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Contre-jour

Police municipale: Le cours de journalisme du commandant Wango
Société Tan Aliz: Arriérés de paie et chantage sur les fournisseurs
Lutte contre la cataracte : Les Américains redonnent la vue à des Burkinabè
Groupe du 14 février: Le raz-le bol face à la passivité de L'Etat

Police municipale
Le cours de journalisme du commandant Wango

Pour avoir écrit dans sa rubrique "Lucarne Citoyenne", qu'à la police municipale de Ouagadougou se dérouleraient des pratiques peu amen, nous avons eu droit à une convocation à participer en bonne et due forme à une assemblée générale de clarification dans l'enceinte de la direction de la police municipale. Assemblée générale à laquelle le commandant Wango était comme on le dit dans nos contrées à la fois batteur de tam-tam et danseur. Dans un one man show, il s'en est pris publiquement au journal et à ses méthodes de travail. Pour le commandant Wango, si le journal veut faire son travail, il doit aller à la source. Malheureusement , la source qu'il est, n'a pas démenti ce que nous avons écrit. Il existe bel et bien une cellule appelé "Guantanomo". Des policiers y sont détenus dans des conditions inhumaines. Mais foi de Wango, il va faire pire. La dite cellule qui est actuellement de 3m² sera réduite à 2m². Il promet plus de traitements humiliants, parce que de son point de vue, au CRS, les éléments seraient plus maltraités.
En ce qui concerne également "les services payés", Wango n'a pas démenti le journal. Les éléments reçoivent des primes qui sont inférieures à celles prévues, avions-nous écrit. Le commandant n'a pas apporté la preuve du contraire. Il s'est lancé plutôt dans une auto flagornerie qui est indigne d'un homme de tenu.
Au total, Wango a fait son Show devant ses hommes, sans résoudre l'essentiel. Ce n'est pas sûr que ce spectacle de mauvais goût l'a agrandi aux yeux de ses hommes.
Quand on assure le service public, on agi et on laisse les bénéficiaires et les collaborateurs apprécier.
La volonté du journal, selon lui, est de sapper les efforts de quelqu'un qui a toujours bien fait son travail. Le maire Simon Compaoré est bien placé pour le savoir, lui qui reçoit toujours le rapport de gestion chaque trimestre. Il y a une volonté manifeste de nuire à la personne de la police municipale, a insinué le directeur général. "Quand je prenais le commandement, des gens ont dit que je suis jeune, j'ai montré que les jeunes sont aussi capables d'assumer correctement des responsabilités", a-t-il clamé. Ce qui est appliqué à ses éléments n'est rien d'autre qu'une partie du statut particulier des polices municipales.
Certains ont vu à travers l'écrit l'œuvre des jaloux. Mais malgré les accusations, les gradés comme ils les appellent, n'ont pas réagi. Certains ont demandé tout simplement que le journal soit poursuivi pour diffamation.

Abdoul Razac Napon

Société Tan Aliz
Arriérés de paie et chantage sur les fournisseurs

Trois jours de sit-in. Du 24 au 26 juillet dernier, les fournisseurs de peaux de la capitale ont manifesté leur mécontentement devant l'entrée est de la société Tan Aliz, au secteur 24. Ils étaient environ une centaine venus réclamer leur argent à Tan Aliz. Depuis avril, cette société "achète" leurs marchandises sans verser un kopeck. Ils ont été ballottés de promesses en promesses jusqu'au mois de juillet. La somme avoisinerait 800 millions de F CFA. En réaction à ce mouvement, la société a suspendu ses achats en fermant l'usine. Tout le mois d'août, l'usine est restée fermée. Pour les revendeurs, c'est un chantage inacceptable. "Non seulement, elle ne nous paie pas, mais elle sabote aussi nos marchandises en faisant en sorte qu'ils se détériorent", s'insurge un frondeur. En effet, à la suite, d'un "accord" avec les représentants des fournisseurs, seule Tan Aliz aurait le monopole de l'achat des cuirs et peaux au Burkina. En contre partie, elle s'engage à payer tous les 15 jours ses fournisseurs. Mais un mois après, la société est revenue sur ce délai en invoquant des problèmes sur le marché international. Ses clients internationaux ne paieraient pas vite, donc elle serait incapable à son niveau aussi de respecter l'échéance des deux semaines. Elle aurait unilatéralement porté le délai à un mois. Celui-ci n'a pas non plus été tenu. D'avril à août, les fournisseurs n'ont pas eu leur argent. Il leur est aussi interdit de livrer aux clients étrangers. "Quand Alizèta Gando ferme son usine, elle s'arrange avec la douane pour que nous ne puissions pas vendre avec d'autres clients. Les Nigériens qui étaient nos principaux clients ne peuvent plus venir acheter. Ceux qui osent leur livrer sont arrêtés, leurs marchandises confisquées par la douane qui les livre à la société.", explique un jeune fournisseur. Aujourd'hui, les fournisseurs exigent la fin de ce monopole. Ils invoquent la libre circulation des biens et des personnes dans l'espace UEMOA. Du reste, le monopole que la société s'est créé n'est justifié ni par une loi ni par un décret. C'est juste un accord conclu entre la société et les membres du bureau de l'association. Les militants disent qu'ils n'avaient pas été consultés avant la signature de cet accord qui octroie le monopole à Tan Aliz sur leurs marchandises. Ils accusent la société d'avoir corrompu leurs "patrons". C'est pourquoi ceux-ci n'ont pas bronché quand l'usine a "piétiné" l'accord qu'elle leur avait du reste "imposé".
C'est suite à leur manifestation que les responsables de l'usine ont commencé à se manifester. C'est le commissaire de police de l'arrondissement de Nongr-Massom qui a joué au "facilitateur". Au deuxième jour des manifs, il a proposé une rencontre avec les protagonistes. La société aurait encore promis d'apurer tous les arriérés dans le mois d'août avant de reprendre ses activités. Début septembre, les fournisseurs n'ont pas perçu la totalité de leur argent et l'usine n'a pas repris l'achat des marchandises. Contactée, la société n'a pas souhaité se prononcer.

