Sommet Inde-Afrique
La coopération sud-sud en marche
L'aide indienne pour le redressement économique de l'Afrique
sera doublée au cours des prochaines années. De
2,5 milliards actuellement, elle passera à 5 milliards
de dollars, a déclaré le Premier ministre indien,
Manmohan Singh, dans son discours d'ouverture du sommet qui
a réuni les 8 et 9 avril à New Delhi, les chefs
d'Etat d'Afrique et de l'Inde.
L'Afrique, le continent le plus arriéré économiquement,
est assidûment courtisé par le reste du monde :
les pays occidentaux comme les pays émergents. Les dragons
de l'Asie, la Chine et l'Inde, et bien avant elles, le Japon,
se bousculent au portillon de l'Afrique.
L'Afrique peut être comparée à un homme
en guenilles qui n'arrête pas de pleurer de faim, de malnutrition,
de maladies, etc., bien qu'il soit assis sur des montagnes de
richesses fabuleuses.
Le premier sommet Inde-Afrique s'est réuni les 8 et 9
avril à New Delhi sous le thème " Inde-Afrique,
vers un nouveau partenariat stratégique sud-sud".
L'Union indienne est la plus grande démocratie du monde.
Elle est peuplée de près d'un milliard d'habitants.
La croissance annuelle de son économie est de 8%. A l'instar
de la Chine, elle apparaît en ce moment comme une puissance
émergente.
Le Burkina Faso était représenté à
ce sommet par son Premier ministre, Tertius Zongo. Quatorze
pays africains étaient présents à Delhi.
La rencontre entre Indiens et Africains a été
sanctionnée par la signature de deux documents. Le premier,
intitulé Déclaration de Delhi, aborde la situation
dans le monde et la position des participants sur les grandes
questions qui agitent le monde. Ce document traduit clairement
les ambitions de l'Inde de siéger au Conseil de sécurité
de l'ONU en tant que membre permanent. Le soutien de l'Afrique
pour la réalisation de cette ambition est plus que nécessaire.
Le second document adopté à l'issue du sommet
de deux jours détermine le cadre général
de la coopération entre les pays africains et l'Inde.
Il définit les domaines concernés par cette coopération
qui vont de l'enseignement, la formation aux technologies de
l'information et de la communication. Ce document indique que
l'Inde veut accroître sa présence partout en Afrique.
Traditionnellement, l'Inde est présente sur la côte
est de l'Afrique. On se rappelle à ce propos l'expulsion
de 80 000 Indiens en 1972 sur décision du président
Idi Amin Dada de l'Ouganda. Il s'en suivit un effondrement de
l'économie ougandaise, particulièrement de la
production du thé qui était entre les mains de
cette colonie indienne.
Après le sommet Chine-Afrique à la fin de l'année
dernière, après la rencontre qui a réuni
les responsables brésiliens et africains, l'Inde vient
à son tour de réunir un sommet avec les Africains
au cours duquel il est question de coopération et de
développement. Que peut tirer l'Afrique de ces différentes
opportunités ? Que peut offrir l'Afrique à ces
nouveaux partenaires ? Quelles initiatives les Africains doivent-ils
développer pour tirer profit des nouvelles possibilités
de coopération qui lui sont offertes ?
La rencontre de l'Afrique avec l'Occident s'est faite dans la
douleur. Elle se poursuit encore aujourd'hui dans l'asservissement
et la misère. En revanche, avec le Japon, la Chine, l'Inde
et le Brésil, le continent noir partage avec ces derniers,
un même passé colonial. Ce passé fait d'aliénation
culturelle, de pillage économique, d'exploitation et
d'expropriations diverses surtout pourrait constituer des facteurs
de rapprochement. La disparition du syndrome de l'ancien colonisé
devant l'ancien colonisateur. Il faut dès à présent
être clair : ni la Chine, ni l'Inde, ni le Brésil,
encore moins le Japon ne viendront construire l'Afrique à
la place des Africains.
Dans les nouvelles relations qu'elle veut tisser avec ces pays,
L'Afrique part avec un handicap : elle n'a que ses matières
premières à offrir en échange. C'est ce
qu'elle fait avec les Occidentaux depuis. Si l'Afrique veut
tirer le maximum de ces opportunités, il faut qu'elle
crée, il lui faut ses propres référents.
L'Afrique doit mettre tout à zéro, recommencer
surtout dans le domaine de l'éducation et de la formation.
Elle doit rendre l'éducation obligatoire et gratuite
dans les langues nationales africaines. On ne se développe
pas avec la langue d'autrui
Par Basile Baloum