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Contre-jour

Le cheval de Barani
Forum social du Burkina: Ouahigouya s'ouvre aux altermondialistes
Plaidoyer budgétaire pour l'agriculture
Maladie cardiovasculaire: Première cause de décès dans le monde

Le cheval de Barani

Très très loin de Ouagadougou, la capitale, se trouve un petit village, le village des Sidibé qui n'est pas connu pour ses habitants, mais pour ses chevaux. Curieux n'est-ce pas ? Non pas du tout. Ce ne sont que des Sidibé, esclaves des BARRY. Nous leur avons rendu visite ce 1er mars 2008 à l'occasion de la célébration de la 8e édition du Festival culturel hippique de Barani. Tout maître que nous sommes, il faut avouer que ces " gens " ont su revaloriser la culture, celle du bobola et partant aussi le pulaaku.
Ce festival hippique qui se tient annuellement est un formidable rendez-vous de la culture, autour du cheval et de l'intégration africaine. Toutes les communes voisines maliennes étaient là, représentées à tous les niveaux. Ce qui a fait dire à un des invités maliens, que "les étrangers, ce sont ceux qui viennent de Ouagadougou et avec le comité d'organisation, nous leur souhaitons la bienvenue".
Barani se forge progressivement un nom dans les festivals annuels à voir. Et il faut effectivement s'y rendre pour comprendre. L'accès est difficile certes, mais sans ce rendez-vous magnifique de la culture, qui aurait entendu parler de ce bled et qui se serait rendu là-bas pour témoigner de l'urgence de sortir cette extraordinaire contrée (Dédougou, Nouna, Djibasso, Barani… ) de notre pays de la Haute Volta pour la faire rentrer au Burkina Faso? Par la route d'abord, et par tous les biens que la bonne route apporte avec elle. Si j'étais président du Faso, chers cousins Sidibé, je n'aurais pas fait des échangeurs à Ouaga. J'aurai d'abord démocratisé le " goudron " et vous auriez eu votre part.
A l'année prochaine in challah !

Newton Ahmed Barry

Forum social du Burkina
Ouahigouya s'ouvre aux altermondialistes

Le comité d'organisation de la 2è édition du Forum social du Burkina s'active pour être au rendez-vous de Ouahigouya. En effet, du 27 au 29 mars, le deuxième Forum social du Burkina se tiendra dans la cité de Naaba Kango. C'était le souhait des " forumistes ", lors de la tenue du 1er forum à Loumbila en mars 2007. Pour situer l'opinion sur l'état d'avancement des préparatifs, le comité commis à cette tâche a rencontré la presse le 7 mars dernier au Centre national de presse Norbert Zongo. Le thème de la 2è édition est " Intégration régionale et solidarité alimentaire ". Cette thématique vient à point nommé, parce que l'actualité s'est focalisée ces derniers temps sur la " vie chère ". Pour cela, le responsable à la communication du comité, le père Jacques Lacour, a indiqué que nous sommes victimes de cette situation parce que : "nous ne mangeons pas ce que nous produisons et nous ne produisons pas ce que nous mangeons". Le capitalisme étant le stade suprême de l'impérialisme pour paraphraser Lénine, il va de choix qu'on associe les pauvres à l'apurement des dépenses que les Américains ont engagées dans la guerre injuste cntre l'Irak. Pour les altermondialistes, la spéculation monétaire en cours actuellement aura des conséquences sur des pays pauvres comme le Burkina. Pour ce qui est des activités qui se dérouleront pendant le Forum de Ouahigouya, il est prévu des ateliers, des conférences, des conférences populaires paysannes, des panels, un espace femme, une marche, une foire et des animations artistiques. Concernant l'organisation au niveau local, le président du comité, Amidou Ouattara, se dit confiant quant à l'état d'avancement des préparatifs. Il souligne que le monde associatif du Yatenga est honoré que le Forum social se tienne dans sa capitale et dans certains sites de productions. L'occasion faisant le larron, Mme Awa Ouédraogo, vice-présidente du comité d'organisation et présidente de la Marche mondiale des femmes, a évoqué le thème de la Journée internationale de la femme qui est " femme et sida ". Elle a soutenu que la pandémie du siècle se féminise et qu'il va falloir qu'ensemble, on se batte pour trouver une solution à cette situation difficile qui mine la vie de millions de personnes. Nul ne doute qu'à la rencontre de Ouahigouya, "l'autre moitié du ciel " fera valoir ses aspirations pendant les débats qui promettent être riches et nourris

