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Affaire
Thomas Sankara
Le dossier est loin d'être clos
Présidium
lors de la conférence de presse
Le 15 Octobre 1987, le Président Thomas Sankara est assassiné
avec plusieurs de ses compagnons au Conseil de l'entente. Son
épouse Mariam Sankara, persécutée, quitte
le Burkina avec ses deux enfants pour un asile en France. A la
faveur du discours de la Baule qui a obligé les autorités
de l'époque à troquer le treillis contre la veste
ou le boubou, les sankaristes ont cru que la justice allait se
saisir de l'affaire Sankara. Constatant le silence radio de l'institution
judiciaire, la veuve Sankara décide de déposer plainte
contre X. Une bataille juridique s'enclenche, mais c'était
sans compter avec l'appareil judiciaire du Burkina, décidé
à faire des pirouettes. Les procédures au Burkina
ont été laborieuses. Le dossier est bloqué
par le refus du procureur de le transmettre au ministère
de la Défense qui l'introduira auprès du tribunal
militaire. Le collectif international des avocats commis pour
ce dossier avec l'accord de la veuve Sankara s'est tourné
vers le comité des droits de l'homme de l'ONU. Après
l'avoir examiné, l'institution onusienne a fait les constatations
suivantes : "Le comité estime dès lors que
la cour suprême n'a pas respecté l'obligation de
respect de la garantie d'égalité de tous devant
les tribunaux, reconnue au paragraphe 1 de l'article 14 du pacte,
et des principes d'impartialité, d'équité
et d'égalité implicites dans cette garantie
Les autorités pertinentes ont refusé ou omis de
renvoyer la cause au Ministre de la défense, afin que de
la poursuite judiciaire soient engagées devant les tribunaux
militaires, tel que prévu à l'article 71 (1) et
(3) du code de la Justice militaire. Le procureur a arrêté
à tort la procédure engagée par les auteurs
et n'a, en outre, pas répondu à leur recours du
25 juillet 2001
Aucune prescription ne saurait rendre caduque
l'action devant le juge militaire, et dès lors la non-
dénonciation de l'affaire auprès du Ministre de
la défense revient au procureur, seul habilité à
le faire. Le comité considère que cette inaction
depuis 2001, et ce en dépit des divers recours introduits
depuis par les auteurs, constitue une violation de l'obligation
de respecter la garantie d'égalité de tous devant
les tribunaux, reconnue au paragraphe 2 de l'article 14 du pacte
et des principes d'impartialité, d'équité
et d'égalité implicite dans cette garantie."
Deux ans après, il y a eu comme une sorte de volte face
au niveau du comite onusien. Il félicite l'Etat burkinabè
et rappelle que le recours recommandé ne fait pas mention
d'une enquête. La fondation Thomas Sankara, l'Union des
partis sankaristes (UPS) et l'Union pour la renaissance/Mouvement
Sankariste (UNIR/MS) ont saisi l'occasion de la commémoration
du 25e anniversaire des journées "anti- impérialistes"
les 21 et 22 mai (en souvenir aux manifestations pour la libération
de Sankara arrêté le 17 mai 1983, alors qu'il était
Premier ministre) pour livrer leurs points de vue à la
presse au Centre national de presse Norbert Zongo le mardi 20
mai dernier. Me Bénéwendé Stanislas Sankara,
président de l'UNIR/MS et membre du collectif des avocats
a donné un éclairage sur la procédure. Il
a précisé que malgré le volte face constaté,
contrairement à ce que certaines personnes pensent, le
dossier reste pendant, il n'est donc pas clos ! Pour Jean Hubert
Bazié, le Burkina est passé maître dans l'art
de clore les dossiers. Il en veut pour preuve le dossier Norbert
Zongo. L'implication du Burkina dans la recherche des solutions
dans certains conflits avec l'appui de l'ONU peut être une
explication de ce retournement de l'instance des droits de l'homme
onusienne, ont affirmé les conférenciers. Mais de
toute façon, a indiqué M. Bazié, le mensonge
à beau courir plusieurs années, la vérité
finit par l'attraper. Quant à Jonas Hien de la Fondation
Thomas Sankara, il pense que le président Blaise Compaoré
doit aider la Justice à trouver les assassins du Président
Sankara. Il avait affirmé après son assassinat que
des gens sont venus lui dire que Thomas Sankara voulait attenter
à sa vie. Ils ont préféré passer à
l'acte sans l'informer parce qu'ils savaient qu'il allait refuser
son exécution. Aujourd'hui, le président de la Fondation
Thomas Sankara dit s'en remettre à Blaise Compaoré
pour connaître qui sont les exécuteurs du leader
de la Révolution d'août 1983 n
Merneptah Noufou Zougmoré
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Afrique
Haro sur le nationalisme pour que vive l'intégration !
