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Niger
Tandja a-t-il enfin compris ?



Le dimanche 3 mai, le président nigérien a rencontré et discuté avec les chefs des rebelles touarègues du Mouvement nigérien pour la justice (MNJ) et des responsables d'autres factions que sont le Front patriotique nigérien (FPN) et le Front des forces pour le redressement (FFR). Jusque-là, il avait refusé de reconnaître ces mouvements qu'il traitait de bandes de trafiquants d'armes et de drogue. Des enjeux financiers et économiques et une " real politik " priment souvent sur les considérations politiques nationales et surtout les questions d'amour propre personnel. Si ces enjeux économiques et financiers sont ceux d'une grande puissance, en l'occurrence ceux de la France, l'ancienne puissance colonisatrice, il est quasiment impossible pour un président africain francophone de s'y opposer. L'uranium que renferme la mine d'Imouraren qui se trouve à plus de deux cents kilomètres au Nord d'Agadez intéresse Areva, la multinationale française de l'uranium. La France veut cet uranium qui se trouve dans une région où des rébellions touarègues sèment des troubles et l'insécurité. C'est l'uranium nigérien qui alimente les centrales nucléaires françaises. La France va donc contraindre le régime nigérien à faire la paix avec les rebelles qui écument la région. La pose de la première pierre pour la construction de la mine a eu lieu le 4 mai dernier. Un investissement d'environ deux milliards cent millions d'euros est attendu.
Les troubles et les affaires sont incompatibles. On se rappelle qu'au début de cette rébellion, le régime nigérien avait pris une mesure d'expulsion contre le directeur local d'Areva. Dans la foulée, notre confrère, Moussa Kaka, alors correspondant de RFI, avait été jeté en prison sous l'accusation d'intelligence avec l'ennemi. Il y restera pendant huit mois. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous le pont Kennedy qui enjambe le fleuve Niger permettant d'entrer à Niamey.
En décidant de rencontrer à Agadez, la grande métropole nigérienne du nord, les responsables des mouvements rebelles, le président Amadou Tandja du Niger fait enfin un grand pas dans le sens de la résolution de la question touarègue dans son pays. Le président Tandja avait-il le choix que de reconnaître et de dialoguer avec les mouvements rebelles touarègues qui troublent la paix et la tranquillité dans un nord riche en uranium ? Faire la paix avec les rebelles passe par leur reconnaissance et d'entamer des négociations avec leurs responsables. C'était des préalables pour la mise en exploitation de la seconde mine d'uranium au monde qui fait aussi du Niger le second producteur au monde de cette matière première hautement stratégique. Mais c'est la région qu'occupent les touarègues qui abrite ce gisement.
C'est connu, un capitaliste n'investit que derrière un rideau de fer. Cela veut dire que le régime nigérien avait l'obligation de sécuriser cette zone où est située la mine. Au cours de son voyage éclair à Niamey en mars dernier, le président français Nicolas Sarkozy avait dû dire à son hôte nigérien qu'un dialogue avec la rébellion touarègue était la condition première pour l'arrivée et l'installation de Areva à Imouraren Le besoin pressant dans lequel se trouve le pouvoir nigérien d'obtenir cet investissement, mais aussi bien d'autres qui ne manqueront pas de suivre ne pouvait que conduire le régime de Tandja à accepter, même à son corps défendant, le dialogue avec les rebelles, surtout que le facilitateur n'est autre que la Libye.
Il faut saluer ce changement d'attitude du président nigérien qui intervient après que de nombreux Nigériens aient perdu la vie dans les affrontements avec les rebelles. Il reste à souhaiter que les négociations qui vont bientôt démarrer débouchent sur des conclusions respectées par toutes les parties.

Par Basile Baloum


Grippe porcine
Désolation au Mexique, psychose dans le monde


Ce mercredi 06 mai 2009, selon les autorités sanitaires mexicaines, le bilan des morts de la grippe A-H1N1 était de 42 avec plus de 1070 cas d'infections. L'épidémie de la grippe porcine est partie du Mexique depuis le 13 avril 2009 et s'est répandue dans le monde entier.

Aux Etats-Unis, pays frontalier au Mexique, cette grippe a fait deux morts. A la date du mardi 05 mai, les autorités américaines comptabilisaient 403 cas. Depuis le début de l'épidémie, l'état d'urgence sanitaire a été décrété. Dans l'état du Texas, au moins 462 établissements scolaires ont été fermées. D'autres Etats sont sur le pied de guerre pour contrecarrer la maladie. C'est le cas de New York, le deuxième lieu le plus touché. Hormis ces deux pays, le Mexique et les Etats-Unis, 22 autres pays sont contaminés. Selon l'OMS, le nombre de cas ce mercredi 06 mai se chiffrait à 1516 avec 30 décès. Conséquemment, nombreux sont les pays qui ont pris des mesures pour contenir le mal. C'est le cas des pays comme le Canada, la France, le Portugal, la Suisse, Israël, le Salvador, le Costa Rica, le Guatemala, l'Angleterre, les Pays-Bas, etc.

L'Afrique peut contrecarrer le virus
Si le continent africain n'est pas encore frappé par le virus porcin, néanmoins des experts ont affirmé que l'impact de la maladie serait énorme du fait de la faiblesse du système sanitaire et d e la quasi inexistence de dispositifs de prévention. Dans ce dédale de désespoir existe néanmoins un peu d'espoir. L'Afrique du Sud, par exemple, se dit prête à parer à une éventuelle contamination de sa population. Elle a à sa disposition un stock de tamiflu, antibiotique, pour traiter 100 000 personnes. Jusqu'à l'heure, aucun cas de contamination de la grippe mexicaine n'a été rapporté en Afrique.
La prudence comme règle d'or
Du fait que les caractéristiques et les systèmes de développement du virus sont encore inconnus, la FAO conseille une limitation des mouvements de porcs. La FAO affirme qu'il n'y a pas lieu d'abattre les animaux de façon systématique. Les produits porcins et leurs dérivés peuvent être sources de contamination s'ils ne sont pas manipulés conformément aux recommandations d'hygiène et de salubrité. Elle recommande aux personnes en contact avec des animaux de se protéger en utilisant les équipements appropriés.
Par prudence, l'OMS préconise aux personnes malades de différer leur voyage à l'étranger. Les personnes se sentant malades après un voyage international devraient consulter un médecin. Au niveau individuel, il est conseillé à chacun de se laver soigneusement et régulièrement les mains à l'eau et au savon.

RS



 

 

 

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 16 mai 2009