Kadhafi indésirable
aux Etats-Unis

Mouammar Kadhafi ne séjournera plus à Englewood
dans le New Jersey aux Etats Unis. Le samedi 29 aout 2009 dernier,
plus de 200 personnes ont protesté contre sa venue à
Englewood. Parmi les mécontents, il y avait le gouverneur
de l'Etat, Jon Corzine. Avec sa population, ils ont manifesté
leur mécontentement concernant la rénovation par
le gouvernement libyen d'un site de 2 hectares destiné
à accueillir la tente de Kadhafi. En effet, Kadhafi doit,
depuis son arrivée au pouvoir il y aura 40 ans, effectuer
en ce mois de septembre son premier voyage officiel aux Etats-Unis.
"Nous ne voulons pas de lui aux Etats Unis et nous ne voulons
pas de lui dans notre ville non plus", a affirmé
Michael Wildes, le maire de Englewood. Nombreuses sont les familles
de cette ville qui ont perdu des proches dans l'attentat qui
a eu lieu à Lockerbie en Ecosse le 21 décembre
1988, et qui a coûté la vie à 270 personnes
dont 189 Américains, 97 venant de New York et de New
Jersey.
Des familles mécontentes
Englandwood, tout comme une grande partie des Etats Unis a été
choquée par l'accueil triomphal réservé
le 20 août dernier à Tripoli à Abdelbaset
Ali al-Megrahi, ancien haut responsable des renseignements libyens
et unique personne condamnée dans l'attentat. Atteint
d'un cancer en phase terminale, ce dernier condamné pour
l'attentat a été libéré pour raison
de santé. Par leurs protestations, les habitants de Englandwood
ont finalement eu gain de cause. Le colonel ne plantera plus
sa tente dans leur ville. A ce propos, le département
d'Etat américain dit uvrer "pour parvenir
à une sorte d'accord respectant toutes les sensibilités".
Les Etats-Unis, qui abritent le siège des Nations unies,
ont pour obligation de faciliter le séjour sur leur sol
des délégations étrangères, quelles
qu'elles soient, lors de leurs visites à l'organisation
internationale. Toutefois, il a la prérogative de circonscrire
le déplacement de certaines délégations
à un rayon de 40 km autour du siège de l'ONU.
Le président libyen resterait donc à Manhattan.
Au cours de la 64e session annuelle de l'Assemblée générale
des Nations unies en fin septembre, Kadhafi prendra la parole.
Sur la scène internationale
Cette visite est une occasion pour Kadhafi de s'adresser à
la scène internationale même si les dirigeants
occidentaux hésitent toujours à s'afficher publiquement
avec lui. Pour preuve, durant les célébrations
le mardi 1er septembre dernier de ses 40 ans au pouvoir, plusieurs
dirigeants occidentaux ont renoncé à faire le
déplacement. Néanmoins, étaient présents
aux célébrations Hugo Chavez du Venezuela, Mahmoud
Abbas de Palestine, Omar el-Béchir du Soudan, l'émir
du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, Ali Abdallah
Saleh du Yémen, le ministre espagnol des Affaires étrangères
Miguel Angel Moratinos, le secrétaire d'Etat français
à la Coopération Alain Joyandet. Outre ces derniers,
plusieurs chefs d'Etat africains dont Blaise Compaoré
y étaient.
Cette commémoration intervient au moment ou la Libye
a obtenu des succès diplomatiques : la libération
d'Abdelbaset al-Megrahi, les excuses de la Suisse dans l'affaire
ayant visé le fils Kadhafi Hannibali qui avait été
arrêté en Suisse pour mauvais traitement envers
ses domestiques, le premier anniversaire du traité d'amitié
conclu avec l'Italie pour solder son passé colonial,
avec en prime des excuses inédites de Rome et des compensations
de cinq milliards de dollars. Parmi toutes ces victoires, la
plus grande est le contrat de plusieurs millions de dollars
concernant l'exploitation du pétrole en Libye signé
entre Tripoli et Londres, suite à la libération
d'Ali Al-Megrahi. Cet accord entre l'Angleterre et la Libye
est intervenue malgré l'opposition des Etats Unis à
la libération du prisonnier libyen souffrant d'un cancer
de la prostate.
Megrahi, peut-être innocent
Les Etats-Unis s'étaient formellement opposés
à cette libération. Barack Obama a fait savoir
qu'il souhaitait que le terroriste soit assigné à
résidence. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton
a abondé dans le même sens en soutenant que le
prisonnier devait accomplir sa peine en prison. Depuis sa condamnation,
Megrahi avait toujours clamé son innocence. D'ailleurs,
il avait obtenu le droit à un second procès en
raison de la possibilité d'une "erreur judiciaire"
dans sa condamnation en 2001 par un tribunal spécial
écossais, installé aux Pays-Bas. La revue écossaise
The Firm a affirmé que Megrahi avait subi des pressions
pour abandonner la procédure en appel qu'il venait d'intenter,
en échange du droit de finir ses jours en Libye.
Ramata Soré
Gabon
Ali au pouvoir, la population aux abois

Après la proclamation ce jeudi 03 septembre 2009 par
le ministre de l'Intérieur des résultats de l'élection
présidentielle donnant vainqueur Ali Bongo avec 41,73%
des voix, André Mba Obame 25,88%, contre 25,22% pour
Pierre Mamboundou, une vague de violences a ébranlé
Port-Gentil, la capitale économique du Gabon. A Libreville,
la capitale politique, il régnait un calme relatif. Pour
nombre de ces mecontents, la France serait derrière la
victoire de Ali Bongo, fils du défunt président
Omar Bongo, mort le 8 juin à l'âge de 73 ans. Pourtant
la France soutient qu'elle n'a pas de candidat, mais cela n'a
pas empêche les manifestants d'incendier le jeudi ,le
consulat français à Port-Gentil. Cette situation
a obligé la France à mettre ses troupes sur place
en état d'alerte. Ce vendredi, les actions de protestation
et de vandalisme ont continué a Port-Gentil. Des postes
de police incendiés. Des magasins pillés. La société
française Total mis à feu. Deux personnes tuées.
Etc. Un couvre-feu a été instauré la veille
et restera en vigueur "jusqu'à nouvel ordre",
a déclaré le ministre gabonais de l'Intérieur
et de la Défense Jean-François Ndongou. Malgré
les protestations, la présidente de la Cour constitutionnelle
a confirmé ce vendredi 4 septembre, les résultats
pourtant contestés par l'opposition qui parle de "fraude".
Les contestaires des résultats disposent cependant de
10 jours pour faire recours. Le parti de Pierre Mamboundou a
invoqué la déclaration des Droits de l'homme pour
justifier un "recours à la résistance ".
Nonobstant cette situation, Ali Bongo, le tout nouveau président
se dit disposée a uvrer pour le bonheur de "toutes
Gabonaises et de tous les Gabonais [
] de faire en sorte
que les conditions de vie des Gabonaises et des gabonais changent
(...) en mieux". Dans cette bataille politique, les journalistes
paient un prix fort. Plusieurs d'entre eux ont été
victimes de sévices corporelles et de menaces.
Ramata Soré