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Contre-jour

Enquête du CGD et Afro baromètre: "Le Gouvernement devrait interdire les journaux qu'il n'aime pas "
Rapport du CSC: Les journalistes peuvent mieux faire
Conseil Economique et Social: Le rapport 2006 est tombé !
Investiture de Barack Obama: Leçon de démocratie pour Burkinabè

Enquête du CGD et Afro baromètre
"Le Gouvernement devrait interdire
les journaux qu'il n'aime pas "

Le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) en partenariat avec Afro baromètre a réalisé une enquête auprès des populations des treize régions du pays. L'enquête qui a eu lieu en octobre 2008 a concerné un échantillon aléatoire de 1200 individus soit 27% résidant en milieu urbain et 73% résidant en milieu rural. Le sondage a porté sur la gouvernance, la démocratie, la réforme économique, la société civile et la qualité de vie au Burkina. Ainsi, 49% des personnes enquêtées estiment que leurs conditions de vie sont mauvaises contre 14% qui ne s'en plaignent pas alors que 37% disent mener la belle vie. En dépit du phénomène de la vie chère, il y a 45% des personnes sondées qui pensent que la situation économique actuelle du pays est meilleure à celle de l'année dernière à la même époque contre 36% qui la trouvent pire. Interrogées sur les perspectives de la situation économique du pays, 57% des personnes ont affirmé que le pays se portera mieux d'ici à un an alors que 13% voient venir le pire. Concernant la démocratie comme mode de gouvernement, 58% des personnes soutiennent qu'elle est préférable à tout autre forme de gouvernement. Cependant, ils sont nombreux (la majorité), les Burkinabè a regretter la démocratie qui leur est servie. Pour 28% des personnes interrogées, les Burkinabé vivent une démocratie avec des problèmes majeurs et 18% pensent que les problèmes de la démocratie au Burkina sont mineurs. Pour 14 % des Burkinabé interrogés, le pays n'a pas encore amorcé l'ère de la démocratie. L'enquête, très diverse sur les questions, intéressera sans doute également les défenseurs et les détracteurs de la presse. En effet, 20% des Burkinabé enquêtés ont dit que le gouvernement devrait interdire les journaux qui font des publications qu'il n'aime pas. Contrairement à cette opinion, 71% des Burkinabé voudraient voir les médias d'informations libres de publier n'importe quel article qu'ils considèrent justifié, sans crainte d'être fermés.
Les résultats de l'enquête, une cinquantaine de pages, sont à l'adresse du Gouvernement, de l'Assemblée Nationale, des partis politiques, des autorités locales et des autorités coutumières et religieuses. Un briefing a été fait à la presse le lundi 19 janvier 2008 au cours d'une conférence de presse donnée par le CGD à l'hôtel Azalaï. Une campagne de dissémination des résultats de l'enquête sera entreprise à travers des rencontres avec des acteurs concernés. Selon le Pr. Augustin Loada, directeur exécutif du CGD, les commentaires faits à partir des sondages doivent êtres faits de manière prudente, étant donné que les résultas fournis sont souvent des estimations. Néanmoins, il pense que cela ne devrait pas remettre en cause la pertinence de la présente enquête "comme le font certains acteurs politiques lorsque les résultats des enquêtes desservent leurs politiques."

Boukari Ouoba

 