Merneptah Noufou Zougmoré


La douane se dédouane
" Il n'est un secret pour personne au Burkina que depuis plus d'une décennie, les structures de contrôle et de régulation des prix, telles que la brigade du contrôle de prix, la caisse générale de péréquation ont été supprimées, au nom de l'option politique libéraliste du gouvernement. Les consommateurs sont donc laissés à la merci de certains spéculateurs, qui fixent démesurément les prix…", soutient la déclaration du Syndicat National des Travailleurs des Douanes, daté du 03 mars. Suite aux manifestations contre la vie chère à Bobo, Ouahigouya et Ouagadougou, les douaniers se sentent tenus pour responsables de la hausse de la taxe à valeur ajoutée (TVA), par les populations. Pour dégager, leurs responsabilités, leur syndicat place la barre, à trois niveaux : l'international, le COTECNA et le gouvernement.
Sur le plan international : "pour des raisons diverses, les prix de bon nombre de produits de grande consommation ont connu une hausse substantielle entre 2006 et 2008… Le riz, les produits laitiers, la farine de blé, les pattes alimentaires, le sucre, les huiles alimentaires, ont augmenté entre 14 et 142%.... ", selon le syndicat.
Quant à la société COTECNA, un organisme suisse chargé du contrôle des prix, elle s'est imposée à notre pays. Et c'est une circulaire du ministère de l'Economie et des Finances qui annonce sa présence, le 21 novembre 2007. Elle est venue avec une nouvelle mesure, qui donne au moindre produit importé à être l'objet d'une inspection.
Par ailleurs, le syndicat estime que depuis le début de cette crise, l'administration des douanes et les travailleurs des douanes ont fait l'objet d'attaques diverses. Et même, les matériels à la Direction régionale des douanes de l'Ouest, au bureau des douanes de Bobo gare et à la brigade mobile des douanes de Bobo ont été détruits : "Nous invitons le gouvernement à assumer ses responsabilités régaliennes afin de soulager notre peuple, déjà éprouvé par un déficit céréalier", conclut le syndicat des douaniers n

Sami Bruno Sanogo Gniminou


Plaidoyer budgétaire pour l'agriculture

Au Burkina Faso, l'Agriculture occupe plus de 80% de la population et intervient pour plus de 60% dans le Produit Intérieur brut. On mesure alors la portée de ce secteur pour le développement socio-économique du pays. Mais dans le même temps, la part du Budget national qui y est consacrée est jugée insuffisante par des organisations de la société civile. Il s'agit du Réseau Foncier Rural/GRAF, du Réseau de Veille sur la Commercialisation des Céréales (RVCC), de la Fédération Nationale des Artisans du Burkina-Faso (FENABF), et du Cadre de Concertation des ONG et Associations dans le secteur de l'Eau Potable, l'Hygiène et l'Assainissement (CCEPA).En 2007, ces structures annoncent que le budget du ministère de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutique représentait 12,84% du budget national. Au sein du Ministère, ces organisations évaluent la part des régions à 13,8% en 2008, une situation qu'elles dénoncent. Pour elles, il est impératif que les ressources reçues des contribuables et/ou des institutions donatrices soient réparties équitablement en prenant en considération les disparités régionales existantes. Pour ce faire, un suivi-analyse rigoureux de l'ensemble du processus de planification et de budgétisation, de répartition et de décaissement des ressources, de mise en œuvre est nécessaire. Partant du constat de la méconnaissance du processus budgétaire au niveau du secteur agricole ces réseaux ont donc formé leurs membres les 26 et 27 février 2008 afin de les rendre aptes à faire le plaidoyer dans le domaine de l'agriculture. Pour le chargé de programme budget, Sayouba Ouédraogo, cette démarche peut contribuer à la mise en œuvre effective du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté au Burkina n

