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Contre-jour

Présidence de l'UO: Travaux d'Hercule pour le Pr Coulidiaty
Ciné clubs: Une fédération pour dynamiser le 7è art !
Soulèvement populaire du 03 Janvier 66: Les syndicalistes s'en souviennent 42 ans après
L'Unesco lance deux programmes au Burkina

Présidence de l'UO
Travaux d'Hercule pour le Pr Coulidiaty



Depuis le 27 décembre 2007, le Pr Jean Coulidiaty est le nouveau Président de l'Université de Ouagadougou (UO). Il remplace le Pr Odile Germaine Nacoulma à ce poste. Celle-ci a présidé aux destinées de l'UO près de deux ans durant. Professeur titulaire de physique, Jean Coulidiaty arrive à la tête d'une institution confrontée à d'énormes difficultés. Il va falloir bien les circonscrire pour y appliquer la thérapie adéquate. Serait-ce un remède de cheval ? On attend de voir. Au nombre des goulots d'étranglements de l'UO, la croissance exponentielle des effectifs, l'insuffisance des infrastructures, les problèmes relatifs à la remise des copies et aux calculs des moyennes des étudiants, les revendications corporatistes de tous ordres… Parlant justement de telles revendications, le lendemain de la nomination, en Conseil des ministres, du Pr Jean Coulidiaty, soit le 21 décembre, le personnel ATOS (Agents Techniques, Ouvriers et de Soutien) a organisé une marche suivie de sit-in au sein de l'Université. Les réclamations avaient, entre autres, trait à la convocation de la commission d'avancement du personnel ATOS, à l'application du plan d'action de formation et de perfectionnement de personnel de l'Université de Ouagadougou 2006-2008 ; à l'institution d'un cadre permanent de rencontre entre les premiers responsables de l'université et les délégués du personnel. C'est avec le nouveau président que ces différents points devraient être discutés. Quand on sait le rôle joué par ses agents au sein de l'Université, ce serait certainement se méprendre que de balayer du revers de la main ces revendications. D'ailleurs, l'administration de l'UO était sur le " point mort " le 21 décembre dernier. Ce qui n'a pas permis à de nombreux étudiants de s'inscrire. De façon générale, la conjugaison de tous ces facteurs a entraîné la perte sèche de tout le premier trimestre dans certaines UFR. Aujourd'hui, l'administration universitaire s'atèle à gérer les conséquences occasionnées par cette perte. Mais les répercussions sont telles que ces tentatives empiètent sur le bon déroulement du calendrier universitaire. Beaucoup d'acteurs craignent donc que cette situation ne se traduise, au finish, par de sérieux revers dans la formation des étudiants. Face à un tel tableau, la tâche du Pr Coulidiaty s'annonce pour le moins ardue. Comment recoller les morceaux du puzzle ? Telle semble être la question noeudale. Pour y répondre, le Pr Couldiaty se laisse guider par sa lettre de missions. Celle-ci lui assigne les rôles suivants : contribuer à définir, à élaborer et à mettre en œuvre la politique nationale en matière d'enseignement supérieur et de recherche scientifique ; assurer la coordination et le contrôle de l'ensemble des activités administratives et pédagogiques de toutes les structures d'enseignement et de recherche scientifique de l'UO. Viennent en appoint, l'élaboration des programmes annuels de travail, le respect des franchises universitaires et le maintien de l'ordre, la bonne gestion des infrastructures ... Afin que toutes ces attributions soient traduites en actes concrets, le Pr Coulidiaty entend œuvrer à l'avènement d'une " université globale dans un campus durable ". En termes moins métaphoriques, il s'engage à lutter contre la corruption et les pratiques illicites qui ont cours sur le campus, à encrer davantage l'université dans son environnement, tout en veillant à lui trouver un label international. Dans cette perspective, le nouveau président fait de la mise en œuvre effective du système LMD (Licence-Master-Doctorat) l'un de ses axes majeurs d'intervention. Jean Coulidiaty saura-t-il redorer significativement le blason du "temple du savoir" ?

Arsène Flavien Bationo

 

Ciné clubs
Une fédération pour dynamiser le 7è art !

