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Ailleurs dans le monde




Investiture du prédisent Obama
Les dictateurs au mauvais côté de l'histoire


Le président sortant George W. Bush avait prédit le 12 janvier que Barak Obama sentirait tout le poids de sa charge tomber sur ses épaules "à la minute même où il entrera dans le Bureau ovale". C'est fait. Depuis le mardi 20 janvier à 17 heures GMT, les Etats-Unis ont un nouveau président, le 44ème depuis George Washington en 1789. Le cérémonial de la prestation du serment présidentiel sur la bible est immuable depuis cette date. La prestation de serment a été immédiatement suivie du discours d'investiture du nouveau locataire de la Maison blanche, le siège de la présidence des Etats-Unis.
Dans son discours d'une vingtaine de minutes, il a évoqué les défis auxquels le monde occidental et les Etats-Unis font face et souligné l'urgence de les relever par le travail, mais aussi la cohésion indispensable en temps de crise. Il a dit "Nous demeurons la nation la plus prospère, la plus puissante de la Terre" avant de poursuivre: "… nous devons nous relever, nous épousseter et reprendre la tâche de la refondation de l'Amérique. Où que nous regardions, il y a du travail. L'état de l'économie réclame des gestes audacieux et rapides. Et nous agirons".
Voici en substance le programme sur lequel il a été élu : restaurer l'économie américaine affaiblie par la crise et restaurer la confiance du reste du monde dans les Etats-Unis. En politique intérieure, le défi majeur, c'est la crise financière. Pour y faire face efficacement, le président a demandé à ses compatriotes de se mettre au travail. D'autres défis multiples guettent la société américaine, défis qu'elle doit relever, mais "Cela ne se fera pas sans sacrifice" a reconnu Obama, avant d'ajouter : "Sache-le Amérique, nous le relèverons". La crise financière est la "conséquence de la cupidité et de l'irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère." a encore dit le président.
Que va faire le nouveau président en politique étrangère ? Voici le message qu'il destine aux dirigeants du monde et surtout à ceux du monde en développement: " "Au monde musulman: nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels. A ceux parmi les dirigeants du monde qui cherchent à semer la guerre, ou faire reposer la faute des maux de leur société sur l'Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous pouvez construire, pas détruire. A ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude, et en bâillonnant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de l'histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer votre étau.
Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l'eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces."
Aux autres pays développés, il leur rappelle leur devoir de solidarité avec les pauvres : "Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d'une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux souffrances à l'extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui."
Sur les grands conflits qui ensanglantent le monde, notamment le Proche-Orient, l'Irak que les troupes américaines doivent évacuer et l'Afghanistan la nouvelle administration américaine semble déjà avoir des plans. D'ores et déjà, il a nommé son émissaire pour le Proche-Orient, un homme d'expérience. Un second a été aussi désigné pour s'occuper de l'Irak et de l'Afghanistan à la fois. Il a demandé aux conseillers de la Maison blanche pour la sécurité de lui trouver des plans de retraits des soldats américains de ces pays, mais sans toutefois que l'Amérique ne perde la face. Hélas, si le président Obama pouvait reconnaître publiquement que son pays a fait une erreur en allant dans ces pays, en envahissant et occupant ces pays. Est-ce brader les idéaux des Pères fondateurs de l'Amérique moderne et puissante que de le faire dès aujourd'hui ? C'est sur mensonge que l'armée américaine a envahi l'Irak. Il ne doit pas être difficile de reconnaître que ce fut un mensonge. L'armée américaine est aujourd'hui en Afghanistan au nom de la guerre planétaire et de la croisade internationale contre le terrorisme, cet ennemi sans visage et sans nom. Elle a perdu sa guerre contre les terroristes. C'est une autre évidence aussi. Obama doit en tirer les conséquences qui en découlent en rapatriant ses troupes d'occupation.
Il est temps pour les Etats-Unis de se réconcilier avec le reste du monde s'ils ont pour ambition d'en demeurer le leader incontesté du fait de leur puissance militaire, économique, financière, scientifique et technologique. Le monde, particulièrement l'Afrique attend cette attitude de son nouveau président. Aucun pays, si puissant soit-il ne sera à l'abri s'il vit dans l'opulence pendant que la majorité des habitants de la terre croupit dans la misère, en proie à des fléaux comme le sida, la tuberculose, mais surtout l'analphabétisme.

Par Basile Baloum



SENEGAL
Idi le bien aimé du PDS


Duel en perspectives entre "deux frères"