L'Open Society Initiative for West Africa (OSIWA)
existe depuis 2000. Elle uvre pour l'avènement de
démocraties ouvertes qui consacrent la bonne gouvernance,
l'Etat de droit, et la participation citoyenne inclusive. En plus
des 15 pays de la Communauté économique des États
de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), OSIWA intervient au Cameroun,
en Mauritanie et au Tchad. Dans la poursuite de son idéal,
elle a organisé un forum sur l'intégration économique
en Afrique, le 16 mai dernier à Ouagadougou. Dr Sy, Me
Halidou Ouédraogo, le magistrat Kassoum Kambou, Ali Sanou,
SG du MBDHP et un représentant de l'UEMOA figuraient au
nombre des panélistes. Des échanges, on retient
que la lente marche de l'Afrique vers l'intégration économique,
politique et culturelle risque de l'enfoncer davantage dans le
sous-développement et de faire du continent un acteur mineur
de la mondialisation. L'Afrique a donc plus que jamais besoin
d'une nouvelle dynamique pour parvenir à l'intégration
sans laquelle il n'est pas d'avenir pour ses populations. C'est
à cet effet, que l'Union africaine a été
lancée en 2002 en vue de conduire le continent sur le chemin
des États-unis d'Afrique. Mais aujourd'hui, force est de
constater que cette volonté est soumise à rude épreuve.
Parmi les écueils identifiés, le faible niveau de
complémentarité structurelle entre les économies
des différents pays et la mauvaise qualité des cadres
structurels, juridiques et réglementaires. La prolifération
des Communautés économiques régionales constitue
également un obstacle à la rapide intégration
économique de l'Afrique. De nos jours, on compte près
d'une vingtaine de regroupements financiers et économiques
en Afrique. Certains pays appartiennent même à plusieurs
communautés. Conséquences, l'Afrique offre au monde
le spectacle de tissus sociaux qui se désagrègent
à l'intérieur d'États-nations qui eux-mêmes
se désintègrent. Le continent semble ramer à
contre courant de l'évolution. Il faudrait donc sortir
de la logique des micro-États indépendants et souverainistes
pour tendre vers un ensemble unifié, fort et homogène.
Dans cette quête d'un mieux-être, les conférenciers
estiment que la dimension culturelle est d'une importance capitale.
Les fondations sur lesquelles on essaie souvent de faire reposer
l'édifice de l'intégration sont aériennes
et superficielles. En Afrique, plus qu'ailleurs, l'individu se
définit par sa culture. Coupé ou séparé
de cette culture, l'homme africain s'étiole, il meurt comme
le sarment de la Bible, la branche que l'on sépare de son
tronc et où ne coule plus la sève vitale et régénératrice.
Le Japon et les dragons du Sud-Est asiatique qui étonnent
aujourd'hui par leurs progrès fulgurants y sont parvenus
parce qu'ils sont restés eux-mêmes d'abord, c'est-à-dire
essentiellement enracinés dans leurs cultures et accrochés
à leur histoire et à leurs traditions. La logique
implacable est que l'intégration ne peut aboutir avec un
narcissisme et un nationalisme débridés !
Arsène Flavien Bationo
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Etrange
rencontre
Rendez-vous à Ouaga en août
Issaka
Herman Traoré, Président du Comité
d'Organisation
E trange rencontre est un cadre de rencontres de réseaux
et associations de jeunes d'Afrique, d'Europe, de l'Amérique
Latine et du Nord. Ces jeunes issus de ces continents ont
une vision altermondialiste. Pour traduire leur foi en cette
voie, ils ont décidé de créer "Etrange
rencontre" qui permet des échanges sur diverses
thématiques liées à la marche actuelle
du monde. La première rencontre s'est tenue à
Cotonou en 2007 et la seconde se tiendra du 24 au 31 août
prochain à Ouagadougou. Le constat fait par les réseaux
et associations membres de Etrange rencontre est que pendant
les forums sociaux, les jeunes n'ont pas souvent la parole.
Pour ce faire, ils ont décidé de créer
un cadre approprié pour discuter de leurs problèmes.
Pour informer l'opinion de l'état d'avancement des
préparatifs, le comité national d'organisation
du rendez-vous de Ouaga a rencontré la presse au
Centre national de presse Norbert Zongo le 15 mai dernier.
Issaka Hermann Traoré et ses camarades s'activent
pour qu'à la date indiquée pour le début
de la rencontre, tout soit fin prêt. Pour cela, des
démarches sont entreprises auprès des autorités
pour les formalités administratives. Ils devraient
rencontrer le ministre de la Jeunesse, mais à ce
qu'ils disent, le protocole de ce dernier leur a répété
à maintes reprises que l'opportunité de la
rencontre avec le ministre n'urge pas. Pour lui, comme la
rencontre se tient en août, aucun problème
ne se pose.
Cette année, à Ouagadougou, les participants
attendus seraient au nombre de 500 à 600 personnes.
Les sites qui vont abriter les ateliers sont identifiés,
mais les organisateurs attendent de recevoir le " O
K " des autorités de tutelle. La contribution
pour chaque participant au niveau des scolaires et étudiants
est de 2500fcfa, les travailleurs doivent débourser
5000fcfa comme frais de participation. Un budget de 29 millions
fcfa devrait être mis dans l'escarcelle du comité
pour permettre une organisation efficiente. L'année
dernière, les autorités béninoises
avaient mis la main à la poche et les échanges
ont eu lieu à l'Université d'Abomey Calavi.