Un vide juridique vient d'être comblé dans l'univers du cinéma. En effet, le Burkina Faso dispose depuis ce 05 janvier de sa Fédération Nationale de Ciné Clubs (FNCC). Cette fédération comprend un Conseil National présidé par le réalisateur Guy Désiré Yaméogo et un bureau exécutif dont Habibata Barry est la Secrétaire Générale. Elle est accompagnée dans sa tâche par treize autres collaborateurs. Avec cette fédération, les différents Ciné Clubs du pays parleront désormais, tous d'une même voix. Les responsables entendent ainsi mieux coordonner et planifier leurs activités. D'ores et déjà, la FNCC a l'entier soutien du FESPACO. Le Délégué Général, Baba Hama, en est du reste membre d'honneur. Quant au cinéaste Gaston Kaboré, il en est l'un des deux parrains. Tous saluent la mise en place de la structure. Les Ciné Clubs sont en effet des creusets de formation. Formation à la conception. Formation à la critique cinématographique…Le 7è art burkinabè ne peut valoir des lauriers au pays que s'il est justement animé par des hommes et des femmes qui ont l'amour du métier et les compétences techniques requises. Cette fédération peut donc contribuer à renforcer la position du Burkina comme pays de l'audiovisuel. Elle peut surtout apporter un souffle nouveau à un secteur qui en a grandement besoin. Mais pour y arriver, il faudra une implication réelle et totale de tous les acteurs. Cet engagement, le bureau exécutif l'a pris. Dans ce sens, l'une des principales actions que s'assigne la Secrétaire Générale devrait consister en l'implantation des Ciné Clubs dans les zones les plus reculées du pays. Avec ce pas qui vient d'être franchi, le Burkina peut maintenant accéder à la Fédération Internationale des Ciné Clubs. Et le Délégué général du FESPACO s'engage à s'investir pour que le pays ait une place de choix au sein de cette instance. Au final, cinéastes et cinéphiles peuvent en être fiers. Une autre tribune leur est offerte pour expérimenter avec bonheur la magie du cinéma : osciller entre la capture plus ou moins brute du réel (le document) et la construction d'un espace imaginaire (le rêve) !

Arsène Flavien Bationo

Soulèvement populaire du 03 Janvier 66
Les syndicalistes s'en souviennent 42 ans après

Les Burkinabè ont célébré le 42 e anniversaire du soulèvement populaire le 3 janvier passé. Comme à l'accoutumée, les syndicalistes qui ont été les principaux acteurs de cette lutte de 1966 ont marqué l'événement. Cette année, les responsables syndicaux des travailleurs et leurs militants se sont retrouvés à la Bourse du travail de Ouagadougou pour commémorer l'événement. Dans une déclaration commune, les 7 centrales syndicales et les 11 syndicats autonomes sont revenus sur les causes des événements du 03 Janvier 1966 qui ont précipité la chute de la première République. Flatté par sa victoire de 99,97% des voies, à l'élection présidentielle d'octobre 1965, feu le président Maurice Yaméogo avait réussi à faire grimper son impopularité auprès des travailleurs et de la jeunesse voltaïques par des mesures antisociales dont l'abattement de 20% des salaires. Malgré une restriction " des libertés démocratiques et syndicales " pour pouvoir appliquer ces mesures, la 1ère République ne résistât pas face la mobilisation et la détermination de la masse à travers la grève du 03 Janvier 1966. Après ce rappel historique, les syndicats sont revenus sur le contexte sociopolitique national actuel. Un contexte qui n'est pas loin de celui de 1966. Cherté de la vie, atteintes à la liberté syndicale, cas du SAMAE (Syndicat autonome des agents du ministère des affaires étrangères.), persistance de l'impunité, malversations relayées par la presse récemment sur le PDDEB et la Direction générale des douanes….. Raisons pour lesquelles, les responsables syndicaux ont encore appelé leurs militants à la mobilisation dans les luttes futures pour une meilleure gestion des biens publics, contre les mesures antisociales et contre l'impunité. Après la déclaration commune lue par Tolé Sagnon, serétaire général de la CGT-B, c'était autour de Guiro Boussé, militant du SYNTER et enseignant d'économie au lycée technique de Ouagadougou, de livrer aux militants "quelques éléments d'histoire sur le mouvement syndical " à travers une conférence publique. Le conférencier a livré un cours d'histoire aux participants sur les origines du syndicalisme en Occident, en Afrique et au Burkina Faso. Le syndicalisme n'est pas un mouvement spontané, selon M. Guiro. Il est le résultat des différentes transformations sociales qui ont abouti au capitalisme en Occident. Le syndicalisme est alors une conséquence du capitalisme avec les travailleurs qui ont pris conscience de leur situation et qui refusent désormais de se laisser exploiter par les propriétaires des moyens de production. Même s'il faut reconnaître que partout dans le monde, les syndicats mobilisent aujourd'hui moins qu'hier, leur capacité à faire changer les choses demeure. Selon M. Guiro, ce qui s'est passé en Guinée en janvier 2007 avec les syndicats est un exemple. Tout près de nous, l'unité d'action des syndicats burkinabè depuis 1999 donne à espérer aux travailleurs n

