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Contre-jour

Luc Adolphe Tiao à L'Evénement
Burkina Faso: Une démocratie à repenser
Reforme du système éducatif: 20% d'admis ont accès à la 6ème et la 2nd
La police de proximité: Un renforcement de la stratégie préventive

Luc Adolphe Tiao à L'Evénement
Le DP de l'Evénement( à gauche) saluant le Président du CSC

Ce jeudi 10 avril 2008, Luc Adolphe Tiao, président du Conseil supérieur de la communication et une partie de son staff technique ont effectué une visite de courtoisie à l'équipe du bimensuel L'Evénement.

Cette démarche a été l'occasion pour le président du CSC de s'expliquer sur le contenu de son dernier communiqué. Cette note mettait en garde un certain nombre de journaux dont L'Evénement contre une dérive et une violation de la déontologie et de l'éthique. "Tout comme les journaux ont leur liberté d'esprit, le CSC a également sa liberté de travailler. Ce qui nous donne le devoir de critiquer ce que vous faites", a affirmé le président du CSC. Et de reconnaître que sa structure aurait dû préciser les griefs reprochés à chacun des médias cités. Le tôlé qu'a soulevé cette communication du CSC a fait dire à Luc Adolphe Tiao que : "nous-nous sommes rendu compte que la méthode de communiqué ne plait pas aux journalistes. Ils préfèrent les auditions. Ce dont nous tenons compte. Certes, nous avions auparavant privilégié le dialogue mais cela ne nous empêche pas de prendre des décisions".
La mise en demeure de L'Evénement dans l'annonce du CSC se justifie selon son premier responsable par le fait que le dossier sur la question de la santé du chef de l'Etat a suscité une polémique. Selon lui, cette controverse risquait de déstabiliser le citoyen burkinabè. "Mais nous vous rassurons que nous n'avons pas réagi parce que l'ordre nous a été donné. Nous sommes à un stade où nous n'avons pas besoin que quelqu'un nous dise ce que nous devons faire. A notre indépendance, nous y veillons jalousement", a précisé Luc Adolphe Tiao. Concernant la problématique de la santé du président, Germain Bitiou Nama, directeur de publication du bimensuel L'Evénement a renchéri : "Nous ne sommes pas des subversifs. Nous croyons à la démocratie. Nous savons que le sujet sur la santé du chef de l'Etat est sensible. Soyez rassurés de notre volonté à travailler dans le respect de la déontologie et de l'éthique". Depuis l'existence du CSC, c'est la seconde fois que L'Evénement est interpelé. La première interpellation avait porté sur le fait que le journal avait publié en 2005 et ce à sa Une des photos de personnes tuées lors de conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Outre l'évocation du communiqué, le CSC a fait un bref bilan de ses activités. Selon Luc Adolphe Tiao, depuis 7 ans qu'il dirige l'institution, il est heureux de n'avoir pas suspendu un media comme cela s'est fait au Mali, au Benin, au Togo, etc. "La plus grave décision que nous avons eu à prendre est une mise en demeure d'un journal et la suspension d'une émission de radio pour faute grave", assure-t-il. Pour Germain Bitiou Nama, la présence d'un journaliste à la direction du CSC est la meilleure chose qui aurait pu arriver. Etant du monde médiatique, ce dernier sait appréhender les faits et gestes des confrères. Agissant également dans le domaine de l'amélioration des conditions de travail de ses confrères, Luc Adolphe espère que la Convention collective sera signée avant mai 2008. L'établissement et la délivrance de la carte de presse et le plaidoyer concernant la dépénalisation des délits de presse doivent également progresser et augurer d'un meilleur devenir pour les femmes et hommes de médias.
Concernant l'épanouissement des médias, l'une des satisfactions de Luc Adolphe Tiao est d'avoir œuvré à ce que certaines autorités respectent la presse, de ce fait, elles hésitent à l'attaquer. D'autant plus que des élites économiques ou gouvernementales croient que le CSC se doit de les défendre bec et ongles. "Mais à leur grande surprise, elles se rendent compte que nous travaillons de façon indépendante. Nous voulons être du genre juste", soutient Luc Adolphe Tiao.
Outre ces satisfactions, le CSC reconnaît ses limites. Il ne dispose pas de toutes les compétences humaines pour appréhender des problématiques parfois difficiles sur les questions de déontologie. La pluralité de l'information au sein des médias d'Etat reste une quête. Le CSC veut également élargir sa compétence sur ces médias publics car pour l'heure, il n'intervient que dans le secteur privé. Aussi, a-t-il adressé des recommandations au gouvernement dans ce sens.
La présence de Luc Adolphe Tiao au journal L'Evénement s'inscrit dans une série de visites au sein de plusieurs médias de la place. Le mandat du président à la tête du CSC arriverait bientôt à terme. Il serait bientôt nommé ambassadeur en Occident. Aussi sa visite pourrait s'apparenter à un au revoir aux confrères. "Ce n'est nullement un au revoir. C'est une visite qui avait été prévue bien longtemps", a t-il rétorqué. N'empêche qu'il attend toujours son décret de nomination en tant qu'ambassadeur

