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Contre-jour

Dafani : Des jus burkinabè à l'assaut du marché
Méningite, Paludisme, analphabétisme: Budgets insuffisants, périls réels
Grève à Ouaga: Il y avait du monde à la Bourse du Travail

Dafani
Des jus burkinabè à l'assaut du marché

Fini le moment où les mangues pourrissent...
L'Ouest du Burkina est reconnu comme étant une zone de production de fruits par excellence. Mais faute d'infrastructures routières et de structures de transformation industrielle, une grosse partie de cette production pourrissait sous les regards médusés des populations de la région. Face à un tel gâchis, certains producteurs ne cachaient plus l'envie de détruire ces vergers qui ne leur rapportaient presque rien.
Résidant à Ouagadougou, Georges Traoré est un natif de la région. Il se souvient du désarroi des siens face au pourrissement de ces grandes quantités de fruits. Mais en signe de réconfort, il ne manquait pas souvent de leur dire que: " Cela ne sert à rien de les détruire. Peut-être qu'un jour, ne sait-on jamais, vous pourrez en tirer profit ". Depuis juin 2007, ce triste constat n'est plus qu'un mauvais souvenir pour bon nombre de producteurs de fruits de cette région, voire pour les producteurs des pays voisins. La cause: la création de la société agro-industrielle Dafani. L'inauguration officielle de cette nouvelle société, qui porte le même nom que les jus de fruits qu'elle met sur le marché, est intervenue le 25 janvier 2008. Bâtie sur une superficie totale de 10 hectares, la société Dafani est implantée à Orodara, dans la province du Kénédougou. En matière de vente de jus de fruits, les produits Dafani ont actuellement le vent en poupe sur le marché national. La société propose une gamme variée de jus de fruits naturels à sa clientèle: jus de mangues, cocktails de mangue-orange, cocktail d'ananas-mangue-fruit de la passion.
Du fait de la détaxation dont elle bénéficie pour l'importation de certains produits, Dafani a l'obligation d'exporter 80% de sa production vers l'Europe et certains pays arabes. Les 20% restant sont dispatchés dans les pays de la sous-région. En cette période de canicule, les consommateurs ne se privent pas de se délecter de ces jus naturels au label "Made in Orodara" même si certains trouvent le prix un peu élevé. C'est ce que constate Odette Samaté: "Comparé aux colorants qu'on nous vend, Dafani est nettement mieux parce que c'est naturel. Mais dans le contexte actuel de vie chère, il n'est pas donné à tout le monde de se procurer les jus Dafani à cause de leur prix".
La société Dafani a l'ambition d'être une unité à vocation sous-régionale. Pour ce faire, elle entend transformer toute la production de mangues venue du Burkina, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée et du Mali. L'ananas entrant dans la composition de cocktail Dafani est importé à partir de certains pays côtiers voisins. Afin d'avoir un fonctionnement continu sur toute l'année, la société prévoit également de produire d'autres jus locaux tels le tamarin, le bissap, le gingembre. La mangue est un fruit composé d'un tiers de résidus. Dafani veut également tirer profit de ces résidus. Après extraction de la pulpe, les tourteaux vont être utilisés pour l'alimentation du bétail. Quant aux noyaux, ils serviront à la fabrication de produits cosmétiques, très convoités sur le marché international.
Avec un investissement de 1,5 milliards, Dafani emploie 60 permanents et près de 200 journaliers en période de campagne de mangues n

Souleymane Zaré

Méningite, Paludisme, analphabétisme
Budgets insuffisants, périls réels


Le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD) a mené une recherche-action en vue de cerner les opinions des populations sur l'impact des choix budgétaires en matière de lutte contre le paludisme, la méningite et l'analphabétisme. Le rapport a été publié le 21 mars dernier. Les régions choisies sont celles du Centre (Ouagadougou), du Centre-Est (Tenkodogo) et du Sud-Ouest (Gaoua). Les variables couvertes par le questionnaire portent sur la prévention, les soins et les campagnes d'information et autres sensibilisations. Le rapport indique que le budget de la santé semble insuffisant au regard des défis que doit relever l'Etat. Ce budget ne représente en effet que 7,79% du budget de l'Etat en 2006. Cette part est bien en deçà des 10 % préconisé par l'OMS. Le CGD soutient que la méningite, cette infection meurtrière au Burkina Faso, n'est prise en charge par l'Etat qu'à hauteur de 0,95% du budget 2006 de la santé, soit 9,5 FCFA consacré à la méningite sur 1 000 FCFA dépensés en matière de santé ! De plus, fait remarquer l'étude, les campagnes de sensibilisation ne paraissent pas suffisantes pour instruire et avertir les populations vulnérables. Le mode de lutte utilisé actuellement par les pouvoirs publics contre cette épidémie est de la laisser se déclencher, de déterminer ensuite les souches à combattre avant d'acquérir et acheminer les vaccins dans les zones touchées.
Malheureusement, cela suppose qu'il y ait d'abord des victimes ! Sur le plan de l'éducation de base, le rapport indique que l'Etat n'a consacré que 0,73% du budget 2006, du MEBA à l'alphabétisation. Ici aussi, le CGD constate que la plupart des ressources sont dépensées par voie extrabudgétaire à travers le Plan décennal de développement de l'éducation de base (PDDEB) et que la part de l'Etat est insignifiante par rapport à la contribution des bailleurs de fonds. Pour toutes ces raisons, le CGD estime que l'Etat devrait augmenter de 10% au moins les fonds alloués à la lutte contre la méningite, le paludisme et l'analphabétisme n

