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Quand le RPC rend frileux le CDP !
L'UNIR/MS plaide pour les journalistes
La CENI: en quête d'une crédibilité perdue
L'UPS: un pas vers l'unité des sankaristes

Quand le RPC rend frileux le CDP !

Les membres du bureau politique du RPC

Lors de sa première conférence de presse le 18 janvier dernier, le Rassemblement Populaire des Citoyens (RPC) a présenté son orientation politique, ainsi que son mode de fonctionnement avec à sa tête Antoine Ouaré (ancien cadre du CDP), et comme secrétaire général Pissi Léonard Massimbo, député et secrétaire parlementaire de l'Assemblée nationale.
Reconnu légal depuis le 13 décembre 2006, le RPC déclare ne faire partie ni de l'opposition ni de la mouvance présidentielle.
Pourtant, à travers Léonard Massimbo, apparaît distinctement l'ombre de Zéphirin Diabré, ancien Président du Conseil Economique et Social (CES), qui avait démissionné de cette fonction pour occuper le poste de N°2 du Programme des Nations Unies pour le développement. C'est pourquoi le CDP voit d'un mauvais œil non pas la création d'un parti politique avec comme membre le député Massimbo méconnu du grand public, mais plutôt l'instigateur qui se profile derrière…
Se revendiquant parti citoyen, "épris de justice et de liberté" et comme instrument de conquête démocratique du pouvoir d'Etat, ces mêmes propos ont été utilisés par notre compatriote Zéphirin Diabré lors de sa dernière interview au quotidien Sidwaya et qui avait abordé des thèmes comme la démocratie, le développement humain, etc..
De quoi effrayer le parti au pouvoir à la veille des législatives ! D'autant plus que Zéphirin Diabré ne se cache pas de supporter la Chine Populaire (confirmation faite à la suite de la visite de la délégation chinoise à Ouagadougou), et semble également jouir de soutiens internationaux plus qu'appréciables à l'UMP (Parti de l'actuel Président Chirac et du ministre Nicolas Sarkozy).
Personnage plus qu'influant, Zéphirin Diabré a de quoi faire remuer le CDP dans les brancards pour les législatives de mai 2007, voire même pour la présidentielle de 2010 ; même si le bureau du nouveau RPC se défend haut et fort de n'entretenir aucun rapport avec le susnommé.
Seulement, lorsque les journalistes interrogent Léonard Massimbo sur ses liens avec Zéphirin Diabré, il a vite fait de lever le ton et de tenir des propos plus que véhéments avançant comme arguments que Zéphirin Diabré a le jeu politique qu'il souhaite mais qu'il n'a pas attendu après lui pour entrer dans la scène politique. Attitude plus que révélatrice, tous les journalistes sont ressortis le sourire aux lèvres ayant obtenu la réponse escomptée.
Maintenant reste à savoir quelles sont les réelles intentions du jeune parti :
vise-t-il les élections ? Veut-il contrer le CDP ? Est-ce que Zéphirin Diabré va faire son apparition officielle ?
Nous aurons les réponses à toutes ces questions très prochainement, les législatives approchant, le but du RPC se révèlera de lui-même… !

Claire Pinsard (stagiaire)

L'UNIR/MS plaide pour les journalistes

L'Union pour la Renaissance/ Mouvement Sankariste (UNIR/MS) a présenté ses vœux à la presse le 18 janvier dernier. Au siège du parti, sis aux 1200 Logements, le président du parti entouré de ses proches camarades et de quelques militants a d'abord salué la disponibilité des hommes de médias à accepter son invitation et réitéré tout ses vœux de bonheur et de prospérité à ces derniers. Pendant son allocution, Me Bénéwendé Stanislas Sankara n'a pas manqué de manifester sa solidarité aux hommes de presse qui travaillent inlassablement pour l'enracinement de la démocratie au Burkina, en s'efforçant à traiter l'information de façon honnête et impartiale. Dans son discours, il n'a pas manqué d'évoquer les récents procès et intimidations contre des journalistes : "Les diverses intimidations, des menaces de mort contre certains d'entre vous et la récente action en justice pleine de morgue du " petit président " en sont l'illustration vivante. Il est de notoriété publique qu'il n'y a pas de liberté qui se donne ; toutes les libertés se conquièrent. Cela est encore plus vrai dans la presse qualifiée à juste titre de quatrième pouvoir… La véritable démocratie ne se reconnaît pas seulement à la relative liberté éditoriale dont peut jouir la presse. Ne se reconnaît pas non plus seulement au regard du nombre des journaux. Elle se reconnaît d'abord dans le respect dû à la presse et aux journalistes, c'est-à-dire dans la prise en compte des observations et objections de la presse alors considérée comme porte-parole et comme reflet de l'opinion nationale." Le souhait de Maître Sankara est de codifier le statut du journaliste pour le sortir de sa situation de " misérabilisant ", prompt à tomber sous le charme des "feuilles" : "L'année dernière, nous avons souhaité que le statut social du journaliste soit mieux codifié et protégé. Il en est de même du statut social du journaliste car le " gombo " finira par rendre la presse gluante et ondoyante. Il aliénera avec la " perdiemite " la plume et le journalisme si le journaliste lui-même n'est pas protégé dans l'exercice de sa noble profession. ", a-t-il souligné n