Un partenaire belge aussi avait contribué financièrement.
Cette fois-ci, Etrange rencontre espère quelque chose
du côté des responsables burkinabè.
Le partenaire belge s'annonce encore à ce rendez-vous.
Des ateliers de formation sur les technologies de l'information
et de la communication (TIC) dans ses volets création
de sites, de portails
sont prévus. Cette fois-ci,
contrairement à ce qui a eu lieu au Bénin,
Ouagadougou réserve la formation sur les TIC à
ceux qui ont un niveau assez avancé dans le domaine.
L'artiste panafricain Tiken Jah Fakoly est le parrain de
la seconde édition de la rencontre des jeunes altermondalistes.
Le comité d'organisation justifie ce choix par son
engagement pour des causes justes
Merneptah Noufou Zougmoré
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Koudougou
Un greffier défie l'autorité judicaire
Par décret en date du 25 juillet 2007, neuf greffiers en
chef sont nommés à Ouagadougou, Kongoussi, Tenkodogo,
Manga, Bobo-Dioulasso, Léo, Gaoua, Fada et Koudougou. Comme
il est de coutume, le dernier article du décret stipule
qu'il "prend effet pour compter de la date de prise de service
des intéressés". Malgré cette disposition
qui confère une force exécutoire à cet acte
réglementaire et bien que les agents aient rejoint leur
poste d'affectation, certains ont du mal à occuper leur
poste. La résistance est particulièrement vive au
Tribunal de Grande Instance de Koudougou. Ce, plus de 10 mois
après la signature du décret. Fada a également
connu la même situation. Mais les choses seraient en voie
de normalisation sous la pression de l'Inspection Générale
de la Justice. L'inspecteur Tougouri entend en effet uvrer
à ce que les décisions soient exécutées.
Bien qu'appelés à d'autres fonctions, beaucoup de
Greffiers en chef sortants n'avaient pas dressé leur procès-verbal
de passation de service. Ce document fait la situation de la gestion
administrative, financière et comptable du Greffe. Il est
donc d'une extrême importance pour le Greffier en chef entrant.
Au regard de la relative importance des fonds déposés
dans les greffes, il serait risqué pour le greffier entrant
de ne pas savoir dans quel état son prédécesseur
laisse le service. Ce manquement au devoir de précaution
peut lui être fatal en cas de malversations. Pour le Syndicat
Burkinabè des Greffiers (SGB), tous ces problèmes
ne devraient pas se poser. Il estime que la situation de blocage
qui prévaut au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Koudougou
est inadmissible. "Nous ne comprenons pas pourquoi il y a
des difficultés d'application d'un décret pris en
Conseil des ministres. Nous nous expliquons difficilement qu'un
individu puisse s'agripper ainsi à un Greffe (celui de
Koudougou, (Ndlr). L'autorité devrait être plus rigoureuse
car cette situation brime les droits des entrants". Propos
du SG du SGB, Daniel Wangrawa. Le 08 avril 2008, dans une correspondance
au ministre de la Justice, le syndicat soulignait l'urgence à
résoudre cette situation inédite pour éviter
des vagues nuisibles à l'image de la justice. Le 08 mai
2008, la même question est abordée au cours d'une
rencontre entre le SGB, le Syndicat National des Agents de la
Justice (SYNAJ) et le ministre Koté. Le Garde des Sceaux
déclarait à cette rencontre que la mauvaise volonté,
voire la résistance de certains greffiers en chef sortants
pourrait provoquer une réaction ferme de l'administration
qui souhaitait plutôt que les choses se passent autrement,
nonobstant les éventuels problèmes d'administration
et de gestion qui pourraient être constatés. Malgré
celà, la passation n'est toujours pas une réalité
à Koudougou. L'autorité est défiée.
Allègrement !
Les 09 greffiers en chef dont il est question sont de la catégorie
A. Ils doivent relever les greffiers en chef de catégorie
B à qui la justice avait fait appel par manque de personnel
qualifié. Les nouveaux venus sont des cadres de conception
et de direction dont les compétences sont requises pour
dynamiser les greffes. Cette situation s'apparenterait à
une injustice pendant même que la justice, tout comme les
autres corps de l'administration, prône la valorisation
du capital humain. Au demeurant, on peut s'interroger sur la nature
et la légalité des actes juridiques posés
par les greffiers en chef sortants qui sont toujours en poste.
Au-delà des difficultés matérielles et financières
qu'un tel état de fait occasionne, on peut également
se demander comment ces agents seront évalués si
le décret n'est toujours pas appliqué. Dans une
administration républicaine, force doit toujours demeurer
à la loi. Ce principe élémentaire de bonne
gouvernance doit commencer par la justice elle-même !
Arsène Flavien Bationo
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