Nos rubriques

Edito

Façon de voir

Contre jour

Bouillon de culture

Dossier1

Dossier 2

Dossier 3

 

 


 

 

 

 


Contre-jour

 

Les responsables d'organes de presse à l'école du management
Halidou Ouédraogo: la lutte continue
Du 02 au 06 juillet Ciné droit libre fait son festival
Chasse à l'homme à l'université

Les responsables d'organes de presse
à l'école du management

Photo de famille à l'issu de l'Atelier

Un organe de presse est aussi une entreprise. Faire de l'entreprise de presse une réalité au Burkina c'est l'objectif de la Société des Editeurs de Presse Privée, la SEP, en organisant un atelier au Centre National de Presse Norbert Zongo (CNP-NZ). Cet atelier de deux jours qui a porté sur le thème ""Planification stratégique et plan d'entreprise pour un management performant"" a clos ses travaux le 18 juin par une brève cérémonie. Les participants pour la plupart des responsables d'organes de presse (directeurs de publication, rédacteurs en chef ou gestionnaires d'organes de presse) ont dit leur satisfaction quant aux travaux de l'atelier. Pour Germain Bitou Nama, rapporteur de l'atelier, le management de l'entreprise de presse est un outil de planification et de gestion éclairée des organes de presse. Il a exprimé l'enthousiasme des participants d'avoir bénéficié de cette formation ainsi que leur engagement à mettre à profit les connaissances acquises pour le renforcement de l'assise des différents organes .
Quant à Shérif Sy, président de la SEP, il a souligné le fait que pendant longtemps l'accent ait été mis sur l'environnement externe de la presse notamment en rapport avec la juridiction et la fiscalité. Il a donc souhaité que désormais, puisse être considérée la gestion interne des organes de presse en tant qu'entreprises afin de leur donner plus de dynamisme. En tant qu'organisateur de l'atelier, M. Shérif Sy a promis que des manuels sur le management de l'entreprise de presse devront venir d'ici un mois d'Europe pour renforcer cette formation.. C'est à Edouard Ouédraogo, directeur de publication de l'Observateur Paalga qu'il est revenu de prononcer le mot de clôture de l'atelier. Il a rappelé que de nombreux séminaires se sont déjà tenus mais qu'ils ont toujours porté sur les aspects purement professionnels mettant l'accent sur le contenu des publications qui semble être la préoccupation première des journalistes. Le présent atelier serait donc le premier du genre et Edouard Ouédraogo a insisté sur l'importance d'œuvrer à l'émergence de cet autre aspect de la presse. Il a émis le vœu de voir des entreprises de presse admises à la maison de l'entreprise. Cela est porteur d'opportunités majeures pour la presse a-t-il ajouté. Edouard Ouédraogo a terminé par l'annonce d'un forum international sur les médias et le développement économique qui se tiendra les 11 ; 12 et 13 septembre prochains à Ouagadougou. Ce forum cofinancé par l'Union Européenne et l'Union Africaine compte mettre un accent particulier sur le développement des médias à travers un fonds qui sera mis en place. Avant de se séparer, les participants à l'atelier ont reçu des attestations

Boukari OUABA( stagiaire)