Idrissa Barry

Lutte contre la cataracte
Les Américains redonnent la vue à des Burkinabè


Le train de la coopération Etats-Unis/Burkina est sur de bons rails. Le Burkina figure désormais dans la liste des pays qui pourront bénéficier du soutien des Etats-Unis quelque soit le domaine. En témoigne l'aide humanitaire que viennent de recevoir de nombreux citoyens burkinabè. En effet, depuis le lundi 02 septembre 2008, une équipe composée de 20 citoyens américains, de chirurgiens, des ophtalmologues, de militaires, d'anesthésistes effectuent des opérations d'yeux en vue de redonner à des centaines de malades atteints de la cataracte une vision plus nette. Fruit d'une collaboration entre l'armée américaine, l'ambassade des Etats-Unis au Burkina et le ministère de la Défense du Burkina, cette équipe est conduite par le commandant américain Tim SWITAJ et le capitaine Del GRAVES, tous deux de l'US Army. Durant deux semaines, l'équipe aura pour tâche d'effectuer avant tout une vérification de l'identité du patient en fonction du registre de noms figurant sur un ordinateur, puis on lui fait une anesthésie générale puis locale avant de procéder à l'opération. Une fois l'opération terminée, le patient est gardé en observation pendant une demi-heure, le temps de vérifier qu'il n'y a pas de complication. Au départ, 300 personnes étaient bénéficiaires du dépistage, mais seulement 200 d'entre elles ont été retenues pour l'opération. Le choix des patients a été fait par le ministère de la Santé en collaboration avec le personnel du Centre national de lutte contre la cécité où se déroule d'ailleurs l'opération. Interrogé sur le coût de l'opération, le commandant SWITAJ a affirmé qu'on ne peut véritablement parler de coût car l'opération est entièrement gratuite pour les patients. Par contre, si elle était réalisée aux Etats-Unis, elle coûterait à peu près entre 5000 et 10000 franc CFA. C'est donc une aide humanitaire que nous apportons au peuple burkinabé, a-t-il poursuivi. On peut donc souhaiter que la coopération Etats-Unis/Burkina soit renforcée davantage pour que la nation entière puisse bénéficier de ses retombées positives.

Michael Pacodi (Stagiaire)