RS



Burkina Faso
Une démocratie à repenser

Depuis quelques temps, il est question de "réfondation de la vie politique nationale". Soumane Touré, Ram Ouédraogo, Alain Zoubga, Hermann Yaméogo, Yacouba Touré sont quelques figures de proue de cette lutte. Leur manifeste publié le 16 avril dernier est un véritable pamphlet contre le régime de la 4è République. Ils estiment que ce régime a conduit le pays dans un état de délabrement et de déliquescence prononcé, à telle enseigne que toutes les issues sont bouchées. Par conséquent, et selon Alain Zoubga, "il faut mettre fin à l'impunité de toute nature, à l'injustice politique, à la déresponsabilisation des gouvernants, à la monopolisation des pouvoirs et à la monarchisation en cours qui violent les principes constitutionnels de la concurrence politique ". Pour le courant "réfondateur", le pouvoir, "convaincu qu'il peut rouler tout le peuple tout le temps ", n'a pas pris conscience des crises antérieures. La plus forte étant celle du 13 décembre 1998 consécutive à l'assassinat de Norbert Zongo. Cela a eu pour effet de mettre le front social constamment en ébullition par des manifestations itératives : affrontements entre policiers et militaires, port obligatoire du casque, affaire des militaires retraités, émeutes contre la vie chère… Il serait donc temps de changer de cap. Un changement qui ne peut être opérant que dans le seul cadre d'une "mise à plat" et d'un "dialogue républicain inclusif". Malgré la composition hétéroclite du regroupement avec des communistes, des libéraux, des écologistes… les "réfondateurs" ne veulent pas entendre parler de mariage contre-nature. La main sur le cœur, ils professent avoir fait table rase du passé. Tout ce qui les intéresse et les lie à présent résiderait dans l'intérêt supérieur de la nation. Après les expériences lamentables de la COB, de l'OBU et tutti quanti, les "réfondateurs" apporteront-ils réellement une lueur d'espoir au peuple burkinabè ? L'effet d'euphorie passé, sauront-ils surmonter les querelles de clochers et le nombrilisme qui caractérisent souvent ce genre de regroupement politique ?

Arsène Flavien Bationo

Reforme du système éducatif
20% d'admis ont accès à la 6ème et la 2nd

Le processus de reforme de l'éducation est bien en marche. Le bilan, selon le ministre de l'Enseignement de base, Odile Bonkoungou, est positif malgré quelques insuffisances. La mise en œuvre est effective et s'est traduite par un impact positif malgré les insuffisances de l'offre. Cette reforme pour la rentrée scolaire 2007/2008 a été axée sur sept (7) actions. Ce sont l'application des principes de l'obligation scolaire, de la gratuité des frais d'inscription et des manuels scolaires dans les classes de 6ème et CP1, la suppression des frais de scolarité et dotation de manuels au primaire et la réduction de 50% de frais de scolarité dans les CEG publics de 306 départements.
Les effectifs au niveau du primaire et du post primaire ont augmenté suite à la mise en œuvre de la reforme. Le taux brut de solarisation est passé de 70% à 72% dont 64% pour les filles au niveau du primaire. Ce qui a posé un certain nombre de problèmes. En terme d'infrastructures, des écoles ont été construites au primaire comme au post primaire. Cependant, le besoin en infrastructures demeure. Pour faire face à ces urgences, le gouvernement a procédé à la prise d'un certain nombre de mesures. Ce sont le recours à des abris précaires, le redéploiement du personnel enseignant pour éviter de de nombreux postes vacantes. Outre ces difficultés, il faut ajouter des déficits en ressources humaines, des difficultés de financement et la mauvaise compréhension de la gratuité. Le ministre dira à propos que la distribution gratuite de manuels scolaires et la réduction des frais de scolarité constitue en elles-mêmes une gratuité. "La réduction de 50% des frais d'inscription a été appliquée dans tous les départements", a souligné le ministre de l'Enseignement de base. L'obligation scolaire et la gratuité des frais d'inscription qui sont en cours dans 45 provinces pilotes sont un processus. L'opération s'étendra à l'ensemble des provinces. Sur la question de la qualité de l'enseignement, le ministre Joseph Paré de l'Enseignement secondaire et supérieur a indiqué que le principe est d'allier la quantité à la qualité. Des manuels didactiques sont donc offerts aux élèves et aux enseignants. Le document de cadrage de la reforme permettra également de relever la qualité de l'enseignement, mais aussi et surtout de mettre en place un système plus adapté et plus cohérent. Un tel système offre à l'apprenant la possibilité de se prendre en charge.
Le document de cadrage de la reforme qui attend d'être amendé et validé recommande l'effectivité des cycles terminaux, le développement des compétences par cycle, l'adéquation éducation-formation et emploi grâce à la professionnalisation et l'intégration des programmes sectoriels. La deuxième phase de la reforme devrait donner la chance à tous les admis au CEP et au BEPC de s'inscrire en 6ème et 2nd. Ils sont actuellement 20% qui poursuivent leur cursus scolaire.