Moussa Zongo


 

L'Unesco lance deux programmes au Burkina

Les 17 et 18 décembre dernier, un séminaire de formation des membres des comités nationaux " Mémoire du monde " et " Information pour Tous " s'est tenu dans l'enceinte de la Commission nationale pour l'Unesco. Au cours de ces deux jours de travail, les textes organiques des deux comités ont été présentés et approuvés.
A l'initiative du bureau multi-pays de Bamako une première réunion de concertation avait réuni dans le dernier trimestre 2006, une dizaine de responsables des bibliothèques et Archives, des responsables d'institutions audiovisuelles et des fonctionnaires de la Commission nationale pour l'Unesco. Objectif : présenter les deux programmes et inviter le Burkina à travailler à la mise en place de ses comités nationaux. Les participants à cette première rencontre se sont constitués en comité d'initiative qui s'est aussitôt mis au travail. Recenser de potentiels membres des deux comités et préparer les textes organiques ont constitué la mission de ce comité d'initiative. Avant la tenue de cette rencontre qui s'est révélée être une rencontre constitutive des deux comités nationaux "Mémoire du monde " et " Information pour Tous ", Ouagadougou a eu à accueillir du 18 au 20 juin 2007 une réunion sous-régionale (Mali, Niger, Burkina) autour de ces deux programmes de l'Unesco qui a permis d'exposer les outils pour une maîtrise de ces programmes. Mais quel est le contenu de ces programmes ?
Mis en place depuis 1992, le programme Mémoire du monde vise trois objectifs essentiels : faciliter la conservation du patrimoine documentaire mondial à l'aide de techniques appropriées, mieux assurer un accès universel au patrimoine documentaire et susciter un intérêt des communautés nationales tant pour l'existence que pour la conservation de ce patrimoine. Il n'est que de voir le rythme auquel disparaît le patrimoine documentaire entreposé dans les bibliothèques et les Centres de conservation des archives pour se persuader de la pertinence de ce programme. Dans le but d'encourager les Etats à s'inscrire dans ce programme, un prix dénommé " prix Mémoire du monde " a été créé, lequel est attribué tous les deux ans. A travers le comité Mémoire du monde, le Burkina possède désormais un canal approprié pour la sélection des œuvres nationales à inscrire au registre de la Mémoire du Monde.
Ce programme quant à lui vise notamment à promouvoir la réflexion et le débat au plan national et international sur les défis éthiques, juridiques et sociétaux de la société de l'information, élargir l'accès à l'information du domaine public par l'organisation, la numérisation et la préservation de l'information, soutenir la production de contenus locaux et assurer leur disponibilité, promouvoir l'utilisation des normes internationales et les meilleures pratiques en matière de communication, d'information et d'informatique ainsi que la mise en réseau des informations et des connaissances.
A la fin 2006, on pouvait dénombrer plus de 50 comités nationaux. Le Burkina Faso qui vient de mettre en place ses comités nationaux doit pouvoir bénéficier de l'expérience accumulée par ses prédécesseurs. D'ores et déjà les comités nationaux du Burkina qui ont bénéficié d'équipements informatiques financés par le bureau multi-pays de Bamako s'activent pour leur reconnaissance officielle. Le séminaire avait en outre recommandé que soit élaboré un règlement intérieur et que le travail d'implantation soit poursuivi partout où c'est nécessaire afin de doter le Burkina de structures réellement représentatives et efficaces n
GBN

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© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 15 Janvier 2008