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Ailleurs dans le
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Somalie
L'Amérique est de retour
Les
milices refont surface dans la capitale, Mogadiscio
Le non initié éprouve de la peine à comprendre
la politique des Bush. Après le fiasco de l'opération
" Restaure hope " en Somalie en 1993 du temps où
Bush père était à la tête de l'administration
américaine, la revoilà de nouveau en Somalie.
L'armée américaine avait perdu 18 soldats. Aujourd'hui,
c'est au tour du fils, George W. Bush, président des
Etats-Unis, au nom de sa croisade planétaire contre le
terrorisme international déclanchée au lendemain
des attentats contre le World trade center à New York
le 11 septembre 2001, de lancer ses chasseurs bombardiers sur
la Somalie. Pour traquer seulement trois prétendus responsables
d'Al Qaïda, les Américains vont tué une centaine
de villageois. Alors qu'elle est empêtrée jusqu'au
cou en Irak, l'armée américaine a encore des ressources
pour aller guerroyer en Somalie. L'armée américaine
est décidée à trouer la peau au terrorisme
international, un ennemi sans visage. Un ennemi à la
fois près et lointain, présent et absent, d'ici
et de nulle part. Les premiers communiqués du Pentagone
affirmant que deux membres d'Al Qaïda ont péri dans
les bombardements, pour par la suite se dédire. L'armée
américaine soutenait qu'elle a frappé des terroristes
au nombre desquels les cerveaux des attentats contre les ambassades
américaines de Nairobi au Kenya et de Dar es-Salam en
Tanzanie. Malheureusement, aucune de ces cibles n'a été
atteinte. Ce furent de paisibles villageois qui ont reçu
les bombes.
Le prétexte inventé par le président Bush
pour envoyer son armée de nouveau en Somalie est la lutte
contre le terrorisme. Pour cela, il avait déjà
instrumentalisé un allié, l'Ethiopie pour faire
la sale besogne. L'armée éthiopienne est intervenue.
Elle a chassé les Tribunaux islamiques jusqu'aux confins
de la frontière de l'Ethiopie avec le Kenya. Ce pays
a reçu l'ordre de ne laisser passer aucun combattant
des Tribunaux islamiques. Au même moment, des bâtiments
de la US Navy croisent dans l'océan Indien et en Méditerranée
pour les empêcher de fuir par la mer.
L'intervention éthiopienne dans la capitale éthiopienne,
Mogadiscio, a mis au pas les seigneurs de guerre qui se partageaient
les secteurs de la capitale et du pays, tout comme ce fut le
cas en République démocratique du Congo avant
la formation du gouvernement de transition que dirigea Joseph
Kabila jusqu'au deuxième tour de l'élection présidentielle
du 19 octobre 2006, d'où il est sorti élu.
" Là où Attila passe, l'herbe ne pousse plus
", a-t-on appris de l'histoire des peuples mongoles. On
pourrait en dire autant de l'armée américaine
qui sème ruines et désolation partout où
elle arrive. L'Afghanistan qu'elle a envahi au lendemain des
attentats de New York, pour, dit-elle, enfumer les terroristes
même dans les trous des montagnes, les déloger
et les capturer. Depuis 2002, les troupes coalisées de
l'OTAN sont stationnées dans ce pays sans avoir réussi
à faire capituler les talibans, ni capturé le
Mollah Omar qui s'y cacherait. Les envahisseurs subissent chaque
jour des pertes de plus en plus grandes, sans qu'on puisse prévoir
l'année de leur désengagement de ce pays. Les
armées d'occupation commettent chaque jour des crimes
sur les populations civiles. Des présumés terroristes
sont arrêtés et transférés à
Guatànamo ou dans d'autres prisons secrètes de
la CIA qui sont installées partout à travers le
monde.
L'invasion de l'Irak, décidée contre l'avis du
Conseil de sécurité de l'Organisations des Nations
Unies, a lieu le 20 mars 2003. Les Etats-Unis et leurs alliés,
principalement le Royaume-Uni ont attaqué le pays faussement
accusé de détenir des armes de destruction massive.
Bagdad, la capitale tombe le 9 avril 2004. Son président,
Saddam Hussein en fuite a été capturé dans
la nuit du 13 au 14 décembre 2004. Jugé par un
tribunal d'exception, il est condamné à la peine
capitale par pendaison et exécuté le 31 décembre
2007 à l'aube. Mais la paix est loin d'être revenue
en Irak. Le gouvernement illégal installé par
George W. Bush n'arrive pas à assurer la sécurité
des populations qui sont décimées chaque jour
par des attentats à la voiture piégée,
des attentats suicides et des tirs de roquettes. Le chaos règne
partout. Le harcèlement des résistants irakiens
contre les armées d'occupation cause chaque jour de nombreux
morts. Les pertes de l'armée américaine deviennent
chaque jour plus lourdes. Le 20 janvier dernier, 25 soldats
américains ont été tués.
L'erreur est humaine, la persévérance dans l'erreur
est diabolique, dit-on. Devant l'incapacité du Premier
ministre Nouri-el Maliki et de son gouvernement fantoche de
faire respecter les lois, George W. Bush a décidé
de l'envoi de 20 000 soldats supplémentaires en Irak.
