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Réfugiés Touaregs: Sont-ils vraiment venus du nord Mali ?
Anniversaire de L'Obs: Kienfangué pour l'apothéose
CDP, la bagarre se poursuit !
AEPHA, créneau porteur pour le secteur privé

Réfugiés Touaregs
Sont-ils vraiment venus du nord Mali ?


Plusieurs centaines de réfugiés séjournent au Stade du 4 Août de Ouagadougou, depuis deux semaines. Bon nombre s'expriment correctement en mooré alors que d'autres vivent au Burkina, il y a au moins un an. Aux derniers chiffres, ils seraient 929 réfugiés, dont 600 sont restés à Djibo. Mais ils affirment avoir aucun problème avec les autorités maliennes, ni n'être attaqués par les rebelles du Nord. Pourtant, ils auraient vendu ânes et autres troupeaux pour s'offrir "une traversée du désert". Un scénario trop bien monté. Pourquoi sont-ils partis ? D'où sont-ils venus ? Et comment ont-ils pu passer, sans attirer l'attention des autorités policières maliennes ? Ce sont autant de questions qui sont à ce jour sans réponse. Les intéressés sont peu bavards. La situation actuelle leur semble simplement meilleure. Ils ont trois repas par jour, ils boivent de l'eau minérale et sont moins exposés aux intempéries. En revanche, beaucoup d'entre eux n'ont pas de bonnes couchettes. Les dortoirs sont exigus. Les matelas mis à leur disposition sont, pour la plupart délabrés. La Commission nationale pour les réfugiés (CONAREF) a dépêché des agents sur les lieux qui procèdent à l'identification des nouveaux arrivants et à leur installation. D'où viennent-ils exactement ? Si certains affirment venir effectivement du Mali, d'autres avouent être au Burkina il y a longtemps. Pour s'en rendre compte, il suffit d'écouter leurs enfants s'exprimer en mooré. Ils maîtrisent assez bien cette langue. Il y en a qui fréquentent dans les établissements de la place. C'est le cas de Aïcha qui affirme avoir fait la 6è au lycée Marien N'Gouabi. C'est peut-être des cas isolés, mais ils traduisent suffisamment le doute sur leur provenance et les causes réelles de leur exode. Est-ce pour cela que les autorités maliennes refusent de reconnaître leur statut de déplacés de guerre ? Le ministre malien des Affaires étrangères qui est venu voir le président Blaise Compaoré le 6 juin a dit que le Mali n'a pas été saisi de cette situation par les voix officielles. Il faut remarquer aussi qu'il n'est pas allé rendre visite à ses compatriotes au stade. A quel jeu jouent les deux pays ? Cela dit, il ne faut pas conclure que les Touaregs du Stade du 4 Août ne doivent pas être pris en charge. C'est sûr que dans le contexte de la vie chère, ils sont plus vulnérables

Idrissa Barry

Anniversaire de L'Obs
Kienfangué pour l'apothéose

L'acte final de la manifestation des 35 ans du journal L'Observateur Paalga s'est déroulé à Kienfangué, un village situé dans la commune rurale de Komsilga à un jet de pierre de Ouagadougou. Le 31 mai dernier, de nombreux Ouagalais étaient dans cette bourgade pour s'associer à la fête du premier canard privé du Burkina. Avant que les festivaliers ne prennent d'assaut le marché de Kienfangué pour le "danssandaga" (fête foraine), une cérémonie a eu lieu dans la matinée. On a eu droit à la prestation d'artistes représentatifs du paysage musical burkinabè. La participation de ces musiciens a démontré que ce n'était pas une fête des "initiés" de la presse seulement, mais une affaire de tous. Le doyen Edouard dandy des années 60 et le parrain des festivités des 35 ans dandy aussi d'une ou de deux décennies après le directeur de publication de L'Observateur ont eu droit à un air musical souvenir de leurs époque exécuté avec brio par Bamogo Jean Claude dit Man. Ce morceau est l'œuvre de l'ex Suprême Kombemba. Personne dans le lot des officiels n'est restée d'ailleurs indifférent quand l'orchestre national accompagnait le Man, un des ex-chanteurs du super volta. Le Man a eu raison de jouer cette mélodie de "Laafi baala" parce que unanimement, les Burkinabè savent que L'Observateur Paalga est en bonne santé et se porte très bien. Le Gandaago national venu aussi apporter sa touche a tenu à préciser que sans les médias, tout ce que les artistes font n'a pas d'échos. Quant aux jeunes de moins de 40 ans, ils ont aussi été servis à travers la prestation d'une pléiade d'artistes musiciens de la génération présente. De l'attestation de reconnaissance du Conseil supérieur de la communication (CSC) à la distinction de l'officier de l'ordre de mérite national avec agrafe presse écrite, télévision et Radio, le doyen de la presse écrite privée burkinabè est resté modeste dans ses déclarations. Il a dit : "de peur que ce que je vais dire ne soit pas à la hauteur de cette marque de reconnaissance, je vais éviter de parler." Edouard Ouédraogo a néanmoins avoué qu'avec la décoration qui lui est décerné par son ministère de tutelle, il a l'impression de vivre l'apothéose. La Commission nationale pour la francophonie était également de la partie à Kienfangué par l'entremise de son l'éloquent responsable, Dramané Konaté. C'est lui qui a procédé au lancement du prix "Roman paalga". Un prix qui permettra aux talents en écriture de rivaliser d'ingéniosité dans la création. Cela ne déplaira pas au rubricard du Projecteur Alceny Saïdou Barry qui se fera le plaisir de nous décrypter les œuvres retenues. Après cette brève cérémonie, les festivaliers ont pris d'assaut le marché de Kienfangué. Les gallinacés et autres morceaux de viande de bœuf, de mouton, de chèvre, de chien et du porc ont eu pour leurs comptes. La bière locale et celle de la Brakina ont coulé à flots au grand bonheur des tenanciers de débits de boisson qui ont eu l'ingénieux esprit d'accompagner L'Observateur Paalga à Kienfangué. L'écrivain français Victor Hugo soutenait que : "le vieillard, qui revient vers la source première, entre aux jours éternels et sort des jours changeants. Et l'on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens. Mais dans l'œil du vieillard, on voit de la lumière."
Ces vers du poète corrobore la situation actuelle de notre confrère qui, en terme d'âge, n'est pas si vieux que cela, mais en terme d'occupation de l'espace médiatique, est le doyen de l'ensemble de la presse privée. Cette position de doyen d'âge est une chance pour ses confrères. Ils peuvent bénéficier de son expérience. La vieillesse est noblesse et sagesse. Dieu lui-même est vieux