Rapport du CSC
Les journalistes peuvent mieux faire

Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a rendu public son rapport 2007. Dans ce document, l'organe de régulation des médias au Burkina dresse un bilan des activités de la presse au cours de l'exercice 2007. Une place importante est accordée à la couverture médiatique pendant les consultations électorales. Il est ressorti dans l'appréciation du CSC que des efforts ont été fournis par les journalistes pendant ces moments cruciaux de la vie de la Nation. Mais il y a eu quelques fois des manquements dans l'exercice des missions. A titre illustratif : en ce qui concerne les appréciations positives, la télévision nationale pendant la campagne pour les législatives de mai 2007 à dégagé 5 mn pour chaque formation politique pour qu'elle défende le projet qu'elle propose à l'électorat. Elle a également acculé les partis pour avoir leurs points de vue sur le déroulement de la campagne. Ce satisfecit va également à l'endroit de la Radio nationale dont les journalistes ont été déployés sur toute l'étendue du territoire pour donner l'écho des différentes manifestations organisé par les partis en lice aux législatives. Quant aux manquements, il s'est agi pour la même campagne de l'inobservation du Quotidien d'Etat Sidwaya de la décision N°2007-004/CSC et du N°2007-009/CSC. Ce journal a ouvert ses colonnes à un député, candidat du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) donc par conséquent n'a pas observé les principes d'égalité d'accès, du pluralisme et d'équilibre de l'information. Ce même canard en excédant le quota de 13 éléments au profit d'une formation politique ne s'est pas plié à la décision 009. Le CSC au vu de ces fautes a adressé une lettre de rappel à Sidwaya pour que ces dispositions soient scrupuleusement suivies. Dans un tout autre registre, le doyen de la presse écrite privée, l'Observateur Paalga n'a pas été épargné. Selon toujours le rapport dans sa livraison N°6867du 17 avril 2007 dans la rubrique point de vue feu Christian T Koné président du parti national républicain/ Juste voie (PNR/JV) dans un écrit intitulé "offrons à Blaise Compaoré une porte de sortie honorable contre son retrait définitif" dont le contenu a été jugé haineux et susceptible de provoquer la révolte à valu à l'Observateur une mise en demeure. Pour l'appui financier et matériel à la presse pendant les différentes campagnes, le CSC a constaté que certains médias bénéficiaires ne s'impliquent pas suffisamment dans la couverture médiatique. Les conditions d'éligibilité à cette aide devraient être revues selon l'organe en charge de la régulation des médias. La priorité devrait revenir aux médias qui ont un fonctionnement correct avec un grand rayon de couverture. Autre fait énuméré dans le rapport qui a marqué l'année 2007 c'est la commémoration du 20è anniversaire de l'assassinat du Président Thomas Sankara et la célébration des "20 ans de la renaissance démocratique avec Blaise Compaoré" dont les médias ont été mis à contribution. Le CSC note que les quotidiens sur ce plan ont joué leurs partitions en respectant le pluralisme et l'équilibre d'information. Les périodiques à ce qu'il dit ont mis sous le boisseau ce principe sacro saint de la presse. L'émission Sonré de Savane FM a fait l'objet d'une critique à la suite d'une auto saisine faite par les responsables de cette Radio. Il a été mentionné que l'émission n'est pas une revue de presse mais une lecture commentée des journaux. Le conseil a exhorté les différents animateurs de cette émission de grande écoute à plus de professionnalisme et a ressorti des multiples insuffisances dans l'émission qui gagneraient être corrigée. Le constat que fait l'autorité en charge de la régulation des organes de presse est qu'il y a eu un bond qualitatif dans le domaine mais il y a encore du chemin à faire au niveau de l'activité médiatique. Elle promet des cycles de formation pour outiller davantage les journalistes afin de les rendre plus performants.

Merneptah Noufou Zougmoré

 

Conseil Economique et Social
Le rapport 2006 est tombé !