On pourrait penser à de la folie ! Les Etats-Unis ne
font que s'enfoncer davantage dans le bourbier irakien. Rappelons
que pour l'invasion du pays de Saddam, environ 150 000 soldats
américains avaient été mobilisés
en mars 2003. Les 20 000 soldats qui seront bientôt envoyés
sur le front irakien sont-ils destinés au remplacement
des morts et des blessés américains ? Il reste
seulement à espérer que la cohabitation Républicains-
Démocrates qui vient d'être imposée au chef
de l'exécutif américain à l'issue des élections
de mi-mandat de novembre 2006 saura, grâce à des
propositions pertinentes faire changer George W. Bush de sa
doctrine de la confrontation pour résoudre les problèmes
du monde. Par exemple, Bush a demandé des crédits
supplémentaires pour financer son expédition aventureuse
en Irak. En tous états de cause, le retour de l'armée
américaine dans la Corne de l'Afrique n'augure rien de
bon pour les peuples de cette région du monde.
Le Sénat où les Démocrates sont majoritaires
doivent s'opposer l'octroi de ses financements. C'est malheureux
de constater que les recommandations du rapport Baker-Hamilton,
publié à la fin de l'année, n'aient pas
inspiré Bush dans sa vision du monde de 2007. Entre autres,
ce rapport conseillait un désengagement des Etats-Unis
de l'Irak à l'horizon 2008 ; un règlement du conflit
israélo-arabe, ou israélo-palestinien qui prendrait
en compte tous les Etats de la région, notamment la Syrie
et l'Iran. Une République islamique d'Iran qu'oppose
un bras de fer avec les puissances nucléaires occidentales
à propos de sa volonté affichée de se doter
de la technologie nucléaire à des fins pacifiques.
George W. Bush lancera-t-il les armées américaines
contre l'Iran dans le cas où ce dernier refusera de renoncer
à la technologie nucléaire ? Permettra-t-il Israël
de le faire ? C'est le grand danger qui guette le monde au cours
des deux dernières années de présence de
Bush à la Maison Blanche. Un danger supplémentaire
vient de s'ajouter avec la démonstration réussie
de la République populaire de Chine sur sa capacité
de détruire un satellite gravitant autour de la terre.
Une nouvelle phase de la guerre des étoiles s'ouvre en
perspective n
Par Basile BALOUM
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Guinée
Conakry
Conté, le père fouettard des Guinéens

La puissante centrale syndicale guinéenne, la Confédération
nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), a entamé
le mercredi 10 janvier une grève illimitée. Aujourd'hui,
toutes les autres centrales syndicales de la Guinée et les
partis politiques de l'opposition ont rejoint ce mouvement de grève.
Le bilan des affrontements entre les forces de l'ordre et les grévistes
s'établit à la date du 24 janvier à plus de 40
morts et des centaines de blessés. Mais c'est loin de faire
reculer la secrétaire générale de la CNTG, Madame
Rabiatou Sérah Diallo qui a juré de tenir tête
au cynique Lansana Conté.
La grève, qui est très largement suivie, a été
déclenchée pour contraindre les autorités gouvernementales,
notamment le président Lansana Conté qui a libéré
deux de ses amis arrêtés et emprisonnés dont le
richissime Mamadou Sylla que se trouve à la tête du patronat
guinéen. Ils ont été emprisonnés pour
indélicatesses financières. Le Général
Conté s'était lui-même présenté
à la prison de Conakry en disant que c'est lui la justice dans
ce pays avant d'emmener ses deux amis.
On a déjà vu plein de choses en Afrique. Mais qu'un
chef d'Etat se présente lui-même à la prison et
crie : " C'est moi la justice ", c'est incroyable. On croyait
que depuis le discours de la Baule du président français
François Mitterrand, l'époque des bouffonneries d'un
Idi Amin Dada et d'un Bokassa auxquelles l'Afrique a été
coutumière était révolue. Mais voilà qu'un
général, un soudard de l'armée coloniale française,
président de la République démocratique de Guinée
étale les frasques de la dictature sous les Tropiques. Lors
d'une réunion organisée au huitième jour de la
grève, Lansana Conté récidive. S'adressant aux
responsables syndicaux il lance : " Vous voulez me faire tomber,
je vais vous chicoter ". Conté qu'on disait au chapitre
de la mort parce que retenu loin des affaires de l'Etat par un diabète
qui avait nécessité son évacuation l'année
dernière dans une clinique suisse a retrouvé de la vigueur
pour faire face à la grève des travailleurs qu' il menace
de fouetter, en bon père fouettard, en homme qui ne connaît
que la violence pour résoudre les différends entre le
pouvoir et les syndicats. Et c'est ainsi que la réunion a pris
fin. Mais les menaces du dictateur n'ont pas faibli le mouvement de
grève.
La question que tout le monde se pose, c'est comment vont évoluer
dans les jours et les semaines qui viennent la Guinée ? Le
mouvement, quant à lui, ne fait que se radicaliser. Et les
affrontements avec les forces de l'ordre sous les ordres d'Ousmane,
fils du président, sur toute l'étendue de la Guinée
se font de plus en plus meurtriers. Le pouvoir va-t-il céder
à ses revendications dont la première est le retour
en prison de Mamadou Sylla et de son compagnon ?
Réunis en sommet les 19 et 20 janvier à Ouagadougou,
la capitale du Burkina Faso, les chefs d'Etat et de gouvernement de
la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest
(CEDEAO), après avoir déploré la situation en
Guinée, ont décidé d'envoyer à Conakry
une mission de médiation composée des présidents
Abdoulaye Wade du Sénégal, un pays voisin de la Guinée,
et Olosegun Obasanjo du Nigeria, le géant de l'Afrique de l'Ouest.
Un dictateur, venu au pouvoir par un coup d'Etat, accroché
au pouvoir depuis plus deux décennies, serait-il perméable
aux discours des médiateurs les plus convaincants ? Pour son
malheur plus que pour celui du peuple de Guinée, Conté
ne connaît qu'une manière pour résoudre les problèmes
des Guinéens : les chicoter n
Basile Baloum
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