Merneptah Noufou Zougmoré


CDP, la bagarre se poursuit !

La rencontre du bureau exécutif du CDP avec le courant CNPP du parti a eu lieu le jeudi 5 juin dernier. La rencontre a été globalement " houleuse " et n'a pas permis de trouver une solution au problème des mécontents. On n'est pas allé jusqu'à la rupture cependant. Du moins, pas pour l'instant.

Le ton serait par moment monté à cette rencontre du bureau exécutif qui avait entre autre point à l'ordre du jour, l'examen des griefs des ex-CNPP. A la rencontre de cette instance, ne pouvaient être présents que Yao Marc, Moussa Boly et Pierre Tapsoba, membres de l'instance. Les autres ; Emile Kaboré, Mathieu Ouédraogo et Amadé Taho n'avaient pas qualité pour assister aux travaux de l'instance. Ils ont cependant, tous signé le mémorandum actualisé qui explicite mieux les revendications des mécontents.
Un texte très dur qui revendique à présent la " refondation du CDP" par ses " fondateurs". La situation du parti est peinte sans farde, avec des expressions que ne renieront pas les plus farouches contempteurs du CDP.
Le parti est ainsi décrit comme " une machine à gagner les scrutins (…) mais incapable de constituer une force de propositions pour accompagner le gouvernement ". Le fonctionnement du CDP serait marqué par " l'arbitraire et le laxisme " qui accordent des privilèges exorbitants et non justifiés à certains militants et le refuse à d'autres. Et les mécontents de pointer des exemples : le directeur du siège du parti qui participe aux réunions du BEN, alors qu'il n'y a pas droit et aucune instance n'a pris la décision. Certains camarades cumulent des postes électifs " maire et député ", alors que le cumul est proscrit depuis la troisième législature. D'autres camarades ont violé la décision du CDP de " respecter le verdict des urnes aux dernières municipales (…) en nouant des alliances contre nature pour conquérir des mairies (…) ou pour constituer des majorités de blocage des sessions de certains conseils municipaux ". Les signataires du mémorandum s'indignent que le parti n'ait pas sanctionné de "tels comportements anti démocratiques".
Le parti n'a pas cru nécessaire de sanctionner "les comportements délictueux ou amoraux portés contre des camarades". Le texte évoque les cas de membres du gouvernement, des maires de communes urbaines ou rurales, du directeur du siège du CDP…
Ces faveurs, constatent les mécontents, ne sont accordés qu'aux militants CDP d'origine ODP. Les "non origine ODP" n'ont droit à rien. Pas de "responsabilités au niveau du gouvernement, des institutions républicaines, de l'administration décentralisée (préfets, hauts commissaires, gouverneurs, président de conseil régional, maires)… ". Ils évoquent bien entendu, les péripéties des dernières législatives, quand les militants les plus en vue de l'ex- CNPP n'ont pas été classés au regard de leur rang dans le parti.
Pour les signataires du mémorandum, ce mal de leur parti trouve sa source "dans le fondement même du CDP", ce qui aurait permis aux ex-ODP de confondre "fusion de plusieurs formations politiques et absorption de plusieurs formations politiques par une seule autre"
Le texte met en accusation les premiers responsables du CDP et précisément "les anciens hauts responsables de l'ODP, toujours aux premières loges du CDP".
Ce texte, comme on le voit, qui ne fait pas dans la dentelle, n'a pas été du goût de tous les participants à la réunion du bureau exécutif de ce 5 juin. Selon nos sources, ce sont les seconds couteaux des " ex ODP " qui sont montés au créneau pour tancer les rédacteurs du mémorandum. Certains seraient allés jusqu'à dire des pétitionnaires qu' "ils ne représentent rien ". Ce qui aurait sorti un Marc Yao de ses gongs et dans une mal cause dont il a seul le secret. Il aurait rétorqué à l'impertinent, encore sous la griserie de la fonction de ministre où il vient d'être nouvellement propulsé, que s'il s'agissait de prendre chacun dans sa fonction d'origine, son contempteur "n'aurait pas eu le privilège d'un poste de conseiller d'ambassade".
