un défi pour combler ce vide. Le projet implique plusieurs volets de la formation et concerne les enseignants et les étudiants. Les étudiants pourront désormais accéder aux bases de données scientifiques gratuitement. Il s'agira d'optimiser des compétences locales, de créer et de consolider les capacités de génération de ressources propres et favoriser l'intégration régionale. L'économie de la connaissance est le seul moyen pour garantir le développement. C'est la conviction de Mamadou Kaba Traoré, coordonnateur du projet. Le projet devrait permettre à terme le renforcement de la capacité des enseignants, l'accès aux ressources scientifiques, l'amélioration de leur niveau académique. En somme, le cadre devrait s'améliorer pour permettre aux enseignants et aux étudiants de travailler dans de bonnes conditions. Le projet concerne trois autres universités africaines qui sont l'Université de Bamako (Mali), l'Université de N'Djamena (Tchad), l'Université Marien Ngouabi de Brazzaville (Congo). Les enseignants accroîtront leur mobilité dans ces espaces pour acquérir de nouvelles connaissances. Cette collaboration renforcera le partenariat Sud-Sud et cela va sans doute permettre de renforcer l'échange entre étudiants et entre chercheurs des pays concernés. Les axes majeurs seront la promotion de l'excellence, le renforcement scientifique à travers la mutualisation inter universitaire et le rayonnement scientifique par l'organisation d'universités d'été pour des partages d'expériences. L'objectif final est de renforcer les capacités des universités dans des domaines où elles pourront briller sur le plan international et de pouvoir apporter des solutions aux problèmes de développement qui se posent aux pays au niveau local.

Moussa Zongo

 

CGD
Faire plus de place aux femmes en politique

Le 16 avril 2009, la loi sur le quota de participation aux élections municipales et législatives est adoptée par le Burkina. Cette loi porte à 30% la candidature obligatoire de l'un ou l'autre sexe sur les listes électorales pour les partis en compétition. L'adoption de cette loi vise une meilleure participation politique des femmes. Elle devrait permettre également d'établir un équilibre sur les listes électorales et favoriser la participation effective de tous les acteurs à la vie de la nation. Pour le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), qui, en février 2006, avait posé le débat sur le " renforcement de la participation politique de la femme " soit par l'adoption d'un quota ou par des mesures législatives, ce texte est une victoire dans la lutte pour une émancipation politique de la femme L'arbre ne devrait pas cependant, cacher la forêt, c'est pourquoi, le prix CGD genre a été lancé pour récompenser les femmes maires qui ont développé des initiatives novatrices dans leur commune. Ce prix est également prévu pour encourager et susciter des changements pour la promotion de la participation politique des femmes au niveau local ou national.
Présidé par un comite non partisan, il est à sa première édition. Le prix est ouvert à toutes les communes. Pour sa première édition, ce prix d'une valeur de cinq cent mille francs CFA (500 000 f), a récompensé 5 femmes maires, notamment Mme Nana née Kaboré P. Marie Madeleine, maire de Kokologho, Mme Niamoukara Joséphine, maire de Kiembara, Mme Sanou / Traoré Aïcha, maire de Kougny. Mme Somé Louise Marguerite, maire de Dano et Mme Bonou née Tanou Sali Christine, maire de la commune de Pa. Cependant, il faut noter que toutes les lauréates sont de la majorité présidentielle. Mme la maire de Kokologho est la seule qui n'est pas du CDP, mais de l'ADF/RDA, également membre de la majorité présidentielle.
Cette initiative du CGD va contribuer à renforcer la lutte pour la promotion de la participation politique de la femme. La faible présence des femmes dans les instances de décisions politiques est héritée de la colonisation. Même si en 1958, une femme, Mme Ouezzin Coulibaly, avait été la première à faire son entrée dans le conseil gouvernemental. Cependant, il faut attendre 5 ans après l'indépendance de la Haute Volta pour voir 2 femmes à l'Assemblée nationale.
La période révolutionnaire, 1983 à 1987, a été faste pour les femmes au Burkina Faso en politique. Dans les gouvernements révolutionnaires, de Thomas Sankara, des femmes occupent des postes ministériels jusque là considérés comme la chasse gardée des hommes. Depuis lors, rien n'a vraiment changé pour les femmes. Dans un pays où les femmes représentent 52% de la population, leur implication dans la vie de la nation s'avère cruciale.

