|
[Guinée
et mauritanie:
Deux exemples parfaits de la négation démocratique]
[ Côte d'Ivoire, 2004: année de toutes les attentes et ententes ?] Guinée et mauritanie: Deux exemples parfaits de la négation démocratique Comment peut-on expliquer qu'un président sortant,
usé par près de vingt années de pouvoir sans
partage ; mais surtout miné par la maladie au point qu'il ne
peut pas se tenir debout pendant la campagne soit réélu
avec un score à la soviétique ? C'est cependant le tour
de force que vient de réussir le Général Lansana
Conté en Guinée Conakry. Pas étonnant dans la
mesure où son seul challenger était un illustre inconnu
de la scène politique guinéenne, chef d'un petit parti
sans envergure nationale. La Guinée sera dirigée par
un homme couché sur son lit qui va certainement déléguer
ses pouvoirs entre les mains de ceux qui lui ressemblent. La Guinée
du grand Sily mérite mieux. Mais que non, on dit que chaque
peuple mérite son gouvernement ! Basile Baloum Côte
d'Ivoire, 2004: année
de toutes les attentes et ententes ? Depuis Houphouët, les Ivoiriens parlent de paix, ce mot dont
ils souhaitent tant qu'il soit un comportement, surtout en cette année
2004. Le président Laurent Gbagbo avait promis la fin de la
guerre avant la nouvelle année. Son rendez-vous de Bouaké
n'a pas eu lieu mais la promesse est toujours maintenue que Gbagbo
se rende dans le fief des rebelles. Signe de la nouvelle entente,
ces derniers ont réintégré le gouvernement qu'ils
boycottaient depuis trois mois. Les protagonistes ivoiriens ont-ils
enfin compris qu'il est temps de faire la paix ? La victoire militaire
d'un camp sur l'autre étant caduque tant les Forces d'interposition
françaises et de la Communauté économique des
Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)sont sur place, l'espoir d'une
paix définitive est désormais à l'horizon. Mieux,
le président Gbagbo s'est fait fervent défenseur de
l'application des accords de Linas-Marcoussis. Il demande leur application
intégrale. Ce qui suppose que ce n'est plus seulement dans
leur "esprit " mais aussi dans leur "lettre".
Est-ce l'aboutissement des pressions internationales ? Beaucoup le
pensent. Il reste maintenant de le faire accepter par ses redoutables
"jeunes patriotes". Ces derniers seraient-ils prêts
à le suivre ? Rien n'est moins sûr quand on sait qu'ils
ne sont pas les seuls opposants aux accords de Marcoussis. Nombre
des personnalités du pouvoir ont une aversion connue de ce
"coup d'Etat constitutionnel de Marcoussis", selon leur
expression. Ces derniers traîneront les pas derrière
Gbagbo. L'essentiel étant peut-être qu'ils ne soient
trop en retrait voire hors-jeu. B.B |
||||||
|
©
L'Evénement - Déc. 2001 |
|||||||