Halidou Ouédraogo, la lutte continue

Malgré les nombreuses années de lutte qui ont considérablement affecté sa santé, Halidou Ouédraogo ne veut point courber l'échine. L'éducation, la formation aux droits humains et surtout la défense de ceux-ci semblent être un impérieux devoir moral pour lui. Au regard de l'expérience démocratique en demi-teinte qui a cours sur le continent et au Burkina Faso, Halidou Ouédraogo et ses collaborateurs ont décidé de la création de deux structures : la Fédération pour l'Etude et la Promotion des Droits Humains en Afrique (FEPDHA) et l'Institut International Sud-Nord des Droits Humains et du Développement (ISN/DHD). Ces deux entités ont été présentées à la presse le 14 juin 2008. L'un des objectifs de la fondation, créée en juillet 2007, est de faire prendre conscience aux décideurs à quelque niveau que ce soit, qu'ils ne sauraient envisager le développement en recouvrant les droits humains d'une tunique de Nessus. Les deux sont consubstantiels. A travers la Fondation, les expériences des intellectuels, des activistes des droits humains, des professionnels du développement et des chercheurs seront capitalisées afin d'élever le niveau de conscience citoyenne et démocratique des étudiants. Les programmes de formation vont de la problématique développement et droits humains à la santé publique en passant par la pauvreté, la globalisation, le droit des personnes vivant avec le VIH/SIDA, l'environnement... Le Bureau Exécutif de 09 membres est présidé par Halidou Ouédraogo. Celui-ci a entre autres collaborateurs, Fako Bruno Ouattara, Vincent Ouattara, Abdoulaye Ouédraogo. L'Institut International Sud-Nord des Droits Humains et du Développement (ISN/DHD), est le bras opérationnel de la fondation en matière de formation et de recherche. Il organisera des cours, des séminaires, des stages à l'intention des professionnels, des étudiants et des volontaires africains et non africains. Dans un premier temps, l'Institut délivrera des certificats. Mais les choses évolueront graduellement vers le système LMD (Licence-Master-Doctorat). En entendant leurs locaux, les activités de la Fédération et de l'Institut se dérouleront à L'ISIG et à L'ULB. Le corps professoral est constitué d'experts confirmés en provenance du monde entier. Les frais d'inscription sont évalués au prorata du type et de la durée de formation souhaitée.

Arsène Flavien Bationo

 

Du 02 au 06 juillet Ciné droit libre fait son festival


L'association Semfilms Burkina organise du 02 au 06 juillet 2008 à Ouagadougou la quatrième édition du festival de films sur les droits humains et la liberté d'expression. C'est un festival autour de films engagés. Le festival a pour credo les trois principes suivants : "Un film, un thème, un débat", "Une indépendance dans la sélection et la programmation des films", "une liberté de diffuser les films censurés, engagés, polémiques".
Entre autre, pour cette année, "un film, un sujet, un débat " dénonce les violations des droits humains au Darfour, en Irak, en Côte d'Ivoire, au Nigeria en RDC. Il réagit également au musellement de la presse en Afrique, à la disparition inexpliquée de Guy André Kieffer, de Jean Helene en Côte d'ivoire, de Anna Poliskoskaia en Russie, à l'emprisonnement de Moussa Kaka au Niger. Il met en lumière la lutte contre l'impunité au Tchad avec "le chasseur de dictateur", les femmes en noir du Burkina Faso qui recueillent sur les tombes de leurs maris assassinés.
A travers un documentaire, les femmes violées par les casques bleues et les belligérants en RDC combattent le silence de la société face à un des crimes des guerres modernes. A ce festival, la musique devient outil de défense et de dénonciation des violations. Il transforme un monde en désespoir en société humaine plus droite, moins chère avec plus de liberté.
À cette 4ème édition, des personnalités au front de lutte pour la liberté seront présentes. Parmi elles, Clément Abaifouta, président de l'Association des victimes des crimes et répressions politiques au Tchad. Il milite pour que le procès contre Hissène Habré ait lieu. Osange Silou Kieffer, épouse du journaliste Franco-canadien Guy-André Kieffer disparu en Côte d'Ivoire, Jamila Souley Kaka, épouse du Journaliste Nigérien, Moussa Kaka, correspondant de RFI et de RSF emprisonné depuis plus de huit mois se battent pour leurs époux.
Alioun Tine : Président de la rencontre africaine des droits humains (RADDHO), médiateur dans plusieurs crises et défenseur des libertés, Taco Ruighaver, directeur du festival d'Amnesty International au Pays-bas, Jeffrey Hodgson, Administrateur et coordonnateur du festival International du film et forum sur les droits humains (FIFDH) de Genève en Suisse partageront leurs expériences.
Ciné droit libre c'est aussi des ateliers de formations sur le documentaire de création et de reportage, le concours du meilleur projet documentaire le forum, les expositions.
Ciné Droit Libre est né après une frustration de jeunes réalisateurs burkinabé et néerlandais, qui ont fait le constat que certains films politiquement incorrects avaient de la peine à être vu par le public africain. Ils ont vécu cet apartheid cinématographique lorsque leur film " Borry bana : le destin fatal de Norbert Zongo " a été refusé dans la sélection du Fespaco parce qu'il aborde la question de la liberté d'expression et les violations des droits humains au Burkina.
Depuis novembre 2006, le festival "Ciné droit Libre" a été reconnu par le réseau international des festivals de films sur les droits humains en tant que cadre propice de défense des droits humains et de la liberté d'expression et a été admis comme membre. Les précédentes éditions (2005, 2006 et 2007) ont connu un franc succès

R.S.