Les premiers responsables du parti, au haut niveau, seraient cependant restés en retrait des échanges. Faute d'accord, sur le champ, il a été convenu de se retrouver dans les jours à venir. D'ici là, Roch Marc Christian Kaboré aura consulté qui de droit, pour la conduite à tenir vis-à-vis de ces "insurgés" qui s'agitent au moment où le parti traverse une incertitude sur son avenir. Le parti et ses trois principaux responsables avec. Il vaut mieux donc écouter Blaise Compaoré qui n'aurait jusqu'à présent rien dit des bisbilles dans sa formation politique. Il n'aurait pas non plus, selon diverses sources, rien dit au moment de l'établissement des listes pour les législatives, quand le groupe de Yao Marc, fâché par son classement, aurait décliné l'offre de prendre part au scrutin. Et pourtant, " il a vu la liste " et n'a rien dit. Il n'aurait même pas cherché à rencontrer les frondeurs qui sont pour l'essentiel venus au CDP, par son entregent.
Qu'est-ce qui va se passer maintenant? En attendant les directives de Blaise Compaoré, les pétitionnaires, eux, pensent à la création d'une commission paritaire ex-ODP et ex-CNPP pour discuter de la "refondation" du CDP. Pour l'instant, c'est plutôt la modération de part et d'autre. Les ex-CNPP ne songent pas encore à larguer les amarres, même si certains d'entre eux y pensent fort en se rasant le matin. Un deux nous confie son dilemme : " En tant que militant du parti au pouvoir, je savoure la sécurité du statut que cela procure. Mais lorsque mon côté intellectuel se réveille, j'ai mal de constater la morosité de la démocratie dans mon pays. Alors je me dis…"
La situation actuelle laisse en tout cas toutes les options ouvertes. Si le CDP devait être secoué dans son existence par la mutation (ce ne serait plus qu'une question de jour) de la FEDAP/BC en un parti politique, l'avenir des premiers responsables actuels du CDP serait fortement compromis et le débat de la refondation du parti n'aurait peut-être plus d'intérêt. Les protagonistes seraient alors à choisir entre rejoindre ou se chercher d'autres horizons.
Selon toute vraisemblance, les choses devraient s'accélérer pendant ces vacances gouvernementales. Le remaniement gouvernement, un vrai celui-là, qui se projette pour septembre prochain, devrait clarifier la route pour 2010. François Compaoré devrait faire son entrée dans le gouvernement, en faisant un pied de nez à son ennemi, en occupant le poste de ministre de l'Agriculture et des ressources halieutiques n

Newton Ahmed Barry


AEPHA, créneau porteur pour le secteur privé


Du 02 au 03 juin 2008, le Centre régional pour l'eau potable et l'assainissement à faible coût (CREPA) a organisé à Ouagadougou un atelier régional sur la "promotion du secteur privé" dans le domaine de l'approvisionnement en eau potable, l'hygiène et l'assainissement (AEPHA). Cet atelier fait suite à deux études menées par le CREPA dans cinq pays. Selon ces deux documents, le concept d'acteurs du secteur privé recouvre tous ceux qui offrent des services dans l'AEPHA et qui ne relèvent pas du secteur public. Bien que le secteur de l'AEPHA soit, à première vue, considéré comme un service à caractère social dont l'exercice incombe en grande partie aux Etats, les exigences des bailleurs de fonds et le contexte de la décentralisation appellent à une implication du privé dans ce secteur. Selon les résultats de ces deux études, des difficultés persistent encore quant à une plus grande implication du privé dans le domaine de l'AEPHA. Ces difficultés sont tant d'ordre institutionnel, infrastructurel, économique qu'internes à ce secteur privé (manque d'organisation, de formation, de compétences, etc.). Mais l'environnement économique n'est souvent pas propice pour les acteurs privés intervenant dans le domaine de l'AEPHA. De l'avis du CREPA, si les acteurs du privé sont bien outillés et mieux organisés, le secteur de l'AEPHA peut être porteur pour eux n
Souleymane Zaré


 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne:15 juin 2008