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Moussa Kaka paie pour l'incompétence des généraux nigériens



Pourquoi les hommes politiques, pourquoi les oppositions politiques, après avoir utilisé la presse pour parvenir à leurs fins, se retournent contre celle-ci et la combattent farouchement ? Acharnement du régime contre la presse ? Volonté de réduire un homme au silence? Peur du danger qu'il représente pour la survie du pouvoir en place à Niamey ? Impuissance d'une armée de faire face à une rébellion armée ? Il y a de tout cela dans ce qu'il désormais convenu d'appeler l'affaire Moussa Kaka, le journaliste nigérien qui croupit depuis septembre 2007 dans les geôles du président nigérien, l'ex-colonel Mamadou Tandja. D'autres journalistes tels Diallo Manzon et les envoyés spéciaux de la chaîne franco-allemande Arté ont été interpellés dans le même cadre et ont été accusés des mêmes délits reprochés au correspondant de RFI. A l'heure actuelle, ils sont en liberté. Les envoyés spéciaux de Arté sont d'ores et déjà rentrés chez eux en Europe. Pendant ce temps, Moussa Kaka est maintenu en prison sous la menace des armes des généraux.
La subsidiarité des faits et leur similitude militent pour que Moussa Kaka retrouve lui aussi la liberté. En le gardant toujours en prison, les autorités de Niamey veulent tuer la presse indépendante. C'est une option prise par le pouvoir nigérien pour la dissuader, ou à tout le moins l'intimider, voire l'empêcher de faire son travail, un travail professionnel. De par le monde, l'expérience démontre que chaque fois qu'un régime s'en prend à la presse, c'est qu'il manque de confiance en lui-même. C'est généralement et surtout quand un régime est aux abois qu'il s'attaque à la presse. La presse indépendante devient le bouc émissaire de ses turpitudes, de ses incompétences, de ses décisions incohérentes, de sa mal gouvernance, avec en prime ici de ses couardises qu'elle les dénonce et critique. Au Niger, l'armée n'a pas été capable, elle n'est pas capable de déloger la rébellion depuis qu'elle s'est déclenchée et s'est installée dans le nord du pays qu'elle occupe. Poussant le grotesque à l'extrême, le régime ira jusqu'à nier son existence. Cependant, des hommes et des camions sont tués par les mines qu'elle pose, jusque dans la capitale Niamey. Entrer comme sortir d'Iférouane, le bastion de la rébellion est difficile.
Si l'on applaudit aujourd'hui le fait que le président Tandja, à la faveur de cette rébellion a négocié des prix avantageux pour l'uranium nigérien, il n'en demeure pas moins que l'accusation faite dans les premiers jours de la rébellion, accusation selon laquelle Aréva la soutient et la finance apparaît comme simplement une erreur. On le sait : le grand capital français et Aréva l'est n'investit jamais dans des pays où il y a des troubles, des rébellions. Soutenir les rebelles signifie vouloir déstabiliser le pouvoir de Mamadou Tandja. Qu'y gagne-t-il ?
La tâche, le devoir de l'armée nigérienne, devrait être de libérer et de restaurer l'intégrité du territoire. Deux options s'offre à elle : combattre et défaire les rebelles ou négocier avec eux. Et comme dans chaque négociation chaque partie avance ses conditions, le pouvoir nigérien doit savoir quelles sont les conditions des rebelles il peut accepter et quelles sont celles qui sont inacceptables. Pour notre part, nous pensons que les autorités de Niamey peuvent accepter l'idée d'un meilleur partage des ressources tirées de l'uranium. Par contre, l'intégrité du Niger n'est pas marchandable, négociable. Peut-être au cours de ses reportages, notre confrère a fait allusion à ces questions, raison pour laquelle il est accusé du crime d'intelligence avec l'ennemi. Mais ce n'est nullement en emprisonnant des journalistes qu'il y parviendra. Tout ce qu'il peut faire, c'est s'attirer une réputation de pouvoir liberticide. Moussa Kaka est une victime de l'incurie et de la peur d'un pouvoir qui refuse de se regarder dans son miroir. Il paie pour les généraux nigériens n

Par Basile Baloum

Présidentielle américaine
Barrack, l'idole des jeunes, défie Hillary


Les élections primaires aux Etats-Unis passent pour être les plus ouvertes de ces dernières décennies, du fait il n'y a pas de favori. Elles sont aussi particulières en ce qu'elles donnent une opportunité à un noir et à une femme de taper à la porte de la Maison Blanche.