Merneptah Noufou Zougmoré


Démocratie parlementaire
Les élus nationaux à l'école canadienne

"Démocratie parlementaire : l'expérience canadienne". Ce thème a été au centre d'un colloque qui a réuni élus burkinabè et canadiens du 11 au 12 janvier. De ce thème central, découlaient d'autres comme "Le gouvernement parlementaire", "les différentes fonctions du député", " élections et partis politiques",etc. L'objectif de ce colloque était de consolider les relations entre les deux parlements, et surtout d'évaluer quelle peut être la contribution concrète de ces institutions au renforcement de l'Etat de droit. Pour Peter Milliken, président de la Chambre des communes du Canada, cette préoccupation est d'autant plus importante que les populations placent de grands espoirs en leurs élus. Ceux-ci doivent par conséquent prendre les décisions idoines en matière de représentation, de législation et de contrôle de l'exécutif. Le Canada est l'un des plus grands partenaires au développement du pays. Il fait de la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance un des piliers de sa coopération. L'Assemblée nationale qui s'est dotée de plan stratégique de développement devrait s'inspirer de l'expérience canadienne dans la mission qui lui est dévolue n

Arsène Flavien Bationo

 

 

La CENI en quête d'une crédibilité perdue

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a commandité une étude sur le système électoral burkinabè. L'étude financée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) est exécutée par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD). La phase d'enquête de l'étude s'est déroulée du 11 au 17 janvier et a concerné un échantillon de 1700 personnes interrogées sur l'ensemble des 13 régions du pays. La restitution de l'étude prévue pour fin janvier est beaucoup attendue. Il y a des questions qui ne manquent pas d'intérêt et les réponses données à celles-ci permettront certainement de revoir le fonctionnement de la CENI. C'est par exemple les questions sur la confiance accordée à la CENI pour organiser les élections (question 9), le jugement sur la manière dont la CENI organise les élections (question 10) ou encore la procédure de désignation des membres de la CENI. Sans anticiper sur les résultats de l'enquête, on peut d'ores et déjà affirmer que la CENI ne jouit pas d'une bonne image, du moins dans le microcosme politique et intellectuel des villes. Différents épisodes ont présidé à cette perte de crédibilité. Depuis sa création en 2000, elle n'a réussi à organiser qu'une seule élection sans grand bruit : les législatives de mai 2002. Toutes les autres échéances ont été émaillées de polémiques, surtout sur la question de la fiabilité du fichier électoral. Aux lendemains de la présidentielle de novembre 2005 et des municipales d'avril 2006, toute la classe politique s'est accordée pour reconnaître les défaillances du fichier. Aujourd'hui, un autre boulet s'est ajouté au cou de la structure électorale : la procédure "douteuse " de désignation de ses membres. En effet, après l'élection houleuse de celui qui sera reconduit à sa tête (en l'occurrence Moussa Michel Tapsoba), en août dernier, la CENI est de nouveau au centre d'une polémique. Cette fois-ci, c'est la désignation des représentants de l'opposition dans ses structures décentralisées qui est fortement contestée. Dans certaines localités en effet, des places revenant aux partis de l'opposition auraient été accaparées par des partis de la mouvance présidentielle ou bien c'est le président de la CENI qui, d'autorité, désigne les représentants des partis d'opposition. C'est notamment le cas de la Commission électorale indépendante de l'arrondissement de Boulmiougou à Ouagadougou. Interpellé, le président Moussa Michel Tapsoba invoque des raisons de calendrier pour justifier son acte. Selon lui, la procédure de renouvellement des représentants de l'opposition était lente. Or, il lui faut respecter l'agenda de prestation de serment des membres des démembrements de la CENI dans le Kadiogo prévue pour fin décembre 2006. Pour les partis de l'opposition, cet impératif du respect du calendrier ne saurait autoriser "une intrusion grave et illégale dans le choix des représentants de l'opposition". Pour protester contre l'immixtion de la CENI dans la désignation de ses représentants, le Cadre de concertation des partis politiques de l'opposition (C-PO) a décidé de retirer ses représentants au sein des démembrements de la CENI du Kadiogo de la cérémonie de prestation de serment au palais de justice le 29 décembre 2006. Le 3 janvier dernier, 20 partis sur les 33 qui composent le C-PO ont encore boycotté la rencontre entre la CENI et les partis politiques au ministère des Affaires étrangères. Cette fronde d'une partie de l'opposition a fini par payer. Le président de la CENI est revenu sur sa décision, en laissant les partis de l'opposition choisir eux-mêmes leurs représentants au Boulmiougou. Dans les autres localités où la composition des démembrements de la CENI était également sujette à caution, un terrain d'entente aurait été trouvé. Mais l'opposition ne baisse pas pour autant la garde. Elle n'a pas du tout confiance au premier responsable de la CENI accusé de couvrir "ces irrégularités et manipulations" dans le but de préparer une fraude électorale. Hier, c'était le fichier électoral, aujourd'hui, c'est la composition de la CENI qui est remise en cause. C'est donc tout le processus électoral qui est aujourd'hui décrié par l'opposition et une bonne partie de l'opinion. Peut-être que les résultats de l'enquête du CGD permettront à la CENI de recadrer le tir n