L'ancien Premier ministre du président Abdoulaye Wade du Sénégal, Idrissa Seck, Idi pour ses intimes est bien aimé par ses camarades militants de Parti démocratique sénégalais, le parti au pouvoir. Les tribulations au milieu desquelles il se trouve ne sont-elles pas le prix de l'inconstance en politique ? Après avoir été éjecté de son poste de Premier ministre, puis mis en prison pendant de longs mois, il est allé voir Me Wade après sa libération. Il a aussitôt annoncé au monde entier la réconciliation avec celui qu'on dit être son père spirituel. Cette réconciliation fera long feu. Ce sera pour lui une seconde traversée du désert.
Idrissa Seck créera son propre parti, le Réwmi. Le 12 janvier dernier, il annonçait de nouveau sa ré-réconciliation avec Me Wade. Mais cette fois-ci encore c'est l'ensemble du Parti démocratique sénégalais qui s'oppose à son retour aux côtés de "gorgui". On dit aussi que Karim Wade, le fils aîné du président ne voit pas d'un bon œil ce come back de Idi auprès de son vieux. Pourquoi ? Mystère et boule de neige.
Il est aisé de comprendre que le retour de Idrissa Seck aux côtés du président n'enthousiasme pas beaucoup de monde au PDS. Des places, voire des prérogatives et certains avantages pourraient être remis en cause. C'est humain, mais c'est loin d'être digne d'un homme. C'est compréhensible puisque on est en politique où la règle de "ôte-toi que je m'installe" prévaut. Ce qui semble détourant, c'est la position de Karim Wade dans cette affaire concernant celui qui a déclaré le 12 janvier au cours d'une conférence de presse qu'il a donnée après son audience avec le président Wade : "En période de guerre, il est plus digne de s'allier à son père et de périr que de s'allier avec l'ennemi pour tuer son père." De tels comportements sont-ils une singularité dans les palais présidentiels africains? Dans l'exercice du pouvoir tel qu'on le voit dans de nombreux pays africains, il se trouve des femmes, des sœurs, des fils, des frères et des oncles de présidents qui sont plus puissants, plus incontournables en tout que les Premiers ministres, que n'importe quel ministre qui doit les aborder avec déférence s'il tient à être ou à rester ministre. Pour décrocher un important marché de l'Etat, les opérateurs choisissent d'abord de traiter avec ce malfaisant vivier qu'avec un ministre du gouvernement.
L'actualité récente au Burkina Faso enseigne qu'il n'est pas bon de ne pas être apprécié positivement par ce cercle restreint qui enserre les présidents africains telle une carapace. Ce cercle a une telle influence sur leurs parents de présidents que ces derniers n'hésitent pas à leur offrir, à leur demande, la tête d'un Premier ministre, d'un ministre, d'un directeur général, d'un président d'institution et de tout citoyen qui se mettra à dos une quelconque de ces personnes sacrées qui jouissent de passe-droits.
C'est donc logique que le fils du président Wade se joigne aux bonzes du PDS pour empêcher le retour de Idi auprès de celui qu'il considère comme son père spirituel. C'est au tant plus logique qu'on prête au président sénégalais l'intension de préparer ce fils pour prendre sa succession. Aux dernières nouvelles, Karim est candidat aux municipales sur la liste PDS à Dakar.Son père n'a-t-il pas déjà sacrifié un Premier ministre Macky Sall et un président de l'Assemblée nationale pour lui ?
Enfin, pourquoi Idrissa Seck ne se résoudrait-il pas à tracer son chemin politique sans Wade et sans le PDS ou de faire autre chose que la politique ? Combien de fois va-t-il supporter l'humiliation et la honte ?

Basile Baloum




 

 

Guinée-Conakry
Le président Lansana Conté est mort


Le président Conté voulait mourir au pouvoir, il est mort au pouvoir. Qu'est ce qui attend la République démocratique de Guinée après la mort de son deuxième dictateur depuis l'indépendance du pays en 1958 ? L'histoire a montré qu'en Afrique, les personnes qui se présentent sous le manteau de libératrices se muent facilement et rapidement en potentats impitoyables qui ont vite fait de mettre les libertés collectives et individuelles de leurs concitoyens entre parenthèses. C'était le cas de Lansana Conté. Pour ce "paysan soldat" comme il aimait se faire appeler, qui est venu à la politique par accident : "le pouvoir c'est lui, la justice c'est encore lui…"
Lansana Conté a pris le pouvoir le 3 avril 1984, peu après la mort de Sékou Touré, le père de l'Indépendance de la Guinée. Sa prise de pouvoir avait suscité beaucoup d'espoir chez de nombreux Guinéens et de la communauté internationale qui voyait ainsi se tourner la page pas très glorieuse du règne de Sékou Touré. Le Camp Boiro restera un symbole de la dictature de Touré qui multipliait la découverte de faux-vrais coups d'Etat pour y envoyer ses opposants ou supposés tels. Le premier secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), le Guinéen Diallo Telli fut une illustre victime des purges de Sékou Touré. Avec Lansana Conté, les Guinéens croyaient qu'ils étaient enfin libérés de la dictature. Ils ont vite déchanté. Revenu de la Baule Conté a institué le multipartisme, mais il s'arrangeait à chaque élection présidentielle et législative pour sortir vainqueur et que son parti sorte majoritaire. C'est ainsi qu'il est arrivé à faire modifier la constitution guinéenne pour se faire élire une troisième fois. Ce mandat devait prendre fin en 2010. Mais le peuple guinéen sait depuis de longues années que le chef de l'Etat était gravement malade. C'est cette maladie qui l'emporté le 23 décembre.
Qu'est-ce qui attend les Guinéens, d'ores et déjà qu'on entend des bruits de bottes ? La Guinée qui ne manque pas de ressources a besoin de démocratie pour se développer. Ses enfants sauront-ils s'entendre sur ce nécessaire que réclame de puis de décennies le peuple guinéen ?

B.B



 

 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 janvier 2009