Barrack Obama, Africain-américain dont le père est d'origine kenyane, fait rêver des millions d'Américains partisans du changement. Porté à bout de bras par les jeunes, mais pas qu'eux seulement, Barrack Obama a réalisé un parcours exceptionnel dans cette campagne. Sa popularité a été exponentielle tout le long de la campagne au point qu'à cette étape de la course, celui qui passait pour un " farceur " est aujourd'hui un parfait candidat parmi les potentiels successeurs de George Bush. Peu de gens juraient, de voir Hillary Clinton et Barrack Obama, leaders de la kyrielle de prétendants Démocrates à cette élection. L'inédit et tout l'imprévu se trouvent alors rassemblés dans cette élection. Si pour Hillary Clinton une élection à la Maison Blanche ressemble bien à un "come back" dans une maison dont les couloirs ont vu sa silhouette pendant 8 ans, pour Barrack Obama c'est une première dans l'histoire de ce pays. Hillary explique qu'elle est meilleure à Barrack, elle fait valoir son expérience de l'administration Clinton sauf que cette fois ci, c'est elle qui sera la commandante en chef, et son mari jouera le rôle de "premier homme" ou "premier garçon". Comme Bill, Hillary joue à fond la carte de l'expérience. Aînée de Barrack Obama au poste de Sénateur, plus de 35 ans de politique, elle propose l'expertise du "know how", le savoir-faire, que le jeune Barrack n'a certainement pas encore dans son CV.
La lutte est vraiment serrée entre les deux. On remarquera toutes fois la remontée spectaculaire de Barrack Obama. Celui qui accusait il y a deux mois un retard de plus de 200 délégués, a pris depuis les élections du Potomac (Washington DC, Virginie et Maryland), la tête, devançant Hillary Rodham Clinton de plus de 74 délégués. Rappelons que chez les Démocrates pour être investi candidat, il faut totaliser 2025 délégués. Dix victoires successives, c'est bon pour le moral, suffisant pour faire douter son adversaire. Aux derniers résultats et selon les projections des médias, Barrack Obama aurait 1 319 délégués, et Hillary Clinton 1245 délégués. L'expérience depuis le début de cette campagne pour les élections primaires et les caucus a montré que Hillary Clinton a toujours su assurer l'essentiel des votes dans les grands Etats. Ce n'est pas le nombre d'Etats gagnés qui compte, mais le nombre de délégués dans l'Etat qui fait la différence. Un candidat peut gagner dans beaucoup d'Etats et perdre. Le candidat le plus populaire n'est pas forcément vainqueur, et les étapes du Texas, de l'Ohio (grands Etats) seront très déterminantes pour Hillary. Ce sont des Etats où elle est donnée favorite. Elle compte sur les voix des populations latino-spanish, mais l'autre constat est que la côte de Barrack Obama ne fait que monter. Mardi 12 novembre 2007 par 4 fois, des volontaires de sa campagne sont venus taper à ma porte en Virginie pour s'assurer que je vais aller voter. A l'opposé, c'est un coup de fil de Hillary Clinton que j'ai reçu me posant la même question. Naturellement je leur ai répondu que je n'avais pas le droit de vote. Hillary Clinton est pénalisée par l'annulation des résultats des élections dans les Etats de Michigan et de la Floride où elle est sortie vainqueur. Ces Etats ont anticipé sur les dates prévues dans les règlement du parti démocrate pour organiser leurs élections et le parti les a purement et simplement annulées. Aujourd'hui, Hillary Clinton demande que soient comptabilisés les votes de ces 2 Etats, ce que refuse Barrack Obama qui demande le respect strict des textes. Nancy Pelosi, la patronne du Parlement, démocrate, a été claire sur la question: elle a exclu toute violation du règlement convenu par tous.
L'argent fait la différence entre les deux candidats et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est déjà l'essoufflement chez les Clinton. Hillary a dû en effet s'endetter auprès de sa chère maman, 5 millions de dollars, environ 2 milliards 350 millions de francs CFA, pour soutenir l'effort de la campagne. Ses détracteurs disent que c'est une manière pour elle de bénéficier d'exonérations d'impôts en annonçant publiquement qu'elle a mis une telle fortune dans sa campagne. A l'opposé, Barrack Obama, ne vient pas d'une famille bourgeoise mais roule sur du fric, grâce à ses militants qui ont cotisé pour le seul mois de janvier 2008, 32 millions de dollars soit 15 milliards de francs CFA. La loi américaine autorise chaque citoyen à soutenir un candidat pour un montant n'excédant pas 2300 dollars (environ 1 million 80 000 f CFA). De tous les candidats, Barrack Obama est le seul dont les spots sont diffusés pratiquement sur toutes les télévisions américaines, se payant même le luxe de faire passer des annonces dans les très chères tranches publicitaires des matches de Super Bowl (30 secondes de publicité coûtent plus de 1 milliards de francs cfa).
Des observateurs politiques commencent à s'inquiéter pour l'unité du parti Démocrate à l'issue de ses primaires. Interrogées dans la nuit du verdict des votes du super mardi sur l'éventualité qu'elles donnent leur voix à Barrack Obama en cas de défaite de Hillary Clinton, une dame a répondu que " never " (jamais) et tandis qu'une seconde dame affirme qu'elle va y réfléchir. Nul doute que dans le camp de Barrack, il y a les mêmes positions. Il faut même craindre que les jeunes généralement boudeurs d'urnes, soudainement mobilisés derrière Barrack Obama, boycottent les votes en novembre, si leur idole ne passait pas. Des leaders démocrates comme Al Gore et Nancy Pelosi ont choisi de rester neutres. Certains émettent l'idée que ce seront les 797 super délégués qui vont départager les deux prétendants à la Maison Blanche, or à ce niveau l'avantage revient à Hillary car il y a encore plus de 300 super délégués qui n'ont pas encore décidé pour qui voter à la date du 16 février. Nancy Pelosi a déjà averti sur bloomberg télévision que "ce serait un problème si le verdict du parti est quelque chose de différent de ce que le public a décidé". Pour éviter l'éclatement des démocrates, des voix se lèvent pour demander un tandem, Barrack/Hillary pour la présidence et la vice-présidence. Apparemment, les 2 candidats n'y pensent pas encore, chacun se voyant déjà assis dans le bureau ovale n

Ouézen Louis Oulon à Chicago

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 2 mars 2008