Abdoul Razac Napon

La police de proximité
Un renforcement de la stratégie préventive


" Les services de sécurité ne peuvent à eux seuls lutter contre la criminalité dans ses formes et manifestations diverses. L'établissement de partenariat stratégique, dynamique et opérationnel s'impose. " a déclaré le ministre de la Sécurité, Assane Sawadogo, au cours de l'atelier tenu le 15 avril dernier à Kombissiri sur la vulgarisation du concept de la police de proximité à l'intention des médias. Ces propos du ministre indiquent la stratégie adoptée par le gouvernement dans la lutte contre l'insécurité et la criminalité depuis 2003. Il s'agit d'associer toute la communauté dans la lutte par des mesures préventives. Chaque citoyen doit être responsable de sa sécurité et celle des autres. Selon les responsables en charge de la sécurité, le partenariat est l'élément de base de la police de proximité. Depuis longtemps, un climat de méfiance s'est installé entre les forces de l'ordre et les populations. Cette situation constitue un véritable handicap dans la lutte contre l'insécurité. Par la police de proximité, les forces de sécurité veulent se rapprocher des citoyens pour se faire comprendre et peaufiner des stratégies d'actions communes avec eux. Pour le commissaire Guigma, la réussite de ce nouveau concept passe par un changement de mentalité. "Les populations doivent comprendre que les éléments de forces de sécurité viennent de cette même communauté et elles doivent leur faire confiance", a-t-il soutenu. Le secrétaire général du ministère de la Sécurité n'a pas manqué d'interpeller les professionnels de sécurité sur certains comportements qui entretiennent la méfiance. Il les a invités à créer des conditions propices à l'installation de la confiance et à se débarrasser des habitudes du temps colonial.
Ce changement de mentalité, le ministère de la Sécurité est conscient que c'est un long travail. C'est pourquoi une campagne d'information et de sensibilisation est lancée à l'endroit des populations. Au niveau des forces de sécurité, dira le commissaire Guigma, enseignant à l'école nationale de police, un travail est fait pendant et après la formation. " De plus en plus, des agents sont sanctionnées pour mauvaise conduite ", fera-t-il remarquer.
Ces campagnes de communication permettront aux uns et aux autres de mieux appréhender les enjeux de ce nouveau concept. Le commissaire Paul Zagré a insisté sur un des points qui sèment déjà la confusion. Les éléments des comités locaux de sécurité ne sont pas des indicateurs commis à la police. Le concept vise à intégrer les communautés au mandat opérationnel des forces de sécurité dans la gestion de la sécurité par la prévention de l'insécurité n

Abdoul Razac Napon


Œuvres caritatives
Sos Paspanga vole au secours des démunis

Ces femmes ont apprecié le geste
L'association Sos Paspanga a offert 4 tonnes de vivres aux femmes démunies de la Cour de solidarité de Ouagadougou. Sos Paspanga est une association qui mène des actions en faveur des populations défavorisées. Ce geste de 4 tonnes de vivres correspond à trois mois de nourriture pour ces 96 femmes. Un geste bien accueilli par les pensionnaires de cette cour. La porte-parole de ces femmes a traduit toute sa reconnaissance à l'endroit des donateurs. Pour Jacques Verleure, commissaire aux comptes de l'Action humanitaire hors de la métropole, cette action s'explique par le contexte de la crise alimentaire. Première opération du genre, l'association compte poursuivre cette initiative en direction des démunis. Après Ouagadougou, c'est Bilanga dans la Gnagna et Bawiga dans le Ziro qui bénéficieront du précieux soutien de l'association. La distribution des vivres, selon le commissaire aux comptes, devrait contribuer à l'amélioration momentanée des conditions des pensionnaires.
Sos Paspanga intervient prioritairement dans les domaines de la santé, du social et de l'eau n

A.R.N.





 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 Avril 2008