Arsène Flavien Bation

Maladie cardiovasculaire
Première cause de décès dans le monde

Selon l'organisation mondiale de la santé (O.M.S), les maladies cardiovasculaires occupent aujourd'hui la tête de peloton des maladies les plus mortelles. Les maladies cardiovasculaires sont l'hypertension artérielle, les atteintes coronaires, les artériopathies et les thromboses veineuses, etc. Malheureusement, ces maladies sont méconnues et souvent négligées. Les pays en voie de développement, particulièrement l'Afrique connaissent une émergence de ces pathologies. Les cardiologues, dira le Pr. Ali Niakara de la "Clinique du cœur" sont actuellement débordés au Burkina. "Même si on double leur nombre le problème ne sera pas résolu" a t-il fait remarqué. Pour sa collègue le Pr. Lucie Nébié, en Occident on parle de transition épidémiologique, mais en Afrique il faut parler plutôt de cumul. Le continent reste toujours le lit de plusieurs maladies.
Les maladies cardiovasculaires inquiètent les spécialistes. Cette inquiétude se justifie par l'ampleur que prend la maladie. Le problème c'est qu'au moment où cette maladie tue à petit feu les populations, les dangers sont méconnus voir négligés. "Les maladies cardiovasculaires doivent être considérées comme un sérieux problème de santé publique" a déclaré le Pr. Ali Niakara. C'était au cours d'un atelier de formation des journalistes sur les maladies cardiovasculaires le 1er mars dernier. Une formation organisée par la "Clinique du Cœur" pour faire mieux connaître ces maladies. A travers l'information, les deux professeurs veulent prévenir, réduire les complications et la mortalité. "Au Burkina beaucoup de personnes meurent avant l'hôpital." a déclaré le Pr. Lucie Nébié. Les raisons sont entre autres liées à la pauvreté, à l'absence de consultation. Pourtant, indique la cardiologue, la consultation au moins une fois dans l'année, la prise en charge, peuvent éviter les complications, les soins lourds, onéreux et mortels. Son collègue ajoute que le cœur qui est le moteur de l'organisme a besoin d'un suivi permanent. "Si on peut faire la révision des moteurs de véhicules et autres, pourquoi oublier notre propre moteur". Se demande-t-il. Selon des études réalisées par les deux professeurs et certains spécialistes, le taux de fréquentation des formations sanitaires est faible (15-18%). Les maladies cardiovasculaires constituent 4,7% des pathologies des CHU et 18% de toutes les évacuations dont 41% des fonctionnaires et 33,3% de non salariés. Des 30% des évacuations à l'hôpital, la mortalité est de 29,7%. Cela s'explique par le manque d'informations sur le mal, l'absence ou l'insuffisance d'infrastructures, d'équipement, de ressources humaines qualifiées, l'insuffisance de dépistage, de prise en charge et surtout le déficit d'information. En 2004, indique les deux cardiologues, 35,5% de personnes interrogées connaissaient la maladie et 27% connaissaient leur chiffre tensoriel. Pourtant, dans n'importe quelle formation sanitaire il est facile de se faire une prise de la tension déplorent les deux cardiologues.
Les causes des maladies cardiovasculaires sont multiples. Si certaines sont indépendantes de notre volonté, d'autres par contre sont provoquées. L'âge avancé, l'hérédité, les problèmes environnementaux. Les personnes qui ont plus de 50 ans sont plus exposées. Certaines enfants naissent avec des malformations cardiaques. Il s'agit des cardiopathies congénitales. Elles sont simples ou complexes. La prise en charge est difficile avec une évolution imprévisible Les enfants qui survivent ont besoin d'un suivi et d'une prise en charge. La plupart de ces enfants malheureusement note le Pr. Nébié meurent avant l'hôpital. Les maladies cardiovasculaires existent plus en milieu urbain qu'en campagne. Le stress, l'alimentation en sont quelques causes. Le sel, les graisses, les huiles, le surpoids et surtout les excitants (l'alcool et tabac, etc.) exposent le cœur à des complications. Ils provoquent une atteinte des artères d'irrigation, des atteintes coronaires, des pathologies vasculaires et des fibrillations auriculaires. Les maladies des pieds, la formation de caillots de sang au niveau des veines, avec une possibilité de migration au niveau du cerveau et des poumons. L'infarctus (arrêt cardiaque), l'explosion du cerveau, la paralysie partielle du corps ou des membres surviennent rapidement. Elles sont à 90% la cause des morts subites.
Les céphalées persistantes, les vertiges, les bourdonnements d'oreilles, l'insuffisance rénale doivent inquiéter sur la santé du coeur. Cependant, il existe des hypertensions artérielles latentes. Seule la consultation permet de les détecter. La seule manière de se protéger c'est l'adoption d'une hygiène de vie, d'une hygiène alimentaire. Il est important, avertissent les cardiologues, de faire une consultation au moins une fois par an.
La "Clinique du cœur" s'est donc donnée pour mission d'offrir des services de consultation et de traitement à la population. Les deux professeurs agrégés en cardiologie pensent réduire les complications, la mortalité. Du même coup éviter les évacuations coûteuses à l'extérieur n

Abdoul Razac Napon




 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 15 mars 2008