Grahmstown
Highway Africa, l'accès à l'information est un
droit citoyen
Cheriff
Sy, vice-président du Forum des éditeurs de presse
a affirmé que l'accès à l'information est
une necessité citoyenne.
Discuter, échanger et apprendre, c'est ce à quoi
se sont adonnés les 700 délégués
venus de 143 pays du monde (Burkina Faso, Mali, Belgique, France,
Rwanda, Ghana, Nigeria, Chine, Singapour, Etats-Unis, Cameroun,
etc.,). En effet, du 05 au 7 juin dernier, les trois organisations
que sont le Congrès mondial sur la formation en journalisme,
le Forum des Editeurs de presse et Highway Africa se sont retrouvés
à Grahamstown en Afrique du sud pour réfléchir
sur les défis et les perspectives du journalisme.
Au cours de cette conférence, Cherif Sy, vice-président
du Forum des éditeurs de presse africains a affirmé
au cours d'une conférence que l'accès à
l'information est une nécessité citoyenne. Toutefois,
afin que la population africaine puisse en jouir, il est impérieux
que les Etats africains respectent d'abord les constitutions
qui garantissent ce droit. Ensuite, il est impératif
que ces mêmes Etats donnent la possibilité à
leur population de s'approprier ce droit. Concernant ce dernier
droit, Sampa Kangwa-Wilkie, directrice du programme sur la législation
des médias en Afrique australe au MISA soutient qu'afin
que la population tout comme les journalistes fassent siennes
du droit d'accès à l'information. Il faudrait
d'abord qu'ils appréhendent l'essence de ce droit là.
D'ailleurs, Sampa Kangwa-Wilkie souligne qu'en Afrique australe
près de 70% des journalistes ont une idée vague
ou pire, ils ont une idée erronée de la notion
d'accès à l'information. Il pense que la lutte
pour la concrétisation du droit à l'information
et à l'accès aux sources d'information sont un
combat civil qui doit unir population et journalistes. De ce
fait, elle affirme qu'une campagne sous régionale permettra
au Misa d'informer les journalistes et surtout les populations
de l'Afrique australe. Concernant cette dernière affirmation,
Cheriff Sy pense que même si le droit à l'information
et à l'accès aux sources d'information sont un
droit citoyen, il n'en demeure pas moins que ce sont les journalistes
qui jouent aux avant-gardistes. Selon lui, depuis la déclaration
de Windhoek sur la liberté d'expression en 1991, les
journalistes ont payé le plus lourd tribut dans les luttes
pour la conquête de la liberté d'expression. En
effet, depuis cette date, Cheriff Sy affirme que près
de 200 journalistes sont morts assassinés durant l'exercice
de leur profession. Et malheureusement, près de 20 ans
après, le carnage continue. En effet, le 24 juin dernier,
le journaliste d'investigation Jean Léonard Rugambage
a été assassiné à son domicile par
des individus armés après qu'il ait publié
une investigation sur l'assassinat manqué d'un Général
rwandais en Afrique du Sud.
Selon Guy Berger, chef de département de Journalisme
et medias de Rhodes University à Grahamstown et coordinateur
du Congrès mondial sur la formation en journalisme, la
rencontre de Grahmstown a permis aux pays africains de contribuer
aux débats sur la profession et son enseignement dans
les différentes institutions. En effet, en 2007, lors
de la première rencontre du genre à Singapour,
nombreux sont les délégués des pays africains
qui n'ont pas pu prendre part à la rencontre, faute de
ressources.
Au cours de cette rencontre, les participants ont appréhendé
les thèmes tels "journalisme et conflits",
"l'essence du reportage de guerre", "défis
et perspectives pour un enseignement efficace du journalisme",
etc. Cette conférence a eu également pour but
de trouver un consensus sur l'enseignement des principes du
journalisme dans les écoles d'Afrique et du monde.
Guy Berger espère que les résultats des travaux
qui ont eu lieu durant la conférence permettront aux
différentes structures d'enseignement du journalisme
de renforcer leurs programmes d'enseignement.
A cette conférence internationale étaient présents
des experts de renoms tels Dan Gilmore, le pionnier du journalisme
citoyen, de Marie-soleil Frère de l'Université
Libre de Bruxelles, de Kwamé Karikari du Ghana. Le Pr.
Serge Théophile Balima et le Dr. Gouba Firmin ont représenté
le département de journalisme et de communication de
l'université de Ouagadougou à cette conférence.
Par Ramata Soré
Highway
Africa acquiert de la notoriété
Highway Africa (HA) 2010, la rencontre internationale sur l'impact
et l'interaction des technologies de l'information et de la
communication sur le journalisme a également débuté
ce 05 juin en même temps que la rencontre du Congrès
mondial sur la formation en journalisme. La thématique
choisie pour la conférence de cette année a été
"les voix africaines dans l'espace médiatique mondial".
Et selon le directeur de HA, Chris Kabwato, il est important
que les journalistes africains s'approprient de façon
efficace et efficiente les technologies afin de transmettre
les voix africaines sur les questions de grandes importances
que sont le nouvel ordre économique avec la Chine comme
tête de file, le changement climatique, etc.
HA est à sa 14e édition et plus les années
passent, plus la conférence acquiert de la renommée
affirme son directeur. En effet, ayant débuté
avec seulement une soixantaine de journalistes sud-africains
en 1997, HA bénéficie aujourd'hui de la participation
de près de 400 délégués venus du
monde entier et surtout de la présence d'invités
d'honneur tels l'ancien président du Ghana, John Kufuor,
et de l'archevêque sud-africain Desmond Tutu.
Les années précédentes, HA se tenait en
septembre. Cette année, elle se tient en juillet. La
raison, selon Chris Kabwato, est de coupler HA avec le Congrès
mondial sur la formation en journalisme. L'objectif : permettre
une interaction entre les acteurs sur la formation en journalisme.
Ainsi, enseignants, journalistes, et étudiants ont pu
analyser le contexte dans lequel évoluent les médias
africains.
HA est un partenariat entre l'école de journalisme de
Rhodes University et la South African Broadcasting Corporation
(SABC).
R.S