Chasse à l'homme à l'université

La crise à l'université de Ouagadougou (UO) a pris une nouvelle tournure. Après quelques suspensions de cours et des compositions dans les Unités de Formation et de Recherche (UFR), le calme semblait être revenu sur le temple du savoir. Et pourtant la sérénité apparente du campus Zogona s'est dissipée le mardi 17 juin suite à des affrontements entre étudiants et forces de l'ordre.

La marche programmée par les UFR Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) et Sciences Exactes et Appliquées (SEA) sur la présidence de l'université a tourné à un chassez croisé entre étudiants et forces de l'ordre. Malgré la présence fort remarquable des gendarmes sur les lieux ce jour là, les étudiants des deux UFR, sous la direction des corporations de l'Association Nationale de Etudiants Burkinabé (ANEB) desdites UFR, ont tenu comme dans un pari à battre le pavé. Il était environ 09h lorsque les étudiants sont arrivés devant la présidence de l'université, nous apprend Tao Issouf, le délégué général de la corporation SVT. Selon lui, leur intention était de " marcher pacifiquement jusqu'à la présidence de l'UO " pour rappeler au président leurs revendications. Cependant ils ont été accueillis par des jets de gaz lacrymogènes et des tirs d'armes automatiques, à balles blanches et balles réelles selon les différents témoignages. Difficile de dire qui des forces de l'ordre ou des étudiants ont ouvert les hostilités les premiers. Entre les deux camps, chacun se tire la couverture mais le résultat est le même : des blessés, des arrestations, des dégâts matériels constatés seulement à la présidence. Sur les faits, selon le président de l'ANEB, Derra Moumouni, on note 34 blessés dont 4 cas graves et 64 personnes détenues parmi lesquelles 27 ont été relaxées le 21 juin et les 35 autres devraient être jugées le mardi 25 juin. Sur les motivations de cette marche qui a dégénéré, les délégués généraux des deux corporations, Tall Amadou pour SEA et Tao Issouf pour SVT, expliquent que c'est depuis le mois de février que leurs revendications sont connues de la présidence. Leurs plates formes revendicatives (PFR) ont fait l'objet de plusieurs rencontres avec les autorités universitaires. Cependant, ont-ils affirmé, toutes ces rencontres n'ont pu apporter de réponses concrètes. Du côté de la présidence de l'UO, c'est un son de cloche différent. Le président de l'UO soutient avoir apporté des réponses à leurs revendications comme la promesse de construction d'un batiment R+2 qui servira de laboratoires pour les deux UFR, la mise en place d'une commission d'étude sur la possibilité d'octroi de bourses dont les résultats leur ont été présentés " chiffres à l'appui ". Si ces propositions étaient agréées, la prise en charge serait assurée par le FONER. Sur les réponses de la présidence de l'UO, les étudiants disent ne pas y trouver leur compte car " les propositions sont imprécises et sans échéance ". Sur cette base, les deux UFR ont décidé la marche du 17 juin qui fut réprimée. Depuis ces évènements, le comité exécutif de l'ANEB a pris les devants de la lutte, appelant les étudiants à une grève générale. A sa conférence de presse du 23 juin, il a réaffirmé les résolutions adoptées en assemblée générale le 19 juin. Il s'agit d'exiger : la libération sans condition des étudiants arrêtés, le départ sans condition des forces de l'ordre du campus et enfin le traitement diligent et sérieux des PFR des deux UFR. Une marche a été programmée pour le 26 juin sur la présidence de l'université. Le bras de fer continue donc n

Boukari Ouoba (stagiaire)


 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 juin 2008