Marylin Kayaba


Des étudiants formés sur la bonne gouvernance

Les étudiants du département de Communication et Journalisme de l'Université de Ouagadougou, pour s'imprégner de la thématique, ont organisé les 23 et 24 janvier une session de formation sur la bonne gouvernance et les mécanismes qui l'encadrent. L'initiative qui est du Club des étudiants du département a eu le soutien de la fondation allemande Hanns Seidel Stiftung et du Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs (MAEP). Jean Baptiste Natama, le Secrétaire permanent du MAEP, parrain de la formation, a livré deux communications sur les thèmes : "Les fondements historiques et philosophiques qui sous-tendent le MAEP" et "Le rapport d'évaluation du Burkina Faso par le MAEP et les perspectives". Le SP a fait la genèse de son institution dont les fondements remontent au sommet du Millénaire tenu en septembre 2000 et qui avait adopté les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Dans le processus d'évaluation d'un pays, le MAEP intervient sur quatre axes, à savoir la gouvernance politique et démocratique, la gouvernance économique et financière, la gouvernance des entreprises et enfin le développement socioéconomique. Vingt et cinq objectifs sont formulés autour de chaque axe et c'est la réponse à soixante huit questions qui fait l'évaluation d'un pays. Les étudiants attentifs aux communications n'ont pas manqué de questions portant sur la pertinence d'une évaluation par les pairs, le contenu du rapport d'évaluation du Burkina, la force contraignante ou non des recommandations du MAEP, etc. Deux autres communications "Entre modernité et tradition, quelle gouvernance pour l'Afrique?" et "Les médias et la bonne gouvernance" ont été respectivement animées par Brahima Ouédraogo et Losséni Cissé, tous intervenants aux MAEP. La formation a pris fin sur la remise d'attestations avec la satisfaction des étudiants. Le président du Club, Serge Désiré Ouédraogo, a confié que le club entend renforcer la capacité des étudiants du département à travers des formations similaires.

Boukari Ouoba


 

Les mouvements des droits humains protestent contre les exécutions extrajudiciaires

Elles sont huit (08), les organisations de défense des droits humains qui ne décolèrent pas contre le gouvernement. Elles ont pu constater après plusieurs enquêtes sur le terrain que le droit à la vie, le respect de la dignité humaine et l'accès à la justice ne sont pas des réalités pour tous les Burkinabè.
Du 15 octobre 2001 au 9 janvier 2002, ce sont 106 corps des personnes arrêtées et exécutées par les forces de l'ordre qui ont été recensés par le Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP). Ces personnes "ont été ligotées, méthodiquement alignées face contre terre, froidement exécutées, jetées dans la nature et livrées en pâture aux vautours ", avait déclaré le MBDHP. A la suite de ces protestations, une certaine accalmie a été observée par les défenseurs des droits humains. Mais ces dernières années, ils constatent un retour des exécutions extrajudiciaires. Dix personnes ont été froidement exécutées à la veille du 11 décembre 2008 à l'Est et les corps de deux jeunes retrouvés sur la route de Léo le 29 décembre dernier. Sous prétexte de la lutte contre l'insécurité, les forces de sécurité profitant de l'état psychologique des populations se livrent à de graves violations des droits humains. Ces éléments de défense et de sécurité auteurs d'exactions jouissent cependant d'une impunité totale. Ce qui n'étonne pas les défenseurs des droits humains parce que ces derniers sont encouragés et protégés par leur hiérarchie.
Les organisations des droits humains exigent la fin de ces exécutions extrajudiciaires et de tous les actes de tortures commis par les forces de l'ordre. Ces pratiques sont non seulement des entorses aux textes et loi que le Burkina a adoptés et une violation de toutes les conventions internationales qu'il a librement signées. "En 10 ans, la performance de ces stratégies reste à prouver", rappelle le président du MBDHP.
Les huit organisations de défenses des droits humains regroupés dans un "cadre de concertation" appellent le gouvernement au respect strict de la légalité et des conventions internationales dans la lutte contre le banditisme.

Abdoul Razac Napon



 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 janvier 2010