CSPS de Kabourou: A quand l'ouverture ?
Kabourou, village du département de Fara dans la province des Balé, attend l'ouverture de son Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) depuis 2003. Cinq ans que l'attente dure. Pourtant, les populations ont dûment eu l'autorisation de construire. C'est le ministre de la Santé qui a donné le feu vert par décision n°302 en date du 17 octobre 1997. La construction de ce CSPS figure même dans le Plan national de développement sanitaire (PNDS) qui couvre la période 2001-2010. En 2003, avec l'appui de l'Association des Frères unis du Burkina et de EMMAUS, les infrastructures suivantes ont été construites : un dispensaire, une maternité, des toilettes, des cuisines, un forage. Les habitants ont même contribué à installer de l'énergie solaire au niveau du CSPS. C'est encore les populations qui se sont saignées pour acquérir du mobilier (lits d'hospitalisation, matelas, chaises, armoires). En 2004, l'Etat a financé la construction d'un logement pour agent de santé et d'un dépôt CAMEG. Les populations ont contribué par la suite à la construction d'un autre logement. C'est ainsi que l'ouverture du CSPS a été inscrite dans la première phase du PNDS (2001-2005). Mais ce rendez-vous n'a pas été respecté. Le médecin chef du district sanitaire de Boromo a évoqué dans un premier temps de manque de personnel. Or en 2007, son district a eu tellement d'agent à tel point leur déploiement n'a pas été facile. Par la suite, les responsables sanitaires de la région ont parlé de manque d'équipement. Pourtant, des CSPS construits avant celui de Kabourou ont ouvert en 2007 avec un personnel et du matériel adéquat. Les populations de Kabourou se demandent pourquoi leur localité ne peut-elle pas avoir les mêmes sollicitudes. Si le ministère a délivré l'autorisation de construire, c'est parce que la localité remplit les critères. Sur le plan de la distance, les populations de Kaboura seraient à 7 km du CSPS le plus proche. Sur le plan démographique, les habitants sont estimés à plus de 3 000. A quel niveau se trouve alors le blocage ? C'est la question qui mérite d'être posée. Des millions ont été dépensés et les populations ne voient pas leur situation s'améliorer sur le plan sanitaire. Elles doivent encore faire des kilomètres pour se soigner. Le ministère entendra-t-il un jour leur cri de cœur ? Dr Souleymane Sanou, responsable des CSPS au ministère est fortement interpellé. Une source émanant du ministère affirme que le CSPS de Kabourou va ouvrir bientôt avec le recrutement des agents sur "mesure nouvelle". Les populations attendent de voir pour croire car elles ont tellement entendu cette promesse.

Idrissa Barry

Groupe du 14 février
Le raz-le bol face à la passivité de L'Etat

Quelques responsables du G-14
La machine étatique souffre de plus en plus de pannes qui risquent de la gripper d'ici peu si rien n'est fait, selon les partis politiques membres du G14. C'est, conscient de cette situation qui pourrait survenir que le groupe du 14 février a tenu une conférence de presse le mercredi 27 août dernier pour attirer l'attention du gouvernement. En effet, cette conférence de presse était axée sur deux points essentiels. D'abord il s'est agi d'évoquer les problèmes les plus récents de la situation nationale puis de donner le point de vu du Groupe du 14 Février sur les propositions des commissions parlementaires relatives à certains textes de lois concernant les partis. Pour ce qui est du premier point, le groupe est revenu sur la froideur du gouvernement à en découdre avec les conflits agriculteurs-éleveurs qui perdurent jusque là. " Ils prennent souvent un tour tragique avec morts d'hommes, et donnent lieu à étalage de propos ethnicistes et conduisant le plus souvent à une opposition d'agriculteurs locaux aux éleveurs peuls. Ces conflits sont récurrents. Cette année, ils ont eu lieu à Manga, Gaoua, Batié et Loropéni. Malheureusement, le gouvernement ne parait aucunement préoccupé de leur trouver une solution définitive. ". Une loi sur le pastoralisme a pourtant été votée en 2002 à l'Assemblée nationale, mais qui demeure jusqu'aujourd'hui non appliquée. Il faudrait donc que des questions de délimitation des espaces et des ères de pâturages puissent faire l'objet d'étude en vue d'une réduction de ces conflits. C'est donc cette passivité que le G14 déplore et condamne fermement. Il a également fait mention au cours de cette conférence de la FEDAP/BC dont " les actions dépassent le cadre d'une simple association ". Concernant la corruption, il s'est agi pour le G-14 de douter de l'efficacité de la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption (HALC). Pour les responsables de cette coalition de partis politiques, la corruption continue et n'est pas prête à s'arrêter vue que ses acteurs ne sont pas inquiétés. Il ne suffit donc pas de dénoncer les contrevenants mais de les traduire en justice afin qu'ils répondent de leurs actes. Le deuxième axe majeur qui a également constitué un point focal pour le G14, c'est la question relative aux propositions de réformes politiques faites en juin 2008 par les commissions parlementaires. A ce niveau, il loue l'effort qui a été fait pour susciter plus de dynamisme au sein des partis et apprécie la nouvelle définition du statut du chef de fil de l'opposition. Dans cette réforme politique, seul peut être habilité au titre de chef de fil de l'opposition, le parti de l'opposition qui a le plus grand nombre de députés à l'Assemblée et qui ne soutient le parti majoritaire pour quel que motif que ce soit.

Michael Pacodi (Stagiaire)

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 15 Septembre 2008