Idrissa Barry




 

L'UPS, un pas vers l'unité des sankaristes

Le 13 janvier, au stade du 4 Août, l'Union des Partis Sankaristes (UPS) a vu le jour. Désormais, la Convention Panafricaine Sankariste (CPS), la Convergence de l'Espoir, le Front des Forces Sociales (FFS) et le Parti pour l'Unité Nationale et le Développement (PUND) ont abandonné leurs sigles pour répondre au nom de l'UPS. Cette union était perceptible depuis le 15 octobre dernier. En effet, au 19ème anniversaire de la disparition du Président du Conseil National de la Révolution (CNR), deux pôles parmi les Sankaristes s'étaient dégagés pour aboutir éventuellement à l'union. Les deux grandes entités en question étaient composées essentiellement d'une part des partis qui composent aujourd'hui l'UPS et d'autre part de la fusion UNIR/MS-FDS. Au dernier congrès de l'UNIR/MS, en novembre dernier, le Front Démocratique Sankariste (FDS) a accepté rejoindre le parti de Me Sankara. Aujourd'hui, c'est l'autre pôle qui formalise son union. Mais les Sankaristes ne sont pas à leur première union. Entre 1991-1992, des partis d'obédience sankariste avaient créé un cadre unitaire dénommé Front Sankariste qui a volé en éclats à cause d'une affaire d'argent que la veuve Sankara aurait donné pour soutenir le mouvement. La seconde tentative a accouché la Convention Panafricaine Sankariste (CPS) qui avait absorbé le Bloc Socialiste Burkinabè, une partie du FFS, le PDSU et des novices qui venaient de faire leurs premiers pas en politique. Cette expérience a tourné court avec le départ de l'avocat Bénéwendé Stanislas Sankara et quelques dissidents pour aller créer l'Union pour la Renaissance/Mouvement Sankariste. Cette fois-ci, à l'appel était absent le " parti de l'œuf ". Qu'est-ce qui explique la non participation de l'UNIR/MS ? Selon son président, Me Sankara, interrogé par notre confrère L'Observateur paalga , l'unité est une chose louable et recherchée par tout militant épris de l'idéologie de Thomas Sankara. Celle-ci doit cependant avoir, à ses yeux, des bases solides et reposer sur des principes clairement établis. L'union n'est donc pas pour demain. Même si on peut considérer l'UPS comme une étape qualitative vers l'unité. Mais après tout, il est légitime de se demander si ce n'est pas utopique et contre productif de dépenser beaucoup d'énergies à la recherche d'une unité. La mystique de l'unité devrait peut-être faire place à un véritable travail sur le terrain, auprès des " masses populaires ", seules dépositaires du certificat du " vrai sankariste "

Merneptah Noufou Zougmoré


 

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 janvier 2006