C'est le Burkina économique et social qui est dépeint dans le premier rapport du CES. Selon le rapport, la structure de l'économie est caractérisée par un déséquilibre. Le premier produit d'exportation qui est le coton a du mal à atteindre les résultats escomptés malgré le dynamisme de la filière. Le constat fait par le CES est qu' "il représente l'essentiel des exportations du Burkina Faso. L'essor de la production de coton graine dont le Burkina Faso est devenu le premier producteur africain, a favorisé la très forte croissance des ventes de coton fibre. Par conséquent le poids du coton dans les exportations s'est davantage renforcé. Malheureusement, cette situation a été contrariée par la dégradation du prix de vente du coton sur le marché mondial et la baisse du taux de change entre l'euro et le dollar. Ainsi, l'année 2005 a été marquée par ces difficultés. Malgré cela, les ventes de coton à l'étranger représentaient plus des trois quarts des exportations totales du pays (avec une valeur de 131,5 milliards cfa)". Les autres produits d'exportation traînent derrière sans véritable poids commercial. Malgré la difficulté que connaît l'or blanc sur le marché mondial, le Burkina ne semble pas avoir un produit de substitution. Même le métal jaune ne fait pas l'affaire, malgré la relance de la filière. Le budget de l'Etat reconnaît le rapport, est fortement dépendant de l'extérieur, même s'il y a un apport interne. Dans l'exposé du rapport pour l'année 2006 les opérations financières de l'Etat ont été marquées par l'expansion importante des dépenses et des prêts nets, elles l'ont été aussi par une mobilisation insuffisante des ressources propres. Ainsi "évalué à 391,9 milliard de franc cfa les recettes totales mobilisées, bien qu'en hausse de 7,3% par rapport à celles de l'année 2005, accusent une moins value de 40,4 milliards de francs cfa par rapport aux prévisions qui s'explique par des contre- performances enregistrées dans la mobilisation des recettes fiscales et non fiscales. Ainsi, le taux de pression fiscale s'élève à 11,5% du PIB soit en deça de la norme communautaire de 17% de l'UEMOA." Dans le domaine de la santé, le Burkina a adopté en 2000 une politique sanitaire nationale (PSN). La situation sanitaire est marquée par un fort taux de morbidité. Selon les statistiques de l'INSD le taux de morbidité est de 10,9%. Les cas de pathologies sont traités soit par l'automédication, soit par un personnel de santé. Les cas de maladies qui ont nécessité des consultations dans les services de santé sont entre autres le paludisme 53,3%, la méningite 5,6%, les anémies 4,2 et les infections respiratoires basses 12,4%. "Bon nombre des cas d'hospitalisation se sont soldés au cours de l'année par des décès des patients. Les risques des décès sont cependant fonction du type de maladie et des capacités des services de santé à réagir en fonction du stade de l'évolution de la maladie. Le paludisme grave est la première cause de décès (45,8 des cas). En dépit des campagnes de vaccination) la méningite tue également un grand nombre de patients… La proportion des enfants malnutris reste importante selon l'annuaire statistique de la santé 2006 8 enfants sur 100 sont malnutris en 2005. La même année toujours 46% des enfants ont souffert d'insuffisance pondérale (des déséquilibres entre le poids et l'âge), 51,3% entre eux accusaient un retard dans la croissance ; et 18,8% des enfants souffraient de carence nutritionnelle." Sur un tout autre plan, l'éducation, le CES met en exergue le Plan décennal de développement de l'éducation de base (PDDB) adopté en 1999 pour booster de façon significative le système éducatif. Il relève que compte tenu des succès enregistrés lors des 2 précédentes phases, une 3è phase est en cours d'exécution avec l'apport toujours des partenaires techniques, financiers. En outre le CES fait une analyse de la situation économique mondial marqué par la mondialisation néolibérale, les performances et les contre performances de l'Afrique sur le marché. Il s'est penché également sur le dynamisme des organisations sous régionales telles que l'UEMOA et la CEDEAO. Un clin d'œil est fait sur les objectifs du millénaire pour le développement. Malgré le volontarisme du Burkina pour parvenir à ces buts, certains défis seront difficiles à relever.

Merneptah Noufou Zougmoré

Investiture de Barack Obama
Leçon de démocratie pour Burkinabè

Ils étaient nombreux les Burkinabé à se rendre ce mardi 20 janvier 2008 à l'Ambassade des Etats-Unis. Munis de leurs invitations (c'était la condition sine qua non pour accéder au jardin du centre culturel), ils sont allés s'abreuver à la source pour mieux réussir leur jeune démocratie. Les membres de la classe politique étaient aux premières loges dans le jardin du Centre culturel pour mieux retenir la leçon de la démocratie américaine qui fait de vieux os depuis que le 30 avril 1789, Georges Washington a prêté serment pour la première fois et en tant que premier Président de l'Etat fédéral. L'ambassadrice des Etats-Unis au Burkina Faso, Jeannine Jackson a interpellé ses hôtes en ces termes "Gardez toujours à en mémoire que la démocratie n'est pas facile, la démocratie n'est pas parfaite, la démocratie requiert un dur labeur de tous". Elle n'est pas facile certes mais les Américains ont s'en tirent à bon comptes. En ce qui concerne la transition du pouvoir, depuis 1776, les Etats-Unis existent comme un pays indépendant et démocratique. De Georges Washington à Barack Obama, 44 présidents se sont succédé en respectant toujours au mieux les normes constitutionnelles. Le règne le plus longue des Présidents américains a été celui de Franklin D. Roosevelt, le seul de l'histoire des Etats-Unis à avoir conduit trois mandats, de 1933 à 1945 soit 12 ans. Nous étions dans la guerre mondiale. Voici donc un pays où il n'est pas aberrant de dire qu'après Dieu vient la Constitution.
Ce texte, la Constitution, est tellement respecté que le nouveau Président Obama à dû prononcer deux fois son serment d'investiture pour avoir lors de la cérémonie du 20 janvier, déplacé un mot. Malgré l'assurance de Greg Craig, le responsable de la Maison Blanche pour les affaires juridiques qui a rassuré que le serment était valide, Obama a dû prêté de nouveau le serment le mercredi 21 janvier toujours devant le Président de la Cours Suprême, John Roberts qui avait la veille induit son Président en erreur. Il y'a de quoi à être stupéfait pour les Burkinabé qui ont suivi de près cette élection présidentielle. Du côté de l'Ambassade des Etats-Unis, les hommes politiques Burkinabé qui y étaient se faisaient tout petits, beaucoup étaient pensifs ou rêveurs.

Boukari Ouoba

 

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 janvier 2009