Arsène Flavien Bationo

Grève à Ouaga
Il y avait du monde à la Bourse du Travail

Ce 8 avril, il n'y a pas eu cours dans les établissements scolaires de la ville de Ouagadougou. Au centre ville, dans les environs du grand marché, les magasins sont restés fermés. En bien des endroits, les parkings étaient dégarnis. Les forces de l'ordre ont fait, soit le pied de grue devant certaines infrastructures, soit la ronde des quartiers. A la Bourse du Travail, il y a eu du monde. Un meeting a permis de faire le point de la rencontre gouvernement-syndicats aux militants. Sur fond de vie chère, Tiken Jah Fakoly est joué en boucle. Il interpelle les gouvernants dans une de ses chansons : " attention il faut gérer les tensions sinon les réactions seront fatales ". Dans la soirée, l'ambiance change en ville. Aux devantures des ministères, les parkings sont pleins. A l'Assemblée nationale, l'espace réservé aux véhicules semble ne pas suffire. Les députés doivent être en session. Les élus sont considérés par certains syndicalistes comme " budgétivores ". A la Bourse, rien de particulier. Les habitués de la cour s'adonnent à leur jeu favori, la belotte. Selon un militant de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGTB), les responsables syndicaux collectionnent les données pour l'évaluation de la grève. Pour le meeting de la matinée du 8 avril, le président du mois des centrales a décrit la situation actuelle des travailleurs en ces termes : " chez les travailleurs, il n'y a plus de panier de la ménagère. Leurs femmes mettent les condiments dans les sachets noirs car à l'intérieur, il n'y a pas grand- chose. C'est les têtes de poissons pour changer un peu la saveur de la sauce. " Les syndicats devraient rencontrer le gouvernement le 7 avril dernier. Mais ce rendez-vous n'a pas eu lieu parce que la précédente rencontre tenue le 4 avril a accouché d'une souris. D'où la grève des 8 et 9 avril n

Merneptah Noufou Zougmoré

Maquis les kundé
Transparence pour un nouveau départ

16 mars 2007. Dans un déchaînement de violence, les maquis " Kundé " sont mis à sac par des populations sur excitées. A l'origine de ces casses et pillages, la découverte d'un corps mutilé dont le sieur Maïga serait le présumé assassin. La relation est vite établie entre Maïga et les responsables des Kundé. Ils seraient en relation d'affaires et le corps retrouvé ne participerait que d'un sacrifice rituel pour booster encore plus les affaires des maquis. Un an après, soit le 16 mars dernier, faisant le bilan des évènements, Dominique Tapsoba, DG des Kundé et ses collaborateurs affirment qu'ils ne " connaissent ni de près ni de loin le nommé Maïga ". Ils ajoutent que seules des personnes malveillantes et jalouses de leur réussite ont distillé la rumeur pour stopper la progression des maquis Kundé. Parmi les quatre maquis qui ont été saccagés, deux ont été réhabilités dont celui de la Cité An II. Les gérants des maquis disent avoir désormais pris conscience de la nécessité de communiquer. Pour eux, leur réussite, loin d'être occulte, a bel et bien une histoire. Elle serait le fruit de leurs "sacrifices", de leur "persévérance" et de leur "longue amitié". Ils auraient même hypothéqué d'autres biens pour que se réalise le projet de ces Kundé. Par ailleurs, ils disent n'avoir aucune accointance avec une quelconque autorité politique. Bien que les faits (l'assassinat et la destruction des biens) remontent à un an, la "procédure suit toujours son cours" en justice. Les gérants des maquis se débattent donc comme ils peuvent pour se légitimer auprès de l'opinion et recoller ainsi les morceaux du puzzle n

Arsène Flavien Bationo


Militaires retraités
Baïllonnés dans leurs droits

Les militaires retraités ne comprennent pas l'arrestation de l'ex-sergent Clément Ouédraogo. Leur camarade aurait été enlevé à son domicile et conduit directement à la MACO. "Je précise que c'est un enlèvement, un abus de pouvoir", a déclaré le sergent Malo. L'arrestation de Clément Ouédraogo a été selon ses camarades ordonnée par le ministre de la Défense pour l'empêcher de mobiliser ses camarades. L'alibi est que ce militaire à la retraite a porté atteinte à la sûreté de l'Etat. Les manifestations des militaires retraités avaient été qualifiées d'illégales. C'est pour donc se conformer aux lois qu'ils ont décidé de créer une association. C'est au moment de la constitution de ce regroupement que le ministre de la Défense ordonne l'arrestation de leur leader. "Mais de quels droits peut-on nous empêcher de créer l'alliance des retraités militaires ?". Ces retraités estiment que la discipline de la grande muette ne peut plus s'appliquer à eux. Ils sont des civils, avec les mêmes droits. D'ailleurs, l'armée ne les reconnaît plus. Le sergent Malo et ses camarades s'inquiètent pour le Burkina. Ils constatent que la justice est personnalisée et privatisée, la lutte des classes est mal ajustée. Pour eux, un pays sans justice est une jungle avec tous les dérapages possibles n

Abdoul Razac Napon




 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 20 Avril 2008